Fukushima: La pollution radioactive de l’Océan Pacifique, va se répandre sur toute la planète..

Air, terre, mer….le désastre s’amplifie et les gesticulations de TEPCO aussi. Mais que font les « experts » mondiaux? Est ce que l’appel à l’aide des japonais à la communauté internationale a été entendu?

Ken Buesseler est océanographe, maître de recherches en chimie marine et géochimie à l’Institut Océanographique de Woods Hole (WHOI), Massachusetts, et titulaire d’un doctorat en chimie marine obtenu via un programme joint du WHOI et du prestigieux MIT.

Il commence par nous présenter des données qui peuvent surprendre : les radionucléides d’origine naturelle présents dans les mers et océans, principalement le potassium 40 et l’uranium 238, représentent une quantité globale 150.000 fois plus importante que les matières radioactives crées par l’homme, tous chiffres confondus ! Il ne faut pas oublier que notre planète est majoritairement composée d’océans, d’où ces chiffres impressionnants…

Il nous décrit ensuite l’expédition qu’il a organisée suite à l’accident de Fukushima, pour aller y relever les niveaux de contamination de l’océan. Étudiant également les données fournies par TEPCO, l’opérateur de la centrale, ils trouveront des chiffres alarmants pour les premiers jours des rejets dans l’océan : plus de 50 millions de becquerels (de désintégrations radioactives par seconde) par mètre-cube. 

C’est 500.000 fois plus que les plus fortes contaminations océaniques causées par l’accident de Tchernobyl.

Ces chiffres ont très rapidement décru, pour repasser après environ 6 mois sous la barre des 8000 becquerels/m3, limite tolérée pour l’eau potable aux États Unis.. Par contre depuis, le niveau de contamination de l’océan près du Japon ne baisse que très lentement, beaucoup moins vite que prévu. Cela indique clairement que depuis le début de l’accident, une ou plusieurs sources de contamination de l’océan persistent.

C’est pourquoi la pêche reste interdite dans 5 préfectures, car les poissons, malgré qu’ils éliminent la moitié du césium qu’ils absorbent en 50 jours en moyenne, y dépassent encore la limite légale des 100 Bq/kg de césium, principalement les poissons de fond et les poissons d’eau douce. En janvier 2013, pas de changements spectaculaires.

On apprend également que le césium et autres matières radioactives ont mis environ 1 an pour atteindre les 180° de longitude, la moitié du chemin vers les États Unis. On annonce maintenant qu’elles devraient y parvenir en 2014.

Depuis cette vidéo, 5 mois se sont écoulés, et Fukushima refait surface dans les médias :

augmentation continuelle des taux de radioactivité dans les eaux souterraines au niveau de la centrale et de son port, aveu par l’exploitant TEPCO que depuis le début de l’accident, c’est par centaines de m3 QUOTIDIENS que les eaux souterraines dévalant sous les bâtiments, y pénètrent par les soubassements transformés en passoires, se mélangent aux tonnes d’eau injectés pour refroidir ce qui reste des réacteurs, se contaminent très probablement au contact des coriums issus de la fusion des coeurs des réacteurs, et s’en échappent pour aller se déverser naturellement dans l’océan.

Pour faire bonne mesure, on nous annonce que fuyant probablement depuis plus d’un mois, un réservoir parmi des centaines d’autres d’un même modèle « économique » prévu pour tenir 5 ans, même pas équipé d’une jauge, a laissé échapper 300 tonnes d’eau fortement radioactive, causant un nouvel accident classé officiellement niveau 3 sur l’échelle INES.

Avec l’espoir imbécile d’empêcher l’eau de se déverser dans l’océan (ou acculé par la pression des événements à l’obligation de « faire quelque chose »), TEPCO avait commencé à bâtir un mur étanche entre la mer et les réacteurs, et à solidifier le sol par injection de produits chimiques. Résultat, dans un des forages de vérification du niveau des eaux souterraines, on est par moments à 10 centimètres sous la surface du sol …

Quelle sera la situation dans 6 mois, dans un an ?

