Des poules transgéniques pondeuses de médicaments

Il aura fallu un long parcours pour passer de la découverte de Mendel, en 1865, sur le mode de transmission des caractères héréditaires, aux poules transgéniques pondeuses de médicaments, dont on parle d’une manière récurrente depuis quelques années.

Quelques mots sur le transgénique

Les travaux de Mendel, moine botaniste, restent peu diffusés et il faudra attendre le 20e siècle pour que des chercheurs réussissent à identifier les molécules contenant l’information génétique au sein des cellules : l’ARN et l’ADN.

En 1944, ce fut un grand bond en avant avec la découverte de la possibilité de transmettre un caractère particulier par un transfert d’ADN. La génétique moléculaire était née !

De la génétique moléculaire au génie génétique

La dernière étape, c’est la recombinaison qui consiste à transférer n’importe quel gène d’une cellule à une autre cellule. On parle alors du génie génétique rouge pour tout ce qui est du domaine de la médecine, du génie génétique vert pour le monde végétal et enfin du génie génétique blanc pour ce qui se rapporte aux utilisations dans la sphère industrielle.

Du génie génétique aux poules transgéniques

Les poules transgéniques sont des animaux qui ont été génétiquement modifiés dans le but de produire des médicaments, ce que la Food and Drug Administration (FDA) – l’Agence américaine du médicament et de l’alimentation – a autorisé fin 2015 et qu’ils appellent des « farmaceuticals ».

Dans un but thérapeutique, des chercheurs britanniques avaient déjà réussi à transférer des protéines humaines dans le blanc des œufs de poules transgéniques. C’était au début du 21e siècle, au sein de l’Institut Roslin, où était née la première brebis clonée. Ils avaient réussi à produire deux types de poules transgéniques en mesure de pondre des œufs dont les protéines du blanc contenaient, pour les unes, un antiviral (interféron humain b-1A) et pour les autres, un anticorps monoclonal (miR24) faisant partie des anticancéreux utilisés pour traiter les mélanomes.

Les premières poules européennes pondant des œufs « médicaments » étaient nées, mais cette pratique demeure encore aujourd’hui non autorisée en Europe. Les motifs invoqués sont des raisons de sécurité et d’éthique.

Si les poules transgéniques ne sont pas autorisées, des essais ont été faits pour que des poules pondent des œufs qui combleraient nos déficiences en acides gras oméga-3.

Des œufs qui protègent notre santé

C’est au travers de l’alimentation des poules que les œufs pourraient participer à la prévention des maladies cardiovasculaires ischémiques.

Ainsi en incorporant dans leur nourriture, qui est souvent à base de blé et de maïs, des huiles provenant d’aliments riches en acides gras oméga-3 (ALA, APA et DHA), on peut modifier la nature des lipides contenus dans les œufs de poule. Ainsi des extraits de graines de lin ou de colza augmentent considérablement le taux d’ALA. Quant aux huiles provenant de poissons ou de certaines algues, elles ont un impact sur le taux de DHA. Les œufs enrichis en oméga-3 sont à présent commercialisés.

Ainsi, sans être arrivé au stade de la poule transgénique qui pond des œufs « médicaments », on peut dire qu’en France on a la possibilité de préserver sa santé en veillant à vérifier la nature de l’alimentation des poules qui les ont pondus.

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