Irak: une catastrophe humanitaire suivant Obama, mais uniquement cela?

MàJ: Obama veut éviter un génocide, il autorise les frappes

Faisons le point, actuellement, les médias veulent nous alarmer sur la situation en Irak, qu’il va bien falloir intervenir, et que tout cela pour protéger les chrétiens d’Irak, même si en géopolitique, l’humanitaire n’existe pas, surtout s’il y a des ressources à récupérer…

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Donc, devant la multiplicité des articles sur le sujet, seule une revue de presse dédiée est possible, histoire d’aborder l’ensemble du problème avec un maximum d’infos, et de se faire une idée précise de ce qu’il se passe réellement là-bas.

L’EIIL occupe désormais de vastes zones dans le nord de l’Irak, y compris la deuxième plus grande ville de l’Irak, Mossoul et une partie de la Syrie. Hier, on a appris que le groupe terroriste s’était emparé d’une petite ville au Liban. Au total, le groupe contrôle déjà une zone aussi vaste que la Grande-Bretagne.

Plusieurs minorités sont menacées de disparition et de grands groupes de personnes fuient la violence. Mais en Europe, personne ne semble s’intéresser à ce génocide imminent.

« Alors que l’Occident dort, Al-Qaïda gagne de nouveaux domaiie, et Ansar al-Sharia à Benghazi. Le parlement libyen a déjà fui la capitale. Saisissez-bien ce que cela signifie : Al-Qaïda a déjà fondé deux Etats.

  • Suivant le site Kapitalis, les femmes sont vendues comme du bétail sur les marchés de Mossoul:

Le Croissant rouge irakien appelle la communauté internationale à intervenir pour sauver les femmes chrétiennes, vendues dans les souks du Mossoul par l’Etat islamique.
Les djihadistes de l’Etat islamique imposent désormais leurs lois d’un autre âge dans les zones qu’ils occupent au centre et au nord de l’Irak, et notamment à Mossoul. Toutes les communautés sont malmenées et humiliées, et particulièrement les chrétiens.

Ces derniers, qui vivent dans cette région depuis 2000 ans, sont aujourd’hui dépouillés de leurs biens et chassés de chez eux. Ceux d’entre eux qui résistent sont carrément exécutés.

Quant aux femmes, elles sont conduites comme un troupeau de bétail au souk de Mossoul et vendues à la criée comme jadis les esclaves.

  • Quand à la France, elle se dit prête à intervenir elle aussi suivant Le Parisien! Enfin… la France… Disons nos politiques qui s’inclinent généralement face à l’Oncle Sam…

La «vivement préoccupée» par cette attaque, a demandé cet après-midi une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’Onu, selon , ministre des Affaires étrangères. Accepté, cet entretien à huis clos devait commencer à 23h30, heure de Paris. «Le chef de l’Etat a confirmé la disponibilité de la France à apporter un soutien aux forces engagées dans ce combat», déclare ce soir la présidence française dans un communiqué, sans préciser la nature de ce soutien.

Notez une petite chose au passage, quand les frères musulmans massacraient les chrétiens en Égypte, cela ne dérangeait pas trop l’Élysée…

  • Et enfin, les premiers chrétiens d’Irak munis de visa arrivent en France pour asile suivant Le Monde:

Ils sont arrivés à Roissy tôt jeudi 7 août. Onze chrétiens d’Irak, membres de la même famille, ont bénéficié pour la première fois depuis le début de la crise irakienne d’un visa d’asile. Ce dispositif rarement utilisé a été mis en place par le gouvernement français pour favoriser l’accueil en France des membres de cette communauté, affirme l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (AEMO).

L’article le plus intéressant est celui qui suit! Les chrétiens d’Irak doivent être sauvés face aux islamistes qui jusqu’à présent ont bien servit « l’empire » et ont été très utiles pour déstabiliser la Syrie ou la Libye, ce qui permet une question simple: les USA comme l’Europe souhaitent-ils vraiment aider les chrétiens d’Irak ou le but est tout autre quand à une éventuelle intervention?

