Belgique: Fabrique clandestine de cigarettes démantelée à Ghlin

Pour ceux qui seraient persuadés que les cigarettes de contrebande sont forcément importées de Chine… Faut croire que non avec la découverte de cette fabrique directement en Belgique.

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Plus de 25 tonnes de tabac, d’énormes quantités de filtres et de papiers à cigarette ont été découverts jeudi matin dans une usine clandestine de fabrication de cigarettes de contrefaçon. Deux individus d’origine polonaise ont été placés sous mandat d’arrêt. La découverte est une première nationale en Belgique.

Le Procureur du Roi de Mons, Christian Henry, parle de « quantités industrielles » en évoquant les tonnes de tabac et de cigarettes de contrefaçon découvertes jeudi matin dans les sous-sols d’une ancienne usine, lors d’une perquisition au terme de plusieurs mois d’enquête menée par la police fédérale et les services des douanes et accises.C’est en effet sur une véritable fabrique de cigarettes à très grande échelle internationale que quelque 60 enquêteurs, policiers fédéraux et locaux, inspecteurs des douanes et accises, unités spéciales de la police fédérale, sont tombés jeudi matin. Les locaux étaient savamment aménagés et insonorisés avec des cartons à oeufs, installés dans une partie des anciennes infrastructures de la société « Brassico » dans le zoning de Ghlin-Baudour où un va-et-vient de camions et de véhicules avait fini par mettre la puce à l’oreille des enquêteurs.

Clandestins
L’enquête avait débuté en septembre 2012 à la suite d’informations des services des douanes auxquels se sont joints ceux de la police fédérale. « Nous pensions initialement à une culture de cannabis mais pas à une usine de cigarettes, » a indiqué le procureur du Roi de Mons Christian Henry.

Sept personnes, des travailleurs clandestins de la fabrique, ont été découvertes lors de la perquisition dans un loft spécialement aménagé dans les étages du bâtiment où elles étaient logées. « Ces personnes étaient logées dans un certain confort, avec deux surgélateurs, un frigo bien rempli, des douches, des gazinières, des lits, » a indiqué Christian Henry. « Leurs locaux n’avaient pas de fenêtres mais un système d’aération avait été installé. »

L’accès au sous-sol du bâtiment avait été savamment dissimulé dans un petit bureau factice situé au rez-de-chaussée, qui permettait de descendre via un élévateur dans l’atelier où étaient installées de nombreuses machines de production. Dans le lot des saisies, les enquêteurs ont mis la main sur 414.720 cigarettes prêtes à la commercialisation, une quantité représentant apparemment la production d’une seule journée.

25,2 tonnes de tabac en vrac
Au total, les enquêteurs ont découvert 25,2 tonnes de tabac en vrac, dont la qualité reste à démontrer, pour la production de 50.400.000 cigarettes. Des emballages vides pour une quantité équivalant à 16 tonnes de cigarettes, soit 11.520.720 pièces, déjà écoulées ont également été découverts, en plus des 414.720 cigarettes prêtes à la commercialisation.

Les contrefaçons, de la marque anglaise « Regal King Size », étaient plus que probablement destinées à être écoulées sur le marché anglais où le paquet est vendu à quelque 8 euros, avec une énorme marge bénéficiaire. Les mêmes cigarettes étaient également accessibles via internet à 3,5 euros. Selon l’inspection des Douanes et Accises, l’ensemble des droits et taxes éludés est estimé à plus de 22.181.946 euros. « Seize tonnes, représentant 8.495.575 euros de droits et taxes éludés, ont déjà été écoulées, » a précisé Michel Urbain de l’inspection des recherches des douanes et accises.

Jusqu’à 15 ans de prison
L’enquête, qui s’oriente vers le réseau criminel international, se poursuit. La marque anglaise de cigarette « Regal » devrait se porter partie civile. Deux individus d’origine polonaise ont été placés sous mandat d’arrêt jeudi du chef d’organisation criminelle et de contrefaçon. Un troisième, dont l’origine n’a pas été précisée, était auditionné vendredi.

Les organisateurs de l’association criminelle risquent jusqu’à 15 ans de prison, les participants jusqu’à 3 ans, un tarif auquel viendra s’ajouter les peines douanières. Les sept travailleurs d’origine moldave, dont on soupçonne qu’ils étaient exploités dans la fabrique, ont quant à eux été relaxés à la suite d’une procédure avec l’Office des étrangers. De sources de l’enquête, le réseau criminel pourrait avoir bénéficié d’un appui logistique local.

Cette découverte est, selon les enquêteurs, une première nationale au niveau de son envergure et du fait qu’elle est le résultat d’une enquête. Pareille saisie avait en effet été opérée en 2011 à Seraing, fortuitement, après l’incendie d’un bâtiment.

Source et photos supplémentaires: 7sur7.be

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