Nouvelle approche des chambres magmatiques

Des chercheurs de l’Université de Bristol (Grande Bretagne) ont publié dans le Journal of Geophysical Research les résultats d’une nouvelle étude censée aider les scientifiques dans la compréhension des processus de formation des chambres magmatiques et le déclenchement des éruptions. La recherche a été financée par le Conseil Européen de la Recherche.

Caldeira de Crater Lake (Etats Unis)

© Claude Grandpey
Caldeira de Crater Lake (Etats Unis)

C’est bien connu : à l’issue des éruptions les plus violentes, il peut se produire l’effondrement du couvercle qui se trouve au-dessus du réservoir magmatique qui vient de se vider. Il se forme alors une dépression appelée caldeira. Il s’agit de l’un des événements les plus dévastateurs sur Terre car il menace les zones habitées à proximité et peut avoir un impact sur le climat de la planète.

L’étude, réalisée par deux étudiants du département des Sciences de la Terre de l’Université de Bristol, montre que les chambres magmatiques susceptibles de provoquer des éruptions donnant naissance à des caldeiras se développent probablement plus rapidement et avec une montée de magma initiale plus faible qu’on le pensait jusqu’à présent.

L’idée la plus répandue jusqu’aujourd’hui était que seule une augmentation progressive de l’alimentation magmatique pouvait former la chambre magmatique de grande envergure nécessaire au déclenchement d’une forte éruption entraînant la formation d’une caldeira.

Contrairement à cette hypothèse, les modélisations informatiques réalisées par les chercheurs montrent que cette formation n’est guère possible avec une alimentation magmatique progressive. Cette alimentation doit augmenter très fortement et presque instantanément, en tout cas beaucoup plus fortement que la normale, pour donner naissance à un volumineux réservoir magmatique.

Si cette hypothèse se vérifie, il sera vraiment difficile de prévoir de telles éruptions volcaniques dans la mesure où les signes annonciateurs tels que la déformation du sol ne pourront être détectés que très peu de temps avant le début de l’éruption.

Via Sott.net

Un commentaire

  • Eagleeyes Eagleeyes

    Hello,

    Cette modélisation n’est pas neuve à l’instar de cette théorie qui n’est valable que pour certains cas et non une généralité. Exemple de contradiction avec cette théorie, El Hierro. Plusieurs scientifiques se sont penchés sur ce risque, et leurs études ont démontré que le plancher de la chambre magmatique, c’est progressivement désagrégé.
    La pression augmente suivant cette « usure » du plancher et surtout par la poussée magmatique due aux mouvements des fluides mantellaires.
    En bref, si l’orifice d’entrée se situe à l’aplomb d’un mouvement ascendant des fluides magmatiques, couplé à une fragilisation du plafond de la chambre, alors les conditions sont réunies pour l’explosion de cette chambre, et son effondrement créera ainsi la caldeira.

    NB : Une caldeira déjà formée peut toujours abriter une nouvelle chambre magmatique aussi active que la précédente, c’est le cas de Yellowstone.