Les derniers événements en Egypte en bref et en résumé (mise à jour)

Pas besoin de faire de longs romans, les faits se suffisent à eux même, et c’est clairement un début de guerre civile qui se déroule actuellement dans le pays:

  • La police égyptienne a commencé, très tôt egyptemercredi 14 août, à évacuer de force plusieurs places du Caire, occupées depuis six semaines par les partisans du président déchu Mohamed Morsi. L’opération, que le pouvoir ne voulait pas voir se transformer en « bain de sang », a pourtant fait de nombreuses victimes.
  • Deux journalistes tués. Mick Deane, un cameraman de la chaîne britannique Sky News, a été tué par balle ce matin, a confirmé la chaîne.
  • Un peu plus tôt, une journaliste des Emirats arabes unis, Habiba Ahmed Abd Elaziz, qui travaillait pour un média de Dubaï, avait également été tuée par des tirs. 
  • Plusieurs journalistes arrêtés, certains battus. Plusieurs journalistes présents sur place ont été brièvement détenus par la police. Certains racontent avoir été frappés par les forces de sécurité. Ceux qui ont été arrêtés en possession d’appareils photo ou de caméras ont vu leur matériel saisi ou leurs cartes mémoires effacées.
  • Des affrontements ont actuellement lieu à balles réelles sur la place Nahda
  • Cinq personnes au moins ont été tuées à Suez, où des pro-Morsi ont tenté de prendre des bâtiments publics, selon des sources médicales. Des témoins précisent que les manifestants ont attaqué les bureaux du gouverneur provincial et un véhicule blindé a été incendié dans les affrontements qui ont suivi.
  • A Minia et à Assiout, deux villes au sud de la capitale, des affrontements entre police et militants ont été rapportés par les services de sécurité. Dans la région, plusieurs routes auraient été bloquées par les islamistes avec des pneus brûlés. Dans la province du Fayoum, neuf personnes seraient mortes lors de tels affrontements, selon des sources médicales citées par Reuters. L’agence officielle de presse Mena fait elle état de dix-sept personnes tuées.
  • La communauté copte, qui avait contribué à la destitution de M. Morsi, est notamment prise pour cible dans plusieurs villes du pays. A Sohag, l’église  Saint-George a ainsi été incendiée à l’aide de cocktails Molotov
  • A Suez, l’église anglicane du Saint-Sauveur est également prise pour cible. Deux autres églises auraient été attaquées et en partie incendiées dans les mêmes conditions à El Nazla et à Minia. Le responsable allemand de l’ONG Human Rights Watch fait même état d’un total de six églises incendiées.
  • La présidence égyptienne a finalement annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans tout le pays à compter de 16 heures, et pour une durée minimale d’un mois. Dans un communiqué diffusé par la télévision, elle ordonne par ailleurs à l’armée d’apporter son soutien aux forces du ministère de l’intérieur pour établir la sécurité.
  • Le ministère de la santé égyptien fait état d’au moins 95 morts dans tout le pays, alors que l’AFP avance le nombre de 124 manifestants pro-Morsi tués sur la seule place Rabiya Al-Adawiya. Ce bilan ne tient pas compte des morts éventuels des autres rassemblements au Caire, ni de ceux d’autres affrontements en cours dans le pays.
  • Les Frères musulmans, qui parlent de « massacre », évoquent de leur côté le chiffre de 500 morts et au moins 10 000 blessés. Le ministère de la santé fait état de 15 morts, dont 5 parmi les forces de sécurité, et 179 blessés. Un caméraman de Sky News, Mike Deane, a été tué par balle, rapporte la chaîne britannique, ajoutant que ce sexagénaire, père de deux enfants, « travaillait depuis quinze ans » pour la chaîne.

Sources: Le monde (1), Le monde (2), Le monde (3), Le monde (4). Un « live » pour suivre l’évolution en temps réel est disponible ici.

 Rapide mise à jour vu l’heure (03H55) et que je vais me reposer un tout petit peu. La situation a beaucoup évolué avec un couvre-feu qui a été mis en place et un ministre qui démissionne entre autres faits à prendre en compte.

Le vice-président égyptien, le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, a présenté sa démission au président par intérim, après l’intervention sanglante des forces de l’ordre pour déloger les partisans du président destitué Mohamed Morsi de deux places du Caire.

« Il m’est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord et dont je redoute les conséquences », écrit-il notamment dans sa lettre au président Adly Mansour.

Il y déplore les morts « notamment parce que je crois qu’elles auraient pu être évitées ».

« Malheureusement, ceux qui vont tirer profit de ce qui s’est passé aujourd’hui sont ceux qui appellent à la violence et à la terreur, les groupes extrémistes », poursuit-il.

Au moins 124 manifestants ont été tués sur la seule place Rabaa al-Adawiya, selon un décompte effectué sur place par un journaliste de l’AFP.

Le ministère de la Santé a affirmé pour sa part que les opérations de la police et de l’armée pour disperser les manifestants partisans du président islamiste déchu ont fait mercredi 149 morts dans toute l’Egypte.

L’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et figure de l’opposition laïque avait été nommé début juillet vice-président en charge des relations internationales.

Nommé par l’opposition pour la représenter au sein de la transition, il était apparu à la télévision aux côtés du général Abdel Fattah al-Sissi, chef de la toute-puissante armée et nouvel homme fort du pays, lors de l’annonce de la déposition de M. Morsi, le 3 juillet.

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Source: 7sur7.be

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