L’exécution de journaliste américain n’est-elle qu’une mise en scène?

Une mise en scène? Possible, surtout que celle-ci serait réellement pratique! À grands coup de flashs d’information décrivant le tragique de l’évènement, et en montrant les proches du journaliste tous plus affligés les uns que les autres, les dirigeants américains peuvent espérer faire ressurgir un élan de patriotisme de la part de la population, obtenant même à la clé un consentement pour intervenir de manière encore plus radicale en Irak! Tiens, cela à tout de suite comme un arrière gout de 11 septembre…. Mais je m’égare surement…

Deux sources soulèvent ce lièvre, d’abord le courrier international qui a publié un article sur le sujet, expliquant que la vidéo bénéficiait d’un savoir-faire étrangement plus abouti par rapport aux vidéos habituelles des djihadistes:

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La vidéo de l’exécution du journaliste américain James Foley par les djihadistes de l’Etat islamique montre un professionnalisme dans la mise en scène inhabituel dans les messages que les islamistes adressent à l’Occident.

Sur la vidéo de la décapitation du journaliste américain James Foley [postée le 19 août] par les militants de  l’Etat islamique [EI, Daech en arabe], la victime est vêtue de la même couleur orange que les prisonniers à Guantanamo. La scène se déroule devant un paysage de désert aride et immobile, focalisant l’attention sur le bourreau.

Visage camouflé, couteau à la main et habillé de noir, ce qui le fait ressembler à un ninja, il s’adresse en anglais à la famille du journaliste, au peuple américain et au président Obama.

On ne peut que s’étonner du savoir-faire médiatique de Daech, capable de produire des vidéos à l’impact psychologique puissant. Il dispose d’évidence de caméras modernes, de microphones de qualité, de caméramans expérimentés et de producteurs professionnels.

Des coupes très réfléchies

De même, la mise en scène est élaborée, avec les différents angles sous lesquels sont filmés les deux hommes, mais aussi avec le choix d’une personne parlant parfaitement l’anglais afin de faciliter la réception du message de Daech par les Occidentaux, le tout traduit en arabe par sous-titres.

On aura remarqué la coupe juste après que le bourreau pose le couteau sur la nuque de la victime. Une des explications possibles serait que la personne choisie pour ses compétences en langue anglaise n’était pas habituée à accomplir ce geste.

La vidéo aurait risqué de pâtir de longueurs, avec un bourreau trahissant sa maladresse au moment de couper la tête, jusqu’à ce que quelqu’un lui vienne en aide. On a donc choisi de couper l’image à ce moment-là, pour enchaîner directement sur la tête tranchée et posée sur le cadavre.

Source et fin de l’article sur Le courrier international

Seconde source, le média Russia Today qui cite Le Times comme source de l’information sur la mise en scène de cette exécution, avec à l’appui, une analyse assez poussée des images:

La vidéo dans laquelle un membre de l’Etat islamique a exécuté le journaliste américain James Foley pourrait n’être qu’une mise en scène, tandis que l’assassinat aurait en fait eu lieu derrière la «scène».

Une société internationale de médecine légale qui a collaboré avec la police britannique mais qui a préféré rester anonyme, en a conclu qu’il s’agissait d’une mise en scène, suivant le journal «The Times». Les experts expliquent qu’il y a des jeux de caméra sur la vidéo et que celle-ci est susceptible d’avoir été modifiée après le tournage.

Ils ont également découvert dans les images que le sang n’était pas visible sur la lame alors que le couteau du djihadiste est passé au moins six fois sur le col de Foley. Les experts aussi aperçu une réverbération qui pourrait indiquer que Foley lisait un texte préparé.

« Je pense qu’il a été mis en scène. Mon sentiment est que l’exécution aurait pu se produire lorsque l’appareil s’est arrêté », a déclaré l’un des experts de la société, soulignant qu’il ne cherche pas à réfuter l’exécution elle-même.

Source: Russia Today, traduction libre: les moutons enragés

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