Mini-revue de presse du week-end du 26-27 janvier 2013

Une mini-revue de presse ce week-end car j’ai également beaucoup d’occupations à côté du blog, dont un boulot et une famille. Ce ne seront donc que quelques liens glanés ici et là que je vous propose, certaines infos valant néanmoins leur pesant de cacahuètes. Pour les e-mails, je le précise en fin de revue de presse, ma boite déborde, plus d’une cinquantaine à traiter et avec toute la meilleure volonté du monde, il m’est difficile de tous les traiter en temps et en heure, je conseille donc à ceux qui veulent absolument faire passer-relayer les informations d’utiliser le forum même si celui-ci est encore en anglais, des personnes sont en train de le traduire et le travail en est à 95% aux dernières nouvelles. Bonne lecture à tout le monde et surtout, passez une bonne semaine.

sheepTV

  • Pour un salaire juste: « L’usine Honda Nanhai, dans la province du Guangdong, a connu en 2012 une importante grève qui a par la suite servi de modèle à d’autres. L’analyse de l’évolution des grèves du début des années 2000 à aujourd’hui en Chine révèle un changement fondamental : le passage de la conscience de la loi à la conscience des droits. »
  • A Davos, une finance « intouchable ». Attention, Jamie Damon s’est exprimé là-bas, selon lui: « l’industrie financière devrait pendant « encore cinq ans » avoir à supporter « les doigts pointés, le rôle de bouc émissaire, la désinformation » par rapport à leur rôle dans la crise financière qui a ébranlé le monde en 2008″.

 

Ma boite e-mail déborde, j’ai pu m’occuper de quelques e-mails mais il en reste beaucoup à traiter, et je fais le maximum de ce côté là, même avec du retard… En voici quand même quelques uns parmi d’autres que je vous relaie ici.

  • L’administrateur du blog timetothink.fr car il débute et souhaite se faire connaître un peu, donc n’hésitez pas à le visiter, à le conseiller même, le job est difficile! Et que l’info circule au maximum!!!
  • David31 m’a envoyé un e-mail avec une proposition d’article. Ce n’est pas par mauvaise volonté mais je manque cruellement de temps et fais le maximum, je vous propose néanmoins son article ici car le sujet le touche, et vous relaie l’e-mail tel quel:
Je me suis inscrit il y a quelque temps sur le blog en tant que David 31. J’avais parlé à l’époque du dessous des cartes à propos du scandale du LIBOR. Aujourd’hui j’aimerais vous faire part d’une nouvelle qui me touche plus personnellement puisqu’il s’agit de mon ancien professeur d’économie aux Mines de Paris, mais qui nous concerne tous.
A titre personnel, cela fera déjà pas loin de deux ans que j’ai laissé le Système derrière moi, au terme d’un parcours m’ayant conduit vers la sortie qui aura commencé en 2009, sans jamais avoir vraiment été accepté en son sein, tout juste toléré, ce que je ne saurais regretter au vu des événements en cours, y compris cette disparition « soudaine ».
Si vous le souhaitez, vous pouvez publier ce qui suit.
Bonne journée,
David
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Gilles Le Blanc a été retrouvé mort – d’un arrêt cardiaque – dans sa chambre d’hôtel à Venise en début de semaine, lundi 21 janvier 2013, avec un petit sachet de cocaïne en sa possession, à l’âge de 43 ans, laissant sa compagne et leurs deux enfants derrière lui. Polytechnicien, diplômé de la London School of Economics, il était devenu directeur du centre de recherche en économie industrielle de l’école des Mines de Paris (CERNA) avant de rejoindre Aurélie Filipetti au ministère de la culture en tant que directeur-adjoint de son cabinet, en charge de la presse, du numérique, et de l’enseignement supérieur.
Quoique l’on puisse penser de la consommation de cocaïne dans les cercles proches du pouvoir et de la finance, les overdose sont rarissimes. Dans un contexte angoissant où le divorce n’aura jamais été aussi palpable entre les discours assurés des hommes politiques – et leur singulier manque d’à propos quand on apprend pour certains qu’ils ont passé leurs vacances de Noël sous les cocotiers – et ce que ressentent les gens dans leur quotidien, il est difficile de croire à un simple malheureux concours de circonstances quand on apprend qu’un arrêt cardiaque a frappé quelqu’un qui l’an passé encore était un enseignant brillant et dirigeait un centre de recherche en économie, et devenu depuis le directeur adjoint de cabinet de la ministre de la culture, c’est-à-dire en substance une de ces personnes chargées de travailler les dossiers de ministres qui ne font que régurgiter des conclusions allant systématiquement dans un sens totalement opposé à ce qu’un travail intellectuel rigoureux aurait du amener à dire.
C’est un phénomène qui a déjà pu être observé en Grèce où la tension nerveuse qui résultait de ce grand écart a conduit à l’hôpital plusieurs ministres et leurs collaborateurs pour des malaises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, du surmenage,…  Mais autant la Grèce est un pays où la population et son corps politique sont notoirement réputés ne pas être très à cheval sur le respect des règles, à commencer par l’honnêteté intellectuelle, autant il en va tout autrement en France où la règle impérative est que les choses doivent être en ordre, à défaut de quoi on se retrouve impitoyablement écarté. Je pense, et cela n’engage que moi, que la tension nerveuse doit être à son paroxysme dans les ministères. Et une fois que les collaborateurs des ministres – et c’est ce qui est en train de se passer – auront rendu les armes d’une façon ou d’une autre, leurs patrons seront en première ligne, tenus pour la première fois de leur vie d’assumer eux-mêmes la paternité de leurs discours.
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Nous apprenons avec une grande tristesse le décès brutal de Gilles le Blanc, à l’âge de 43 ans, qui a longtemps blogué pour Rue89. Il est mort d’un arrêt cardiaque, alors qu’il était à l’étranger pour un voyage privé.

