Taxer les dépôts bancaires en France ? « Théoriquement, c’est possible »

Déjà que la demande de la Goldman Sachs à la France de baisser les salaires de 30% je ne le sentais pas, alors ça!!! Je le sent encore moins personnellement…

Le parlement chypriote doit se prononcer mardi sur la taxation des dépôts bancaires prévue dans un plan de sauvetage imposé par Bruxelles. Une telle mesure est-elle applicable en France ? Réponse de Maxime Chipoy, spécialiste des banquesà l’UFC-Que Choisir.

Chypre est-elle acculée à saborder son système bancaire ? Nicosie s’apprête à voter une mesure de taxation allant de 6,75% pour les dépôts bancaires en deçà de 100.000 euros et de 9,9% pour les sommes au-delà. Une mesure qui pourrait rapporter 5,8 milliards à Chypre, au bord de la faillite. Mais surtout une condition sine qua non à l’octroi d’un prêt de 10 milliards d’euros de l’Eurogroupe dans le cadre d’un plan de sauvetage de l’île. Cette taxe est-elle imaginable en France ? Maxime Chipoy, spécialiste du secteur bancaire à l’UFC-Que choisir répond aux questions de MyTF1News.

Cette taxation des dépôts bancaires à Chypre suscite une vague d’effroi sur les marchés financiers. Peut-on l’appliquer en France ?

Théoriquement, oui, cette mesure est tout à fait applicable en France. Aucun texte légal n’interdit une taxation des comptes de particuliers dans l’Hexagone. En clair, si la France devait un jour faire appel à la zone euro pour sauver son économie, Bruxelles pourrait très bien exiger en échange d’un prêt une nouvelle taxe sur les comptes bancaires. Car, petit rappel, le patrimoine bancaire des Français avoisine les mille milliards d’euros. C’est une manne qui peut rapporter gros et en cas d’urgence, on pourrait être tenté…

La France pourrait-elle un jour être concernée ?

Rassurez-vous, on en est loin. A Chypre, cette taxation a été considérée comme un moindre mal, le remède le moins douloureux pour sauver le pays du gouffre financier. La situation ici n’est pas comparable : même si la France peine à rentrer dans les clous de l’orthodoxie budgétaire européenne, elle n’est pas encore en banqueroute. Et puis, il ne faut pas oublier le poids politique du pays. Ce que l’Eurogroupe tente d’imposer à Nicosie, il aura sans doute plus de mal à l’exiger de Paris, poids lourd en Europe.

Mais en cas de situation critique, en dernier recours, est-ce possible ?

En cas d’extrême urgence, si toutes les autres solutions ont été écartées, ça reste comme je le disais, théoriquement envisageable. Car, il y a cette fameuse manne de l’épargne des particuliers. Mais franchement, j’en doute. D’ailleurs, il suffit de se souvenir de l’Argentine, en proie à une crise financière gravissime au début des années 2000. Là aussi, le secteur bancaire avait été durement frappé. Les comptes avaient été bloqués. Mais jamais, ils n’ont tapé dans le portefeuille des Argentins. Et puis, imaginez, une taxe de 10% sur les dépôts  en France. Ce serait l’explosion !

Source: lci.tf1.fr

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