L’ANSM, la HAS, l’INPES, l’INCa, Mac Donald’s et Sanofi…tous partenaires des médecins !!!

BIGpharma« Pecunia non olet ». L’argent n’a pas d’odeur, selon la sentence de l’empereur Vespasien à l’adresse de son fils Titus. S’agissant de l’argent dispensé aux organisateurs du Congrès de médecine générale par des sponsors loin d’être cleans, comme Coca-Cola (2012), Mc Donald’s (2015) et autres firmes de cosmétiques, je reste dubitatif et profondément révulsé par les explications foireuses sur cet acoquinement contre nature. Ils osent dire que c’est pour réduire le coût de l’inscription des médecins nécessiteux. Le tout sans rire et sans la moindre esquisse de sourire malin ! Franchement, que des agences publiques de santé comme l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), la HAS (Haute Autorité de Santé), l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) et l’INCa (Institut National du Cancer), censées veiller au respect d’une certaine morale en adéquation avec leur mission, n’aient pas dénoncé ce mélange des genres est stupéfiant et révoltant. In fine, ceux qui y vont sont plus attirés par les agapes et autres cocktails forts que par l’échange d’informations scientifiques. Le reste n’est que foire commerciale et pub au profit des multinationales, plus avides que jamais. Je suis désolé pour ces messieurs, mais quand on est imbu d’une certaine morale, l’argent a bel et bien une odeur.
Merci au site Formindep, géré par des médecins consciencieux et honnêtes qui refusent de se soumettre à Big Pharma et au Capital apatride en dénonçant cette mascarade inacceptable.

Le 9e Congrès de la Médecine Générale France se tiendra Porte Maillot à Paris les 26, 27 et 28 Mars 2015.
Il est organisé par le Collège de la Médecine Générale, qui n’hésite pas à multiplier les sponsors (pudiquement appelés « partenaires »), transformant une réunion à vocation scientifique en véritable foire commerciale.
En 2012, le sponsoring de Coca Cola et Mac Donald avait conduit une organisation citoyenne informelle, Le Mouvement de Désaliénation des médecins, à manifester par l’humour sa désapprobation, à l’entrée même du congrès.
Pour toute défense, les organisateurs du congrès répondaient, avec un humour involontaire cette fois, que cela permettait de réduire le coût de l’inscription des médecins nécessiteux, et que Mac Donald faisait beaucoup d’efforts en termes de nutrition.


Force est de constater que 3 ans plus tard, rien n’a changé.
Le site du congrès recense ainsi pas moins de 59 partenaires qui se répartissent ainsi :
Édition : 18
Informatique : 12
Firmes pharmaceutiques et de matériel médical : 11
Firmes agroalimentaires et cosmétiques : 5, dont une nouvelle fois Mac Donald.
Assurances : 5
Thermalisme : 2
Association de Formation médicale continue : 1
Association de patients : 1
Concrètement, ces partenariats se matérialisent par des symposia, multiples conférences faisant la promotion plus ou moins explicite des produits maison, au sein même du congrès. Les sociétés louent des stands dans un espace commercial que l’on pourrait qualifier de « salon de la médecine générale », dans lequel les médecins sont invités à profiter de l’hospitalité des firmes lors de cocktails renouvelés à chaque pause.
Au milieu de cette nuée de sponsors commerciaux figurent, presque discrètement, plusieurs agences publiques de santé : L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), la HAS (Haute Autorité de Santé), L’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé) et l’INCa (Institut National du Cancer).
Des institutions dont la raison d’être est d’apporter une expertise indépendante en matière de santé publique. La loi 2011-2012 du 29 décembre 2011, dite loi Bertrand, devait définir les conditions permettant de s’assurer de cette indépendance. Las, le décret d’application instaurant la charte de l’expertise laisse le soin à chacune de ces institutions de définir ce qui pour elle constitue un conflit d’intérêts. Le Conseil d’État a rejeté notre requête en annulation de ce décret, arguant qu’il ne faisait pas obstacle à une décision impartiale de ces institutions.
Il appartient donc à chacune de ces agences de choisir où placer le curseur de son indépendance. Leur partenariat avec des firmes, au sein de grandes foires commerciales telles que ce congrès, semble indiquer que le curseur ne sera pas placé très haut.

Source: http://www.formindep.org/

Trouvé sur Lelibrepenseur.org

 

3 commentaires

  • Raison de plus pour ne pas avoir une confiance aveugle dans les médecins. Toujours poser des questions, même si cela ne leur plait pas souvent. S’informer par soi-même sur le problème en cause, mais aussi sur tous les moyens de le gérer, même ceux qui peuvent paraitre les plus farfelus.

    Même le médecin scrupuleux est pris dans la toile et, s’il fait un pas de travers, il est rappelé à l’ordre.

    Quand je vois les noms des firmes citées dans l’article, c’est encore pire que ce que je croyais. Pourtant je n’ai aucune illusion en la matière !

  • Ah bon ?

    Il y a bien plus grave que ça.