Bienvenue à Fukushima Daiichi, très officiellement en état d’arrêt à froid et donc situation totalement sous contrôle depuis DECEMBRE 2011 !

Une vidéo de 30 minutes réalisée à l’occasion du symposium « The Medical and Ecological Consequences of the Fukushima Nuclear Accident » (Conséquences médicales & environnementales de l’accident nucléaire de Fukushima) organisé par la fondation Helen Caldicott les 11 & 12 Mars 2013 à New York, traduite et sous-titrée par Kna (merci pour son travail).

La vidéo suivante montre la progression de la pollution radioactive de l’océan Pacifique depuis le début de l’accident nucléaire et pour les années à venir. Ne pas oublier, bien sûr, que toutes les mers sont reliées. L’alarme est jetée aux US pour la consommation des produits de la pêche du Pacifique.

 

Un article de Rusty James, publié par france.eternelle.over-blog.com et relayé par  Fred pour SOS-planete

 

19 commentaires

  • Mortimer Mortimer

    Répandre avec un A ;)

  • chamalo

    Hebergeur d'image

    C’est là que ça devient drôle.
    Après les pluies acides,
    Les pluies nucléaires !

    • Freija Freija

      Ca on n’en parle pas du tout…Alors que pourtant le cycle de l’eau est appris en primaire…

      C’est fou comme l’homme est doué pour faire l’autruche….

  • alex280571

    Bonjour,je bosse dans le nucleaire et je vais donner mon avis sur l’accident nucleaire de fukushima :les japonais en ont perdu le controle ,et il n’y a plus rien a faire…oui la radioactivité s’echappe dans l’atmosphere ,oui les coriums s’enfonce et se promene dans le sol et ne seront JAMAIS recuperé ,ces coriums polluront la terre pour des millions d’annees ,tant qu’il continueront a refroidir les reacteurs ,du moins la lave radioactive que sont les coriums ,l’eau se deversera dans l’ocean et polluera la terre entiere ,un jour ou l’autre ca atteindra nos cotes francaise (les oceans communique ),et je franchement je ne crois pas du tout que les barres de combustible situé sur les toits des reacteurs ,chez nous on appelle ca des piscines BK ,ou batiment combutible ,soit retiré un jour car il ne savent pas comment enlevés des trucs pareils sous a peine 10 m d’eau et en plus il sont obliger de les remplir en permanence parce que ca fuit.Et ce probleme concernentle monde entier ,l’ennui c’est que tout les gouvernement vivent dans le déni de cette catastrophe.Et il y aura des morts…Jusqu’au jour ou la radioactivité petera si fort ils ne pourront meme plus s’approcher du site ,d’ailleurs ca a commencer puisqu’il y a des zones qu’ils ne peuvent plus approcher!
    Je vais en choquer plus d’un en disant ca :il n’y a plus rien a faire

    • polemile

      D’accord avec toi Alex, mais des explications complémentaires permettent aussi de relativiser autant que se peut des pronostics apocalyptiques bien que la situation permette de les penser.

      Si réellement les assemblages stockés dans la piscine ne sont recouverts que de 10 cm d’eau et qu’il n’est plus possible de faire monter le niveau, la manutention d’éléments combustible irradiés hors eau serait inédite. Il faut espérer que les ingénieurs ont mis au point un système permettant de réaliser ces manutentions dans de telles conditions. Il faut également se poser la question sur l’état du gainage des crayons qui est probablement fragilisé par les caractéristiques chimiques de l’eau servant au refroidissement actuel. La structure du bâtiment s’étant effondrée dans la piscine, il y a probablement des corps étrangers dans les racks ce qui pourrait coincer l’extraction des assemblages.
      L’ampleur des problèmes à surmonter est considérable et aggravée par les conditions radiologiques locales de travail.

