Crise de la dette : le grand retour

Des tensions apparaissent de nouveau sur le marché de la dette pour les pays du sud de la zone euro, la Grèce se dirige vers un deuxième défaut souverain…

Le taux des emprunts d’état grec s’est à nouveau envolé (ce qui est normal vu que la Grèce est insolvable, mais qui pose d’énormes problèmes aux finances publiques) à près de 9% concernant les obligations à 10 ans. A ce niveau là, il devient évidemment impossible de se refinancer, à moins d’organiser son propre suicide économique. C’est donc la BCE qui est venue à la rescousse des banques grecques la semaine dernière afin de leur permettre de continuer à financer le déficit de l’état. La BCE a réduit la décote qu’elle appliquait jusqu’alors aux obligations que les banques helléniques apportaient en garantie pour leurs opérations de refinancement. Concrètement il s’agit pour la BCE de soulager les établissements bancaires d’obligations souveraines dont tout le monde sait qu’elles ont très peu de chance d’être remboursées dans le contexte actuel afin de leur permettre de « remettre au pot », c’est à dire d’en acquérir de nouvelles… Pour mémoire, la Grèce a déjà connu un défaut souverain « partiel » en mars 2012, qualifié à l’époque de « restructuration », c’est plus poétique, qui s’était traduit par une réduction de 53% des créances souveraines détenues par les créanciers privés, ce qui avait permis d’effacer 107 milliards d’euros de dette sur les 360 milliards (soit 160 % du PIB). Les créanciers privés essentiellement les banques de l’eurozone) ont évidemment encaissé la perte sans broncher, c’était ça ou le défaut pur et simple. En contrepartie, les institutions financières avaient lancé le deuxième plan de sauvetage de la Grèce sous la forme de prêts, cette fois-ci publics, d’un montant de 130 milliards d’euros, destinés à garantir le remboursement des échéances restantes, notamment par l’intermédiaire du MES et du FMI, ce qui avait aboutit au placement du pays sous tutelle de la commission européenne et du FMI…

Aujourd’hui, rebelote, la dette grecque représente 175 % du PIB, et le pays se dirige vraisemblablement vers un nouveau défaut. Les volumes des remboursements sont effectivement de nouveau devenus insoutenables pour les finances publiques. Selon le journal La Tribune les montants à rembourser augmentent en effet chaque année de 4 milliards d’euros. Pour honorer ses engagements vis à vis des créanciers, le pays n’aura pas d’autre choix que d’accentuer les plans d’austérité qui ont déjà généré une pauvreté massive et un chômage de plus de 26%, interdisant toute reprise économique et accentuant d’autant les besoins de financement.

Conséquence, le cours des banques helléniques, gavées de dette souveraine, s’est effondré à la bourse d’Athènes et les taux s’envolent à nouveau pour frôler les 9% et les autres pays du sud de la zone euro voient leurs taux remonter également. L’Espagne a ainsi vu son taux a dix ans remonter à 2,2% mi-octobre. Plus inquiétant, la dernière émission du trésor espagnol n’a pas trouvé preneur : seuls 3,2 milliards d’euros ont été placés sur les 3,5 proposés… L’écart entre le Bund Allemand et les obligations des autres pays s’est creusé à nouveau, ce qui signifie que les « investisseurs » (les banques) sont de plus en plus réticents à acheter la dette des pays du sud de l’eurozone.

La BCE ne pourra pas cette fois-ci « sauver » la Grèce ou les autres pays du sud de la zone euro en difficulté.  En effet, son programme de rachat de dette souveraine (OMT), mis en place au paroxysme de la crise et qui avait contribué à ramener les taux à des niveaux soutenables, même s’il n’a jusqu’alors pas été mis en application, fait l’objet d’une procédure devant la cour de justice de l’Union Européenne. La cour, qui a été saisie par un groupe eurosceptique allemand, doit se prononcer sur la légalité du programme de rachat de dette par la banque centrale. La procédure devrait aboutir sans surprise à la condamnation de ce programme qui ne respecte pas les statuts et le mandat de la BCE. C’est en tout cas ce qu’ont déjà conclu les juges allemands de la cour constitutionnelle de Karlsruhe au début de l’année…

Guillaume Borel pour les moutons enragés

9 commentaires

  • les taux grecs ont en été monté en flèche la semaine dernière, mais la, ca semble stabilité autour de 8%.

