Eurovegas, future zone de non droit, ou comment l’Espagne est prête à se vendre ?

   Pour réaliser en Espagne son projet d’EuroVegas – un gigantesque complexe dédié au jeu – le milliardaire américain Sheldon Adelson a transmis aux autorités espagnoles sa liste d’exigences :

exemption de la TVA, des impôts sur le jeu, des cotisations sociales, réforme du code du travail, régime légal dérogatoire durant 30 ans, subventions européennes, don des terrains, autorisation de jeu pour les mineurs, autorisation de fumer dans les bâtiments, etc …

    Le cynisme brutal du promoteur de cette zone de non droit – que se disputent aujourd’hui Madrid et Barcelone, donne la mesure de ce qu’ont abandonné les nations européennes en se mettant à la merci des marchés et des fortunes privées : non seulement leur souveraineté, mais aussi leur dignité.

Un Las Vegas à 1h de Paris.

Sheldon Adelson, est un milliardaire américain, sa fortune est estimée entre 22 et 25 milliards de dollars. Alors qu’il détient déjà plusieurs complexes notamment à Las Vegas et Macao, la seizième fortune mondiale ne veut pas s’arrêter là. Son nouveau projet, conquérir l’Europe en construisant un nouveau Las Vegas en Espagne. Un ensemble qui serait composé de 12 resorts (36.000 chambres), six casinos (1.065 tables de jeu et 18.000 machines à sous en tout), neuf théâtres, trois terrains de golf et 50.000 points de restauration. Un nouveau paradis pour des milliers de joueurs européens mais aussi une future zone de non droit au cœur de l’Union Européenne.

L’Espagne au bord de la banqueroute, prête à tout pour Eurovegas.

Adelson profite de la situation économique catastrophique de l’Europe, pour imposer ses conditions aux autorités espagnoles.

L’Espagne, dont le taux de chômage est de 23% (plus de 50% chez les moins de 25ans) est, en plus de la crise, engluée après des investissements massifs plus que douteux dans le marché immobilier. En pleine récession le pays n’a pas les moyens de refuser un projet qui pourrait représenter 164.000 emplois directs et 97.000 indirects et attirer 11 millions de visiteurs par an. Mais ces emplois ont un prix et pas des moindres. Adelson exige certaines conditions pour démarrer le projet. Les principales mesures qu’il demande aux autorités sont une exonération d’impôts pendant 10 ans sur la TVA et la taxe sur le jeu, une réduction de 50% sur l’impôt sur les activités économiques. Oui, rien que ça et ce n’est pas fini. Le milliardaire souhaite aussi que les autorités publiques cèdent les terrains gratuitement même si il faut pour ça exproprier de leurs biens certains habitants. Et surtout qu’une station de métro soit construite afin de relier l’aéroport au futur complexe.

Une population moins favorable au projet que l’élite dirigeante.

La manœuvre d’Adelsona a déjà largement séduit les autorités mais la population est, elle beaucoup plus partagée d’après une récente enquête d’opinion. Plusieurs associations ont déjà manifesté pour dénoncer le projet. Mais le richissime homme d’affaires est un habitué des manœuvres politiciennes et sait très bien comment gérer ces contestations. L’homme est impliqué dans la vie politique Américaine et Israélienne, depuis bien longtemps et ce ne sont pas quelques associations qui lui feront perdre le nord. . .

Source: Poker-Actu

 

EuroVegas, future zone de non droit

1. Droit du travail

● Modification du Code du travail afin d’assouplir « la rigidité des conventions collectives », notamment dans les secteurs présents dans le complexe de casinos (hôtellerie, restauration, jeu, commerces…) ;

● Réduction du temps nécessaire pour admettre des travailleurs étrangers (hors UE) en Espagne, via la création d’un régime spécial qui accélèrera la délivrance d’un permis de travail ;

● Exemption totale pendant deux ans des cotisations de Sécurité sociale, puis 50 % de remise les trois années suivantes. À compter de la 5e année, les travailleurs non espagnols pourront être rattachés au régime social de leur pays d’origine ;

● Création d’un MBA spécialisé dans l’industrie du jeu ;

● Appui du gouvernement à une demande de subvention d’aide à l’emploi de plus de 25 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement ;

● Financement par les autorités publiques de 60 % des frais de formation des employés recrutés par Las Vegas Sands ;

● Perception par Las Vegas Sands de subventions pour l’emploi, tant en ce qui concerne les emplois directs qu’indirects créés durant la construction du complexe.

