Escalade du conflit dans le Donbass – La patience de la Russie et des Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk arrive à bout…

Des nouvelles du Donbass par ceux qui sont sur place. Ça dérape et la suite risque d’être dramatique. Merci Balou

Alors que durant la semaine écoulée, l’armée ukrainienne a violé plus de 6 200 fois le cessez-le-feu, et que les dernières 24 h ont été marquées par 1 980 tirs des FAU contre le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD), l’horloge tourne, et la course des événements s’accélère brutalement.

Acculée par sa situation d’urgence énergétique, la pression croissante des groupuscules ultra nationalistes qui menacent les autorités ukrainiennes d’un nouveau Maïdan à partir du 20 février, les critiques de plus en plus virulentes par l’UE de la corruption qui règne dans le pays, et les dissensions politiques qui règnent à Kiev, avec Ioulia Timochenko qui essaye désormais de faire démissionner le premier ministre et le menace d’une plainte en justice, l’Ukraine est littéralement en train d’imploser.

Face à cette gabegie, les autorités ukrainiennes semblent décidées à faire le choix de la guerre d’ici les prochains jours, afin non seulement de bloquer sur le front les unités nationalistes pour qu’elles ne viennent pas soutenir les manifestations anti-gouvernementales, mais aussi de détourner l’attention de la population de la situation catastrophique du pays.

Dans sa fuite en avant, Kiev semble prête à toutes les ignominies, de la destruction des infrastructures vitales, jusqu’au fait de priver les deux républiques populaires d’eau courante en mettant la main militairement, entre autre, sur la station d’épuration de Donetsk qui se trouve dans la zone grise.

Et cette fuite en avant, les autorités ukrainiennes espèrent la lancer avec une armée qui part littéralement en lambeaux : soldats qui désertent en masse, alcoolisme généralisé, manque de commandants d’unité remplacés à la va vite par des soldats à peine formés, etc.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, et hier, suite au déchargement de munitions par des soldats ukrainiens saouls près d’Opitnoe, une munition a explosé, faisant sauter tout le stock. Pour cacher ce désastre, les nationalistes ukrainiens présents non loin de là ont tiré contre la ville d’Avdeyevka toute proche afin d’en accuser la RPD. Mais faute de coordination entre les différents acteurs impliqués, c’est la cacophonie la plus totale qui a régné dans la communication sur cet incident côté ukrainien. Un accident qui a fait cinq morts et sept blessés parmi les soldats ukrainiens.

Et sur le plan politique, le temps de la patience semble bien terminé, aussi bien du côté de la Russie que du côté des deux républiques populaires.

Lors d’une visite à Lougansk, Alexandre Zakharchenko s’est réuni avec Igor Plotnitsky et Alexander Hug, le chef adjoint de la mission de l’OSCE. Une réunion qui fut loin d’être fructueuse, le chef de la RPD ayant fustigé l’organisation à la sortie de cette rencontre.

Les deux chefs d’état ont soumis un certain nombre de doléances sur la qualité de la mission de surveillance de l’OSCE. Comme par exemple le fait que l’OSCE ferme les yeux sur les violations grossières des accords de Minsk commises par l’armée ukrainienne, les violations du cessez-le-feu, l’occupation des localités de la zone grise, le redéploiement de l’équipement militaire interdit sur la ligne de contact, etc. Fidèle à son habitude, Alexander Hug a répondu avec des phrases toutes faites et à appelé à respecter les accords de Minsk.

Des réponses qui sont loin d’avoir satisfait Alexandre Zakharchenko qui a souligné que la RPD observait les accords de Minsk, contrairement à l’Ukraine, et que c’était à cause de cela que le retrait unilatéral des armes par l’armée de la RPD était impossible.

« Je déclare officiellement, en tant que chef de la République Populaire de Donetsk, et je le dit en toute responsabilité, que je ne donnerai pas l’ordre de retirer un seul char, un seul mortier de la ligne de front jusqu’à ce que nous soyons sûrs que les troupes ukrainiennes ont retiré leur équipement en signe de bonne volonté », a-t-il déclaré, rompant avec l’attitude habituelle de la RPD et la RPL, de faire le premier pas en terme de retrait des armes.

Zakharchenko a aussi souligné que les républiques continuaient de vouloir résoudre pacifiquement le conflit, mais que la position ukrainienne reste extrêmement agressive et pouvait mener à une nouvelle escalade des hostilités.

« La mission de l’OSCE a refusé d’écouter nos arguments. La situation est très difficile. L’Ukraine ne renonce pas à son désir de résoudre le conflit par la force. De notre côté, nous faisons tous les efforts possibles pour éviter cela. Mais toute patience a ses limites. En 2015 nous avons montré que nous pouvions appliquer avec succès des méthodes militaires. Mais ces dernières signifient des victimes, des destruction, et un bain de sang. Par conséquent, nous continuerons de tenter de résoudre pacifiquement le conflit. Mais si cela ne marche pas – nous le résoudrons d’une autre manière », a-t-il conclu de manière très calme mais ferme.

Un changement de ton, qui se rapproche de celui de la Russie, qui semble aussi lassée de faire des efforts sans fin pour se conformer aux exigences occidentales sans en recevoir le moindre retour positif.