    Quand a Karlsruhe, la dernière fois ils ont botté en touche en disant qu’ils n’étaient pas compétents, a mon avis, ils ne vont pas prendre le risque de faire exploser l’Europe et surtout, que ça leur retombe dessus.

    La vraie question aujourd’hui est la : ils savent que l’Euro et/ou l’UE sont condamnés. La grande question c’est : comment éviter d’en porter la responsabilité aux yeux de l’histoire.

    La partie d’échec à commencé.
    Et nous, on a Hollande aux manettes. Autant dire qu’on n’a aucune chance.

    • alba13

      Es tu bien sûr qu’ Hollande soit aux manettes ?
      Qu’il soit de gauche ou de droite, le plus haut représentant de l’État n’est qu’une marionnette, comme l’est celui de nombreux autres pays …. les manettes sont au main de l’oligarchie mondialiste qui truste les médias, les banques, les industries pharmaceutique, de l’armement et de l’agro alimentaire …
      Tout le reste n’est que de la real politik pour pseudos démocraties …..

  • Maverick Maverick

    « Le grand retour » … Cette blague. Elle est jamais partie …

  • Planete bleu Planete bleu

    Dans un avenir proche nous risquons de vivre la même chose que les Grecs. Pour l’instant nos différents gouvernements ont menés une politique de l’autruche, en dépensants à tout va des sommes folles. En prétant de l’argent à d’autre pays comme si on était des nababs, de l’argent qui ne sera jamais remboursé, en payant des salaires mirobolant à des hauts fonctionnaires, en faisant des travaux inutile et couteux et ne pas oublié le train de vie de nos dirigeants, quand on songe que Nicolas Sarkosy à augmenter son salaire de président quand il est arriver au pouvoir, sans parler du nouvelle avion présidentielle que l’état à acheter pour son confort, des voyages tout frais payer par l’état pour les ministres, on envoie des soldats et du matériel de guerre pour faire la guerre alors qu’on en a pas les moyens ect… Que d’argent jetés par les fenêtres, après on dit que c’est à cause des chômeurs que le déficite ce creuse, une honte, pourquoi ne pas dire aussi que c’est à cause des retraités qui sont de plus en plus nombreux, pendant qu’on y ai.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140926tribe5c3de599/les-salaires-grecs-ont-baisse-de-24-en-4-ans.html

    extrait:

    Une étude de la commission du budget du parlement grec publiée jeudi a ainsi évalué à 2,5 millions le nombre de Grecs sous le seuil de pauvreté et à 3,8 millions le nombre de ceux « menacés par la pauvreté », soit plus de six millions de personnes représentant plus de la moitié de la population du pays.

    • alba13

      Oui tu as raison sur tous ces sujets qui ont plombé les comptes de l’Etat … n’oublions pas toutefois que cet endettement abyssal est lié à 95% au mode de création monétaire … et à la loi Pompidou 1973 obligeant l’Etat à emprunter sur les marchés privés. Depuis, le remboursement des intérêts de la dette est devenu le 1er poste de dépense de l’État. Nous ne sortirons pas de cette tempête tant que nous ne sortirons pas du joug de l’oligarchie financière. Le train de vie de nos dirigeants, l’avion privé de Sarko, les abus en tout genre etc ….. ce ne sont que des miettes pour amuser nos merdias et la masse incrédule.

  • Natacha Natacha

    La BCE, sauver la Grèce !

  • PhildeFer

    La Grèce… un petit laboratoire… de ce qui nous attend en pire! car les Grecs sont des gens bien plus solidaires que les Français…^^
    Surveillez l’Italie…
    http://www.lecontrarien.com/italie-vers-la-faillite-le-fmi-appelle-a-une-restructuration-de-la-dette-italienne-20-10-2014-italie

    • vaick

      cela fait des années que certains le disent la grece et chypre pour la spoliation des epargnants n ont ete que des labos de test
      le plan va etre etendu a l espagne ,italie, portugal et la france ca y est le processus est enclencher
      on vends les bijoux de famille on privatise a tour de bras aeroport,barrage,bientot l assurance maladie,les retraites,etc …….
      que resteras t il de la france un pays en ruine ou tout aura ete vendu il suffira de remercier comme il se doit les traitres qui nous ont mener a la faillite