Ukraine : la répression s’intensifie avec la complicité des « démocraties » occidentales !

Les résultats des élections présidentielles ukrainiennes sont tombés, alors que l’est de l’Ukraine a boycotté le scrutin. Sans surprise, c’est l’oligarque soutenu par l’occident Porochenko qui a remporté le scrutin au premier tour avec 54.7% des voix sans qu’on ait aucune garantie sur la validité de ce dernier puisqu’il a été organisé par un gouvernement  putschiste composé pour une bonne partie de néo-nazis du parti Svoboda qui assoie son pouvoir sur les milices du groupe d’extrême droite Praviy Sektor (secteur droit). Porochenko est un homme d’affaires, milliardaire, qui a fait fortune dans la confiserie. Ouvertement pro-européen, il fut ministre des affaires étrangères de l’oligarque déchue Ioulia Timochenko lorsqu’elle avait pris le pouvoir à la faveur de la « révolution orange », puis ministre de l’économie dans le gouvernement suivant en 2012. Il est bien évidemment pro-européen et favorable à l’accord d’association avec l’Union Européenne qui a provoqué le coup d’état contre le président déchu Ianoukovitch. C’était le candidat favori des occidentaux et Angela Merkel s’est ainsi empressée de le féliciter mardi dernier. Il a également bénéficié du soutien très actif de l’ambassade US  qui se chargeait même d’indiquer les bureaux de votes sur son compte Twitter !

L’enseignement important de ce scrutin ne réside donc pas dans la victoire annoncée du candidat sponsorisé par l’OTAN mais par la côte de popularité des mouvements Svoboda et Praviy Sektor qui se sont dans les faits accaparés la révolution du Maïdan. Le candidat de Svoboda, Oleg Tiagnibok a ainsi recueilli 1.16 % des voix alors que son parti dispose du tiers des postes au gouvernement. Dmitri Iaoch, le leader de Praviy Sektor, la milice qui compose la garde nationale et fait « régner l’ordre » a recueilli quant à lui 0.7% des voix…

Les Ukrainiens se sont donc clairement démarqués de ces deux formations néo-nazis qui continuent à avoir le soutien des démocraties européennes. Il faut dire que contrairement à nos élites, ils les subissent au quotidien…

Dans les faits, les milices de Secteur Droit font régner la terreur dans la partie de l’Ukraine qu’elles contrôlent. Déjà lors de la révolution du Maïdan elles n’ont pas hésité à exclure par la force les mouvements d’opposition de la gauche ukrainienne qui avait dés lors sonné l’alerte sur la prise de contrôle de la révolution par les organisations néo-nazis, sans que son appel soit relayé en occident…

Ainsi, selon Sergueï Kiritchouk, un des leaders de la gauche ukrainienne le soulèvement des populations de l’est de l’Ukraine est avant tout un acte de résistance de la population au fascisme et à l’idéologie néo-nazie :

Je peux dire avec certitude que de très nombreux Ukrainiens, même dans l’Ouest du pays, sympathisent avec le combat du Sud-Est. Dans l’Ouest aussi, il y a beaucoup de mécontents du régime de Kiev, mais il y règne une telle atmosphère de terreur que les gens ont tout simplement peur d’exprimer leur opinion, ils se taisent. Dans le même temps, ils regardent avec espoir ce qui se passe dans le Sud-Est, ce combat. Et dans le Sud-Est, les citoyens de langue ukrainienne ont aussi participé au mouvement de protestation. Il serait parfaitement erroné de réduire ce mouvement à un facteur ethnique, culturel ou national.

On comprend donc que ce qui se joue dans l’est de l’Ukraine est un combat contre le fascisme, à la manière dont les partisans Espagnols des années 30 luttaient contre le franquisme, appuyés par les brigades internationales, à la manière également dont les réseaux résistants de la France occupée ont lutté contre le régime collaborationniste de Vichy et le nazisme.

Malheureusement en 2014 comme en 1941, les autorités françaises ont fait acte d’allégeance aux forces fascistes et aujourd’hui l’ensemble des « démocraties » occidentales a basculé dans le camp des factions d’extrême droite…

L’accession à la présidence de Porochenko, que les médias présentent volontiers comme un « modéré », n’a en réalité strictement rien changé à la situation diplomatique et la répression des populations de l’est de l’Ukraine qui luttent contre le fascisme est passée à un stade supérieur. A Donetsk des hélicoptères et des avions de combat ont été engagés contre les insurgés qui tenaient l’aéroport et procédaient à des bombardements.

Près de Slaviansk, la Garde Nationale Ukrainienne, composée principalement de membres du groupuscule d’extrême droite Praviy Sektor appuyés par des mercenaires de Greystone Limited, a pilonné le centre du village de Semenovka. Selon les témoins les bombardements auraient duré plusieurs heures et deux immeubles auraient été en partie détruits, près du siège du service de sécurité.

A Marioupol des opérations sont toujours en cours et des blindés sont présents dans la ville, la mobilisation de la population ne faiblit pas pour autant et les civiles tentent au péril de leur vie d’arrêter les chars. Malheureusement vous ne verrez pas les images ci-dessous dans les grands médias occidentaux :

Face à la résistance populaire, les autorités de Kiev affirment toujours mener « une opération anti-terroriste », conseillées en cela par la CIA  et se sont félicitées dans un communiqué publié le 30 mai d’avoir « nettoyé une partie de l’est » de l’Ukraine. Le ministre de l’intérieur, membre du parti néo-nazi Svoboda a encore ajouté que les opérations militaires continueraient « jusqu’à ce qu’il y ait la paix ». Bel exemple de novlangue orwelienne, car pour Mykhaïlo Koval, la paix consiste précisément en l’éradication de tous les opposants :

Nos forces armées ont complètement nettoyé des séparatistes le sud et une partie de l’est de la région de Donetsk et le nord de la région de Lougansk

Il a également déclaré :

Nous ne laisserons pas cette gangrène se propager dans les régions voisines

Dans la bouche d’un responsable néo-nazi, ce genre de phrase devrait au minimum soulever l’indignation de la diplomatie occidentale, il s’agit ni plus ni moins que de l’affirmation d’un nettoyage ethnique. Au lieu de cela l’UE va fournir 3000 gillets par-balles et 7000 casques en kevlar afin de faciliter ces opérations de « nettoyage » des milices ukrainiennes !

Cette livraison d’armes va se faire à la demande du nouveau président « modéré » Porochenko lui même qui déclarait Lundi dernier :

Les sections et les unités doivent être mieux équipées. Elles doivent avoir un armement moderne, les meilleures munitions.

Cela en vue « d’augmenter l’efficacité des opérations anti-terroristes ». Pour mémoire je vous rappelle à quoi ressemblent la plupart des « terroristes » dans l’est de l’Ukraine :

Obama, Merkel, ne nous tuez pas !

 Sur le plan économique, la tâche principale de Porochenko va être de mettre en oeuvre les « réformes structurelles » exigées par le FMI en échange du prêt de 17 milliards accordé aux autorités Ukrainiennes. Ces réformes consistent principalement en une hausse substantielle du prix du gaz, le gel des pensions et des salaires des fonctionnaires et une coupe sombre dans les dépenses publiques.

Pendant ce temps là, les services de sécurité Russes (FSB) arrêtaient un groupe terroriste composé de membres de Praviy Sektor en Crimée alors qu’ils s’apprêtaient à commettre une série d’attentats. Mais tout va bien, eux, ce sont les gentils…

 

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