2. Infrastructures

● Prise en charge par les autorités espagnoles de la construction d’une nouvelle station de métro, d’une interconnexion avec le TGV, de nouvelles lignes d’autobus, de nouvelles routes et autoroutes…

● Autorisation des vols en hélicoptère entre l’aéroport et le complexe de jeux, construction d’un ou plusieurs héliports dans le complexe ;

● Suppression ou enfouissement des infrastructures de gaz, d’eau et d’électricité, renforcement des services d’urgence (pompiers, ambulances, etc.) dans le complexe…

3. Urbanisme

● Cession gratuite, à Las Vegas Sands, de toutes les terres que les autorités publiques possèdent dans la zone ;

● Expropriation des terres privées de la zone afin que Las Vegas Sands en prenne rapidement possession ;

● Suppression des règles d’urbanisme, y compris des critères de construction, afin que Las Vegas Sands ait toute latitude pour construire.

4. Réglementation

● Vote d’une loi spécifique, ne pouvant être modifiée pendant au moins 30 ans, déclarant le projet d’intérêt général, créant un régime dérogatoire en ce qui concerne le jeu et le commerce, supprimant les limites aux investissements étrangers dans les casinos ainsi que la nécessité d’une autorisation préalable si plus de 5 % du capital social change de mains ;

● Autorisation d’accès aux casinos pour les mineurs, les majeurs incapables et les interdits de jeu ;

● Modification de la loi sur le blanchiment d’argent avec, notamment, autorisation de transférer les fonds sans limites ;

● Autorisation, pour les casinos, d’accorder des prêts aux joueurs, suppression des interdictions publicitaires concernant le jeu, modification de la législation sur les dettes de jeu qui réserve actuellement l’exécution des sanctions à la seule justice civile, légalisation du système d’intermédiaires et de « rabatteurs » incitant les joueurs potentiels à se rendre au complexe ;

● Homologation automatique des jeux déjà autorisés dans d’autres pays de l’Union européenne ou aux États-Unis, autorisation donnée à Las Vegas Sands pour approuver de nouveaux jeux et traiter des questions administratives afférentes ;

● Création d’une commission des jeux, formée de membres du gouvernement régional et d’« experts indépendants » ;

● Autorisation de fumer dans les espaces clos à l’intérieur du complexe, liberté totale des horaires dans tous les commerces.

5. Fiscalité

● Remboursement de la TVA aux entreprises du complexe, statut de « zone franche » (donc, pas de paiement de TVA ni de taxes) pour les joueurs extra-communautaires ;

● Suppression des taxes et simplification des procédures pour tous les produits importés qui rentrent dans le complexe ;

● Modification des règles fiscales d’amortissement, de déduction du résultat fiscal, d’imposition des non-résidents et des impatriés ;

● Exemption pendant 10 ans de la taxe sur les jeux ;

● Réduction de 95 % de l’impôt sur les transmissions patrimoniales, ainsi que des impôts fonciers ;

● Réduction de 50 % de l’impôt sur les activités économiques ;

● Négociation préalable et obligatoire avec Las Vegas Sands avant toute entrée en vigueur de nouvelles taxes.

Source:   ContreInfo

14 commentaires

  • Libre!

    Encore un sioniste qui n’a honte de rien. Prêt à tout pour se faire encore plus d’argent sur un secteur aussi malsain que le jeu. Les états n’ont presque plus aucun pouvoir, strictement aucun face à celui des marchés et de ces « rockfeller ».

    J’irais faire pisser mon clebs sur vos tombes.

  • clinton

    qu’ils aillent petre eux et leurs folie, ils n’ont vraiment rien compris, c’est trés inquieteant de voir qu’ils n’ont absolulement rien compris, c’est a se demander comment ils ont pu gagner autant ..