      Quand à la gestion des effluents liquides, le système de refroidissement ultime mise en place en catastrophe est rudimentaire. L’eau circule en boucle ouverte, avec un système de récupération partiel. Une partie est récupérée et stockée en vue d’un traitement dans une installation montée en urgence et présentant de nombreux aléas de fonctionnement. L’autre partie s’écoule par les fuites dans les nappes souterraines. Le système de mur souterrain étanche s’avère être défaillant puisque des effluents sont retrouvés dans l’océan. La zone souterraine entre la centrale et l’océan est contaminée pour de nombreux siècles. L’espoir étant que les réseau d’eau phréatique ne propage pas la contamination sur des périmètres plus lointains.

      En ce qui concerne les coriums, pour l’instant personne ne peut savoir comment ils évoluent. On peut seulement contrôler leur présence dans la nappe phréatique par des analyses radio-chimiques des effluents récupérés dans l’océan ou dans des forages piézo. Toujours est-il que la récupération de ces coriums s’avèrera très laborieuse, voir impossible en fonction du lieu ou ils se trouvent. A Tchernobyl, une des premières mesure de sauvegarde après l’accident a été de creuser des tunnels sous le bâtiment réacteur pour y installer un système de congélation pour empêcher la descente du corium dans la terre. Savez-vous au demeurant, que les autorités russes avaient sérieusement envisagé de faire exploser une bombe nucléaire sur la centrale de Tchernobyl pour éliminer tous le combustible irradié et les radio nucléides ? Pas si bête, en somme, puisqu’une explosion nucléaire ne laisse pas de radioactivité (Hiroshima a été reconstruit sur le lieu de l’explosion).

      Bien entendu, des risques potentiels forts existent. L’effondrement de la piscine en cas de nouveau séisme serait une catastrophe majeure au niveau planétaire. La dissémination des apports continus de radionucléides par l’océan aura des conséquences certaines sur la faune et la flore marine. Les poissons et crustacés seront-ils encore comestibles à long terme. (au demeurant, y-a-t-il des contrôles de radioactivité des poissons pêchés et vendus sur les marchés? rien n’empêche un poisson contaminé de migrer depuis Fukushima vers un endroit de pêche)

      Fukushima n’est qu’un épisode écologique dramatique issu de l’action humaine, d’autres épisodes liés à l’activité humaine sont en train de se dessiner, ils seront bien plus dévastateurs de vie (pollutions chimiques de la terre, CO2, surpopulation terrestre, non maitrise de l’énergie consommée, manipulations génétiques orientées dans le mauvais sens, guerres de plus en plus terrifiantes et destructrices ….) sans compter les cycles naturels de la terre provoquant cataclysmes et famines. Et l’ultime risque majeur pour l’humanité, c’est que sont destin est accroché une seule personne qui peut appuyer sur le bouton de l’apocalypse nucléaire. Ce risque n’est pas si éloigné de la réalité en référence à un acte récent d’un être humain ayant appuyé sur le bouton de déclenchement de gaz de combat pourtant proscrit par les institutions mondiales.

      Donc, mon cher Alex, un jour ou l’autre, c’est une fatalité, nous allons tous mourir, de mort naturelle ou alors de mort provoquée intentionnellement ou accidentellement.
      Mieux vaut vivre le présent et jouir de ce que la vie nous offre dans l’instant. La faucheuse viendra nous cueillir au moment que nous n’attendons pas et d’une manière que nous ne pensions ou ne savions pas. Alors nous risquerions de regretter ce que nous avons oublié d’aimer en nous focalisant sur ce que nous n’aimions pas.

      (ce qui n’empêche pas d’être acteur pour améliorer notre humanité)

      • Freija Freija

        Votre attitude de jouir du jour présent n’est pas fausse mais penser tout de même à la Terre que vous allez léguer à nos enfants…

        Les précédents nous ont laissé des églises, des chateaux, des pyramides, des temples…
        L’homme moderne laisse des décharges, des sites contaminés, du béton, des ordures, du béton et des ordures…

    • Freija Freija

      Non Alex vous ne me choquez pas.

      L’homme ne maitrise pas du tout l’énergie nucléaire; et le bricolage de Tepco pour sauver la face est affligeant. Mais il faut bien qu’ils fassent genre ils font quelque chose…

      Je suis en colère contre la race humaine de ne pas savoir, depuis quelques siècles, apprécier toute la beauté de la vie sur terre et de tout massacrer ainsi…Nous sommes une espèce intelligente mais nuisible. Nous devons donc disparaitre.

