Au Maroc aussi, la repression se porte bien

Beaucoup que le Maroc est un pays fantastique, avec son soleil toute l’année, ses plages magnifiques, ses clubs de vacances… Mais combien connaissent l’envers du décors décrit dans cet article? Car si les médias ne parlent pas trop de ce pays et de ce qu’il s’y déroule, c’est par ce que le Maroc reste avant tout un des grands partenaires de la France, et qu’ils ont tous deux des intérêts communs, tout simplement! Maintenant, je laisse soin aux lecteurs de ce pays de confirmer (ou non) la réalité des faits.

534023_10200498764048107_13924© Inconnu

L’été qui s’achève a été chaud et orageux au Maroc. Pas seulement sur le plan climatique mais également et surtout sur le plan de la situation des droits de l’homme qui n’a cessé de se dégrader.

Interdictions d’activités et de constitution d’association, condamnations arbitraires de militants politiques et des droits de l’homme, campagnes de dénigrement et d’accusations graves à l’encontre d’associations de défense des droits de l’homme et de syndicats de travailleurs.
Les colonies de vacances que l’AMDH organise chaque été, depuis plus de 20 ans, au profit des enfants de ses militants ont été interdites cette année, sans aucune explication. Les séminaires de formation pour ses jeunes adhérents ont également été interdits. La section marocaine de Amnesty International n’a pas été épargnée non plus.

Une répression sévère, particulièrement ciblée sur les militants des droits humains, du mouvement du 20 février et les étudiants dans les différentes universités du pays, est menée sans répit par les autorités marocaines depuis quelques mois. Les plus activistes parmi eux sont arrêtés ou enlevés et torturés. Et ceux qui osent se plaindre devant les tribunaux sont de nouveau arrêtés sous l’accusation de « dénonciation mensongère et calomnieuse nuisant à la réputation de l’autorité publique».

C’est ainsi que la jeune militante Wafaa Charaf a été condamnée à un an de prison ferme et 1000 dirhams d’amende ainsi que 50.000 dirhams (5.000 €) d’indemnité à verser à la police de Tanger qui l’avait enlevée et torturée. Ainsi donc, les tortionnaires du passé (années de plomb) et d’aujourd’hui continuent de bénéficier de l’impunité pour leurs crimes et de la protection des autorités.

Des groupes d’étudiants de Marrakech et Fès ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour « troubles à l’ordre public » et, dans la foulée, les universités ont perdu leur « privilège de sanctuaire ». Les forces de l’ordre y campent en permanence depuis le début du mois de juin 2014. L’un d’entre eux, Mustapha Meziani, gréviste de la faim pendant plus de 72 jours, et laissé sans soins ni secours, est décédé le 13 août dernier à Fès.

L’association « Freedom Now », qui a notamment pour objectifs la défense de la liberté d’expression et de la presse, s’est vue refuser l’autorisation d’exercer sous le prétexte fallacieux qu’un de ses fondateurs « est un citoyen indigne qui a rejeté, dans une déclaration publique, l’autorité du roi. » La plainte de l’association contre le ministre de l’Intérieur devant le Tribunal administratif de Rabat a été rejetée pour « non possession de statut juridique ! ».

Cependant, un nouvel échelon a été gravi dans la confrontation, désormais directe, des autorités marocaines avec les associations de défense des droits de l’homme. Dans une déclaration le 15 juin dernier devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur a accusé ces associations de « mettre en doute les services de sûreté du pays, de servir des agendas étrangers, aidées en cela par des soutiens financiers étrangers. » Elles sont également menacées de contrôles tatillons de leurs comptabilités. A la répression active par les forces de l’ordre, vient donc s’ajouter la répression politique et morale par le dénigrement public et médiatique de ces associations et les accusations de trahison. Même les « années de plomb » n’ont pas connu un tel déchainement.

Après ce constat sévère sur la situation des droits humains au Maroc, l’AMBDH dénonce fermement ces pratiques répressives d’un autre âge et joint sa voix à celles de l’ensemble des associations de défense des droits de l’homme au Maroc pour condamner cette « campagne féroce et trompeuse contre le mouvement marocain des droits humains».

L’AMBDH réclame la démission du ministre de l’Intérieur qui fait des déclarations mensongères et irresponsables, et exige des excuses du Chef du gouvernement.

C’est dans ce contexte liberticide, qui va à l’encontre des engagements internationaux de l’État et de la dernière « Constitution octroyée de 2011 », que le Maroc s’apprête à recevoir le « Forum Mondial des Droits de l’Homme » du 27 au 30 novembre 2014 à Marrakech. Il serait pour le moins révoltant que les pays démocratiques répondent à l’invitation d’un pays dont pas un mois ne s’écoule sans qu’il ne soit pointé du doigt par plusieurs organismes dont Amnesty International, Human Rights Watch et les associations marocaines de défense des droits de l’homme.

L’AMBDH appelle à la mobilisation de toutes les forces vives éprises de liberté et de démocratie à condamner les autorités marocaines, et soutenir la lutte du peuple marocain dans son combat quotidien pour l’établissement d’un véritable État de droit et démocratique.

Source: Solidarité Maroc via Sott.net

 

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