    • dudul

      au contraire, ils ont tout compris, ils profitent d’une crise qu’ils ont eux même crée….
      pour augmenter leur profit, en diminuant leurs taxes, en diminuant les droits des travailleurs…

  • martinb

    si cela peut créeer des eùmplois dans l’horeca, tourisme etc… porquoi pas

    • dudul

      c’est comme:
      « le peuple qui achète un pistolet, l’état qui fournit les balles, le tout offert à l’assassin….
      l’assassin qui vend des cercueils, l’état qui fournit le bois, le peuple qui creuse leur tombe et assemble les cercueils
       »

      ça ne tiens pas comme raisonnement….

  • BN

    Bon, les gens, je crois qu’il va vraiment falloir les descendre ces milliardaires qui détruisent le monde…

  • Maia

    Proposition de lecture, comme ça …
    « Homo ludens, essai sur la fonction sociale du jeu » de Johan Huizinga (1938)

  • syrith

    Quel est l’intérêt de préciser qu’il est à cheval entre Israël et les USA ?
    C’est mieux pour la caricature ? juif+patronat….
    C’est au même niveau que les reportages TF1 où les délinquants sont uniquement noirs et arabes (et je ne parle même pas du terrorisme…)

  • delphine

    il me semble que les décideurs espagnols
    avaient déjà vendu toute la côte espagnole,
    avec les dégâts et conséquences que l’on sait.

    et ça continue à construire….
    pendnat les banques espagnoles
    proposent maintenant à la revente
    des milliers de biens saisis!

    alors la dernière fantaisie du LAS VEGAS locale,
    après les erreurs économiques que constituent les parcs d’attraction géants….

    vraiment l’Espagne les accumule.
    alors que des associations essaient de sauver ce qui doit l’être,
    c’est à dire la terre, les biotopes,
    et une agriculture non endaubée par Monsanto et con-sorts.

    Il manquait une pollution à l’Espagne,
    ils se sont débrouillés pour la trouver!

  • Le jeu. Encore un des interdits spirituels bafoué.

    Le jeu est une façon facile de gagner de l’argent pour celui qui en créé les règles.
    Par ailleurs, l’addiction au jeu est simple à créer, au travers de manipulations à tiroir:
    – Créer une grande dépression financière par les Banques, ce qui permet d’augmenter les taux d’intérêt, et donc, d’enrichir les banques, qui, finalement, n’auront jamais perdu d’argent.
    – Ruiner les Etats en les forçant à regarder leurs dettes en face alors que les banques ont directement profité de prêts de la part de ces Etats, afin de les obliger à se soumettre au dictat financier.
    – Ruiner indirectement la population en l’écrasant sous le poids des impôts directs et indirects dus aux dettes, l’incapacité d’acquérir des richesses nouvelles, et enfin, l’incapacité à espérer que les choses s’améliorent.
    – Proposer des solutions à cette problématiques financières, soit par des prêts aux règles obscures pour des non-initiés à la finance, soit par l’espoir de gagner énormément d’argent par un investissement initial semblant minime, donc, le JEU.

    Pour rappel, Jésus, ce bon vieux Jésus, aurait dit que le jeu était maléfique (pas dans ces termes, mais c’est l’idée). Tout comme l’usure était interdite jusque tard dans l’histoire chrétienne, et l’est encore dans la culture islamique.

    Mais ceux qui adorent le veau d’or, Mammon, font tout depuis toujours, pour que ces pratiques se généralisent… et ils y arrivent plutôt bien !

  • vincenzo

    Tant qu’à faire, prendre l’idée en la rendant plus humainement et économiquement supportable, et la réaliser sans besoin de ce gus.
    Pourquoi pas une zone franche de jeux européenne, financée et gérée par des européens.
    Avec un nombre d’actions réparties équitablement, au niveau de l’importance démographique de chaque pays européen.
    Dans ces conditions, uniquement par financement européen sans capitaux étrangers à l’Europe.
    Pourquoi pas ?

    • Parce que le principe même du jeu, c’est que le joueur doit perdre.

      Si ces mêmes joueurs étaient actionnaires d’un tel complexe, au mieux, ils ne gagneraient pas d’argent :)

      Ah, et parce que je peux t’assurer qu’un projet à l’initiative des « citoyens » serait vite écrasé :)