Trémargat. Le dynamisme d’un bourg en Centre-Bretagne …

Merci à Hérésie, de nous avoir parlé de ce joli village breton sur le forum. quand on parle démocratie participative, de tirage au sort, le concept à du mal à passer. En effet, comment généraliser à l’échelle d’un pays, cette manière de vivre ou, il n’y a ni riches, ni pauvres? Où il y a seulement des gens heureux ? Ça existe, ce n’est pas les seuls endroits et si ça a pu se réaliser, c’est grâce à LA VOLONTÉ DES HABITANTS, à personne d’autres.

Au fin fond des Côtes-d’Armor, comment Trémargat est devenue une commune dynamique et prospère, une cité où il n’y a plus une seule maison à vendre ? La réponse se trouve sans doute dans ce qui pourrait constituer la devise des 200 Trémargatois : « Démocratie participative et partage ».

J’avais signé dans Bretagne Magazine, en avril 1966, un article sur Trémargat, commune de l’Argoat qui comptait alors 269 habitants. Dans le climat euphorique de la France d’alors, j’avais traduit la pauvreté de Trémargat par des mots malheureux, concluant : « Pour sauver l’Argoat, il faut que les Bretons admettent la suppression de toutes ces communes marginales ». La maire actuelle, Yvette Clément, a beau jeu de rétorquer : « Votre vision stigmatisante, technocratique, a été totalement démentie. Non seulement Trémargat est une commune jeune et attractive, mais ceux qui y habitent ont fait le choix d’y habiter, sont fiers d’y habiter et de conduire eux-mêmes leur destin. Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes une communauté solidaire et fraternelle ».

Chômage inexistant

La population frôle désormais les 200 âmes, soit une progression de quelque 26 % ces vingt-cinq dernières années. Le chômage y est inexistant. La mairie reçoit régulièrement des demandes de jeunes ou moins jeunes qui veulent rejoindre Trémargat, attirés par cette ambiance conviviale. Hélas, aucune maison n’est vide et aucune n’est à vendre. Le bourg, pimpant, sans ostentation, a préservé son caractère rural, champêtre. L’église, fermée depuis 2001, vient d’être restaurée. « Le projet initial de réaménagement du bourg qui nous avait été proposé, explique la maire, représentait un investissement de 120.000 EUR. Nous avons consulté nos concitoyens parce que nous voulons être les maîtres d’oeuvre de notre développement, de notre environnement. C’est le postulat de notre action, ce que l’on appelle la démocratie participative. Chez nous, ce n’est pas un slogan, c’est une réalité à laquelle il faut ajouter l’éthique du partage. Nous fonctionnons grâce à un tissu associatif très dense. Résultat, le coût de restauration du bourg a été de 12.000 EUR ! De la même façon, grâce à cette solidarité, nous avons une secrétaire de mairie présente tous les jours à mi-temps ».

Un seul mandat pour le maire

Si nécessaire, un « comité consultatif » peut se saisir d’un sujet et inviter les habitants à en débattre. Autre particularité : le maire ne fait qu’un seul mandat et avant de passer le relais, présente le bilan de son action en réunion publique. Les électeurs de Trémargat ne boudent pas les urnes : 88 % ont voté au dernier scrutin départemental. Sur 143 suffrages exprimés, les mouvements écologistes ont été largement majoritaires. Le Front national, avec 11 voix (7,1 %), était ici très en dessous de la moyenne des départements bretons (18 %). Qu’en sera-t-il aux régionales de décembre ? Dans la logique de cette démocratie participative, la municipalité pousse aux « circuits courts » de commercialisation des produits locaux. Par le biais de la « SCI de Trémargat », une épicerie bio et un café ont été confiés à des gérants sous forme de baux commerciaux et à des conditions avantageuses. Un restaurant, Le Coriandre, est également ouvert tous les jours. C’est à la fin des années 1970 que cinq ou six couples de jeunes agriculteurs de la commune ou venus de l’extérieur ont dynamisé la vie locale, soutenus par la municipalité de l’époque. Dans la foulée des militants du Larzac, ils refusaient tout productivisme et tout individualisme, et se sont appuyés sur les ressources naturelles du pays. Revalorisation des bois, réhabilitation des haies, élevage de brebis, de vaches, fabrication de fromages, de miel… Participation, solidarité et bénévolat sont donc les mots clés du succès de Trémargat. Yvette Clément revendique cette cohérence interne, ce mariage réussi entre vie locale et engagement dans les projets. « Notre renaissance est une renaissance des coeurs », dit-elle.

Mépris de la réussite par l’argent

Vision par trop idéalisée ? Plutôt la force d’une conviction qui mêle la ferveur écologiste, le rejet du libéralisme mondialisé, le mépris de la réussite par l’argent. Difficile de définir le « cas Trémargat » à travers un prisme idéologique précis. Personne ne m’a parlé des Républicains ou du PS. Plus « Verts » que « Rouges » ? On n’est pas dans la roue des bonnets rouges, et si beaucoup parlent breton, il s’agit d’une bretonnité tranquille. L’exemple de Trémargat peut-il être exporté ? La municipalité se refuse à tout prosélytisme et ne prétend pas détenir la recette miracle…./…

Lire la suite et voir les images (article septembre 2015)

Source Le Télégramme

2 commentaires

  • JBL1960 JBL1960

    Oui cela prouve que, comme à Saillans, une autre voie est possible et contrairement à ce que nous serine les politiciens de tous poils avec leur TINA. D’ailleurs, nous sommes de + en + nombreux à nous « éveiller » sur cet exemple. S’il y a de la résistance à notre émancipation, c’est bien parce que les zélites ne sont pas du tout d’accord… Tenez, rappelons-nous l’exemple Saillans, qui perdure = https://jbl1960blog.wordpress.com/2015/12/27/langle-saillans/ Et pour s’entraîner à penser différemment relisons Pierre Kropotkine et son « association volontaire en commune » résumé ici = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/10/tous-pour-la-commune/
    Et quand on entendra le Sarko avancer, sans rire, qu’il faut savoir arrêter une grève parce qu’il a trop plu et que les française qui souffrent ne comprendraient pas… Je vous assure qu’on se marre…

  • Petit village breton résistant a l’empire. Ou certains roulent avec du gillier pantone sur les tracteurs, et a l’hvb locale.
    A ne pas trop divulguer, les bobos n’y étant pas trop appréciés.
    Bonjour a Achile et Cath.