Gilles Le Blanc était un économiste brillant, professeur à l’Ecole des Mines. Il travaillait sur les questions industrielles, de concurrence, de globalisation, de délocalisations et d’innovation. A la fois du point de vue des entreprises et des politiques publiques.

Il nous avait contactés fin 2008, au moment du lancement d’Eco89, devenu Rue89 Eco, pour nous proposer un blog. Il avait proposé de l’appeler Le Bazar des entreprises pour refléter la complexité des problématiques industrielles.

C’était toujours un plaisir de discuter avec cet économiste passionné et modeste, aimant le débat mais aussi les approches pragmatiques. Il était proche du PS, mais pensait très souvent à contre-courant. Passionné de politiques publiques, il n’oubliait jamais non plus d’analyser qui, au sein de la technostructure, était derrière les décisions. C’était aussi un homme d’une gentillesse et d’une délicatesse rare, père de deux enfants.

Aurélie Filippetti, dont il était proche, l’a recruté l’an dernier dans son cabinet, au ministère de la Culture et de la Communication. Il occupait le poste de directeur adjoint, en charge de la presse, du numérique et de l’enseignement supérieur. Avant cette nomination, il réfléchissait à l’idée de poursuivre ses recherches aux Etats-Unis.

Nous adressons à sa famille et ses amis nos plus chaleureuses condoléances.

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http://www.ndf.fr/nos-breves/23-01-2013/un-sachet-de-cocaine-retrouve-sur-gilles-le-blanc#.UQLAG_Kzk7s

Selon Boulevard Voltaire, les médias français n’ont pas tout dit à propos du décès de Gilles Le Blanc, directeur adjoint du ministre de la Culture, Aurélie Filippetti (exemple avec Rue89). Citant le quotidien italien Corriere Veneto, notre confrère affirme que « dans la poche de sa veste, les carabiniers ont trouvé un sachet de cocaïne d’un demi-gramme. Une quantité qui s’inscrit dans les limites de la consommation personnelle autorisée par la loi italienne. » « Les carabiniers cherchent maintenant à savoir où Gilles Le Blanc s’était procuré cette drogue et si sa mort est due à une overdose ou si la drogue est pour quelque chose dans son décès. Hypothèse des plus vraisemblables si la cocaïne était coupée d’autres substances toxiques », continue Boulevard Voltaire qui s’étonne du silence des médias de masse francophones. Un peu comme pour la mort franchement misérable de Richard Descoing, le Président de Sciences Po. Il ne faudrait surtout pas ouvrir les yeux de nos contemporains sur le mode de vie et les pratiques courantes de l’oligarchie, cela en dirait beaucoup plus sur leurs idées que leurs déclarations publiques…

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http://www.mines-paristech.fr/Actualites/Nos-pensees-a-Gilles-Le-Blanc/393

Le Cerna et l’ensemble de MINES ParisTech sont sous le choc de la disparition, à 44 ans, de Gilles Le Blanc.

Gilles a rejoint le Cerna dès sa sortie de Polytechnique en 1992, pour y entamer une carrière de chercheur et de professeur. Dans les années 1990, en parallèle de sa thèse sur les industries de programmes (spatiales et militaires), il a très activement contribué aux travaux du Cerna sur le post-socialisme en Russie. Dès 1998, il a commencé à travailler sur l’économie des télécoms face à la numérisation. Son passage à la London School of Economics a complété sa formation théorique en économie. Il est alors devenu Directeur du Cerna et Professeur d’Economie à l’Ecole des Mines. Ses qualités pédagogiques ont aussitôt fait l’unanimité. Contribuant à de nombreux articles et ouvrages sur l’économie numérique et les politiques industrielles, Gilles exerçait aussi une activité de blogger et de débatteur dans les médias. Il a quitté l’école en juin 2012 pour rejoindre le cabinet de la Ministre de la Culture.

C’est un ami de 20 ans, un collègue brillant, un professeur apprécié, dont la disparition laisse ses proches de l’Ecole des Mines dans une immense tristesse.

 

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