      Si c’est à cause du nucléaire, les prochains dominants seront les arbres et les scorpions…mais tout mammifère de plus de 4 kg ne survivra pas…

  • il y a bien une solution … mais elle est insensée !! pour l’instant … elle dépasse l’entendement de chacun dans ce présent … avant nous devons ou allons passer par « le grand nettoyage » …

  • carlusmagnus carlusmagnus

    Grâce aux moutons j’avais suivi l’affaire. C’était tellement énorme que personne ne me croyait.
    J’ai eu quelques levers de sourcils étonnés quand ils en ont entendu reparler à la tv y a quelques semaines « ah bon, c’est pas fini ce truc là? »
    Non ce n’est pas fini, ce n’est que le début :-(

  • laspirateur

    Ah voilà qui me rassure! Je pensais être le seul à croire après le 11 mars 2011 et les mois qui ont suivi que les tonnes d’eau hautement radioactives se propageraient autour du globe!
    Après le tsunami on a aussi je le rappelle retrouvé tout un tas de débris en Alaska quelques mois plus tard. Ne croyons pas que nous serons épargné car la situation est partie pour durer.
    Il me semble que les indices sur les sites de relevés de radioactivités en France ont été largement révisés à la hausse.

  • laspirateur

    On pourra bientôt je l’espère mesurer la radioactivité sur notre portable et pour tout ce qu’on ingèrera! On pourra aussi crier échec et mat quand les cancers auront explosés et que le bio qui n’en n’est déjà plus vraiment sera du non radioactif!

  • Remifasol57

    400 personnes à la manif hier à Metz pour fermer la centrale nucléaire de Cattenom … presque que des anti nucléaires en majorité allemands …Le message ne passe pas pourtant à Fukushima, le désastre, c’est depuis le 11/03/11 . . . je vous conseille la page face de BOUK de Iori Mochizuki https://www.facebook.com/FukushimaDiaryFR?fref=ts ou son site http://fukushima-diary.com/

    Il traduit des tweets des travailleurs de Fukushima, un grand Monsieur de l’info sur cette MÉGA CATASTROPHE

    • Nicotine9mg Nicotine9mg

      400 courageux!
      400, c’est très peu, et combien pour se moquer d’eux avec cette phrase-culte immonde : »OUH! idiots ces écolos de m….!Qu’est-ce qu’ils veulent, revenir à la bougie??? »
      J’habite entre Tricastin et Marcoule, donc je connais cette haine que je ne m’explique pas. Les gens ne sont pas tous des abrutis, ils demandent juste à être informés, à ce qu’on ne les prenne pas pour des débiles. C »est comme si on vivait à coté d’un volcan, il y a des risques que ça pète. OK! Quand un volcan présente des signes d’activité dangereux, les habitants sont prévenus, et ils décident ou non d’agir en conséquence.
      Mais dès qu’on touche au nucléaire, on est traité comme des gosses de maternelle, c’est odieux. Ce qui m’écoeure le plus c’est de voir tous ces héros anonymes qui se sacrifient dans l’indifférence absolue, ceux qui essaient des solutions, que ce soit à Tchernobyl ou à Fukushima, et je pense aux équipes de secours, de sécurité de Tricastin qui se sont mis en grève au printemps pour alerter sur le manque total …de sécurité, et le manque de moyens, d’effectifs.
      Je me demande si la grande majorité des français n’aurait pas des pulsions suicidaires inconscientes. Ou conscientes?
      Un problème que je rencontre, quand je cherche les infos pour les relayer, c’est qu’il faut aller à la pêche, de-ci, delà, sans compter les vidéos qui disparaissent,j’ai parfois l’impression d’une guerre « d’egos » qui règnerait dans les associations, les groupes locaux de Greenpeace-France même,parfois.
      Bien faite, dommage que les cartes soient trop petites, l’info de STOP-TRICASTIN.ORG