Comment l’Etat islamique empoche 3 millions de dollars par jour

Pendant deux semaines, l’Etat islamique d’Irak et de la Syrie (ISIS) et les forces fidèles à Bachar al-Assad se sont affrontés pour le contrôle du gisement de gaz de Shaar, l’un des plus grand de Syrie, près de la ville historique de Palmyre. Le 19 Juillet, il a été signalé que le groupe militant sunnite avait tué 270 soldats du régime, prenant le contrôle du champ au cours d’un combat de 48 heures, un des plus meurtriers du conflit.

Par Karen Leigh

A mesure qu’ ISIS progresse en Syrie, les analystes affirment qu’une partie importante de ses ressources financières provient du pétrole brut qu’elle vend sur le marché noir; en conséquence, les champs de pétrole sont devenus un objectif prioritaire dans cette guerre. A l’image de gisements de gaz comme celui de Shaar, dont la perturbation des lignes provoque des pénuries et des coupures d’électricité dans les zones contrôlées par le régime, jusqu’à Damas.

Nous avons demandé à Robin Mills, un spécialiste de l’énergie basé à Dubaï et auteur de “Le mythe de la crise du pétrole», et à Theodore Karasik, directeur de recherche au think tank INEGMA basé à Dubaï, d’expliquer pourquoi les champs de pétrole sont devenus si importants pour ISIS et comment les transformer en champs de bataille pourrait perturber la production de l’énergie ainsi que les flux de trésorerie du groupe djihadiste.

Syria Deeply: Que s’est il passé au cours des deux dernières semaines?

Robin Mills: Les derniers combats se sont déroulés dans les environs de Shaar, un champ de gaz situé dans le proche ouest de Palmyre. Les rapports disent que le gouvernement l’a repris, mais ISIS affirme sur le terrain qu’il s’est retiré ou l’a détruit. C’était un gisement de gaz, et il n’y avait rien que ISIS aurait pu faire avec le gaz lui-même si ce n’est continuer à le vendre au gouvernement, [tout au long du conflit], ils auraient été en affaire avec le gouvernement Assad, pour lui vendre du pétrole et du gaz.

Theodore Karasik: Il aurait dû être évident pour le gouvernement syrien que les champs énergétiques allaient devenir une source de conflit en raison de leur valeur. Ces champs étaient probablement gardés, mais pas de manière suffisante pour résister à des groupes comme ISIS. Ils tentent d’établir un État et ces types de revenus sont importants pour la formation de l’Etat, car ils constituent une partie importante de leurs revenus. Ils peuvent prendre le contrôle de l’Est de la Syrie sans les revenus du pétrole, mais la saisie de ces types de champs [tel que Shaar] fait partie d’un plan permanent visant à développer leur propre système économique.

Syria Deeply: Quels revenus ISIS tire t’il du pétrole?

Karasik: Les responsables de l’industrie pétrolière irakienne disent que pour ISIS les revenus du pétrole représentent 1 million $ par jour en Irak et que si ils prennent le contrôle des champs syriens [dans les zones où ils avancent], le total cumulé serait de 100 millions de dollars par mois. Ils le vendent à 30 $ le baril, car il s’agit de marché noir. Ce n’est pas rattaché aux normes internationales pour les prix du pétrole, qui sont à plus de 100 dollars le baril. Le pétrole est acheté depuis la Syrie à travers la Turquie et il est vendu à des commerçants du marché noir qui sont présents dans tout le Levant.

Mills: Le chiffre de 1 million de dollars par jour provient des champs irakiens dont ils ont le contrôle. Ceux d’Irak et de Syrie pourraient atteindre 3 millions de dollars par jour, ils obtiennent donc encore davantage de pétrole de la Syrie [que de l’Irak]. La production atteint 10% de ses niveaux d’avant-guerre – ce sont des champs anciens et vieillissants qui nécessitent énormément d’interventions techniques spécifiques et qui font défaut, affectant fortement le niveau de production. Nous avons vu des rapports stipulant qu’ISIS contrôle la plupart des champs de pétrole de l’est de la Syrie et de Deir Ezzor, jusqu’au nord-est, où certains sont sous contrôle kurde.