Ainsi, deux nouvelles choc sont venues aujourd’hui de Russie. La première vient de Vladimir Poutine en personne, qui a signé cet après-midi un décret officialisant la reconnaissance jusqu’ici informelle des documents officiels, et plaques d’immatriculation de la RPD et de la RPL, par la Russie. Le décret indique que cette mesure est prise pour des raisons humanitaires, et est guidée par les normes du droit international. Cette reconnaissance des documents de la RPD et de la RPL sera valable « jusqu’à ce qu’un règlement politique de la situation dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine sur la base des accords de Minsk ait lieu ». Autant dire jusqu’à la fin des temps, puisque l’Ukraine n’appliquera jamais les accords de Minsk.

Cette reconnaissance concerne les documents d’identité et d’état civil (certificat de naissance, décès, mariage, divorce, changement de nom), mais aussi les diplômes et documents de qualifications, ainsi que les certificats et plaques d’immatriculation. Les personnes disposant d’un passeport de la RPD ou de la RPL qu’elles soient de nationalité ukrainienne ou apatrides pourront entrer et sortir de Russie sans visa.

Ce décret a été un véritable coup de massue pour les autorités ukrainiennes et les médias occidentaux qui hurlent à l’outrage et à la violation des accords de Minsk par la Russie (alors que je rappelle que la Russie n’est que garante de ces accords et non signataire).

Mais ce décret est surtout un énorme coin enfoncé, qui permettra par après à la Russie de reconnaître les républiques populaires et/ou de délivrer à ses habitants des passeports russes sur base de la possession du passeport de la RPD ou de la RPL, puisque ces derniers sont désormais officiellement reconnus comme des papiers d’identité valides.

Et ce n’est pas la déclaration de Sergueï Lavrov à Munich qui va calmer les « élites » européennes. Prenant le contre pied des déclarations incessantes des chancelleries européennes sur le fait que les sanctions européennes contre la Russie ne seront levées que suite à l’application des accords de Minsk, la Russie a décidé de retourner l’argument contre l’UE.

Le ministre des Affaires étrangères russe a en effet déclaré que la Russie ne lèvera pas ses contre-sanctions, c’est-à-dire l’embargo alimentaire introduit en août 2014, tant que les accords de Minsk ne seront pas mis en œuvre.

« Nous voulons nous aussi que les accords de Minsk soient appliqués et nous ne lèverons pas les sanctions que nous avons introduites à l’encontre de l’Union européenne tant que les accords de Minsk ne seront pas appliqués. Il faut le comprendre aussi », a déclaré Sergueï Lavrov.

Voilà l’arroseur européen arrosé. Et ces changements de rhétorique ne sont pas à prendre à la légère. La patience de la Russie et des républiques populaire a désormais atteint ses limites et le retour de flammes risque de faire très mal. Devant les luttes intestines qui semblent régner à Washington et la détermination de Kiev à poursuivre sa fuite en avant guerrière, la RPD, la RPL et la Russie semblent avoir décidé de taper du poing sur la table. Un ultime avertissement.

Et alors que la reprise des hostilité semble désormais inéluctable, les habitants de la République Populaire de Donetsk, ont tenu à manifester dans le centre de Donetsk en masse (20 000 personnes) pour demander la mise en ouvre des accords de Minsk, et rappeler qu’ils ont toujours souhaité la paix.

Certains ont aussi tenu à s’adresser en vidéo aux soldats ukrainiens afin qu’ils fassent cesser cette guerre inutile :

Mais ce décret est surtout un énorme coin enfoncé, qui permettra par après à la Russie de reconnaître les républiques populaires et/ou de délivrer à ses habitants des passeports russes sur base de la possession du passeport de la RPD ou de la RPL, puisque ces derniers sont désormais officiellement reconnus comme des papiers d’identité valides.

Et ce n’est pas la déclaration de Sergueï Lavrov à Munich qui va calmer les « élites » européennes. Prenant le contre pied des déclarations incessantes des chancelleries européennes sur le fait que les sanctions européennes contre la Russie ne seront levées que suite à l’application des accords de Minsk, la Russie a décidé de retourner l’argument contre l’UE.

Le ministre des Affaires étrangères russe a en effet déclaré que la Russie ne lèvera pas ses contre-sanctions, c’est-à-dire l’embargo alimentaire introduit en août 2014, tant que les accords de Minsk ne seront pas mis en œuvre.

« Nous voulons nous aussi que les accords de Minsk soient appliqués et nous ne lèverons pas les sanctions que nous avons introduites à l’encontre de l’Union européenne tant que les accords de Minsk ne seront pas appliqués. Il faut le comprendre aussi », a déclaré Sergueï Lavrov.

Voilà l’arroseur européen arrosé. Et ces changements de rhétorique ne sont pas à prendre à la légère. La patience de la Russie et des républiques populaire a désormais atteint ses limites et le retour de flammes risque de faire très mal. Devant les luttes intestines qui semblent régner à Washington et la détermination de Kiev à poursuivre sa fuite en avant guerrière, la RPD, la RPL et la Russie semblent avoir décidé de taper du poing sur la table. Un ultime avertissement.

Et alors que la reprise des hostilité semble désormais inéluctable, les habitants de la République Populaire de Donetsk, ont tenu à manifester dans le centre de Donetsk en masse (20 000 personnes) pour demander la mise en ouvre des accords de Minsk, et rappeler qu’ils ont toujours souhaité la paix.

Certains ont aussi tenu à s’adresser en vidéo aux soldats ukrainiens afin qu’ils fassent cesser cette guerre inutile :

Il ne nous reste plus qu’à espérer que les soldats ukrainiens finissent par retrouver la raison et refusent d’être utilisés comme chair à canon par les oligarques ukrainiens. Et à espérer qu’il la retrouvent vite…

Christelle Néant pour DoniPress

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