Syria Deeply: Pourquoi ces champs anciens sont ils maintenant un objectif si important pour ISIS?

Mills: C’est une priorité très importante car elle génère des revenus. La stratégie de ISIS semble avoir évolué autour de la génération de revenus. ISIS se finance de plusieurs façons et le pétrole en est certainement une. Pendant longtemps, ils ont évité les confrontations directes avec le régime. Ils ont généralement tendance à pointer leurs armes vers d’autres groupes rebelles. Ils vendaient au régime, ou à quiconque payait pour ça. Mais, il semble qu’ils adoptent depuis peu une approche plus agressive, comme avec l’attaque sur Shaar. L’ont-ils seulement attaqué pour le détruire [pour frapper le régime], ou en prendre le contrôle et continuer à vendre du gaz? Leurs intentions n’apparaissent pas clairement.

Si ISIS a vraiment détruit les champs là-bas, cela signifie que l’approvisionnement en gaz [du régime] sera coupé. Il est déjà tombé à la moitié du niveau d’avant-guerre, et cela va provoquer plus de coupures d’électricité y compris à Damas. Cela signifie que le régime devra utiliser un carburant plus cher en provenance d’Iran. Cela signifie plus de souffrances pour les civils [], et sans doute l’affaiblissement des supports du régime. Et cela rend très difficile toute prospective quant à une reprise économique.

Karasik: Avant même le début de toute cette histoire, les exportations de pétrole de la Syrie ne constituaient pas une part importante de l’économie. Mais cela étant dit, tout ce que ces acteurs non étatiques peuvent saisir leur fournit une source de revenus. Et comme nous l’avons déjà vu, ISIS possède un régime d’exportation de pétrole illégal dont elle tire ses revenus. Il semble maintenant que [le pétrole syrien] soit à saisir et qu’ISIS ait entamé le combat pour s’en emparer. Il est probable que d’autres groupes tels que Al Nusra vont essayer de suivre.

L’État islamique étant établi, il est clair qu’ISIS souhaite désormais organiser au mieux l’ensemble de ses ressources gouvernementales et de ses recettes et que les exportations d’énergie font partie de ce système. Le projet du groupe comprend la collecte des impôts, mais aussi d’autres activités de marché noir comme le commerce des marchandises illégales provenant du pillage des terres conquises. Compte tenu de l’appel lancé par [le chef d’ISIS] Baghdadi le premier jour du Ramadan – appelant à la consolidation de l’État et au recrutement de personnes pour aider à sa gestion, vous devez comprendre que le secteur de l’énergie fait partie de son plan.

worldpolicy.org

Trouvé sur Fortune de souche

Alors, les véritables motivations restent-elles réellement humanitaires à votre avis?

Finalement, pour éviter les morts, plutôt un génocide, Obama autorise les frappes aériennes. Le pays pourra être sauvé, mais pas du pillage final par les américains…

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé jeudi qu’il avait autorisé des parachutages humanitaires en Irak et, si nécessaire, des frappes aériennes ciblées contre les jihadistes pour éviter un « génocide » des minorités menacées par l’Etat islamique.

Sur place, dans le nord de l’Irak, des dizaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont été poussés à fuir face à l’avancée des extrémistes sunnites. Les Yazidis, une communauté kurdophone pré-islamique considérée par les jihadistes comme « adoratrice du diable », se sont retrouvés piégés, sans eau ni nourriture, dans les montagnes désertiques environnantes.

« Eviter un génocide »
« Nous pouvons agir, de façon responsable et prudente, pour éviter un éventuel acte de génocide », a dit M. Obama lors d’une allocution solennelle depuis la Maison Blanche. Si les jihadistes avancent vers Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, ils seront visés par les frappes, a-t-il prévenu. Aucune frappe aérienne n’avait été effectuée jeudi, a précisé un responsable américain.

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