Gaza : des journalistes sous le feu de l’armée israélienne

Et si on revenait un peu sur la liberté de la presse qui n’est pas très reluisante en France, mais le phénomène est généralisé, surtout s’il s’agit d’Israël, là, les journalistes ont tendance à ne plus informer du tout! La France est pour l’année 2012 est en 38ème position alors qu’en 2002, elle était en 11ème position, et en 31ème au moment de l’élection de Sarkozy.

À Gaza, les journalistes ont fait partie des victimes des récents bombardements israéliens. Dans un communiqué daté du 21 novembre, Reporters Sans Frontières rappelait qu’« une dizaine de bureaux de médias au total ont été touchés les 18 et 20 novembre 2012 » et que trois journalistes avaient été tués et onze autres blessés. Des journalistes ? Pas vraiment. Plutôt des « boucliers humains ». Des journalistes ? Pas vraiment, s’ils sont palestiniens. Ainsi se justifie l’armée israélienne lorsqu’elle cible les bureaux des médias, et les journalistes eux-mêmes.

Rappel de quelques faits (d’après RSF)

- 18 novembre : six journalistes blessés dans un tir contre la tour Al-Shawa Wa Hassri et trois journalistes d’Al-Aqsa, blessés dans le bombardement du bâtiment Al-Shourouk, connu comme « l’immeuble des journalistes ».
- 19 novembre : deux journalistes blessés par une salve de missiles tirés sur le bâtiment Al-Shourouk ; selon le porte-parole de l’armée israélienne, l’aviation visait Ramez Harb, un responsable de la communication de Saraya Al-Qods, la composante militaire du Jihad islamique.
- 20 novembre : deux cameramen palestiniens de la chaîne de télévision du Hamas, Al-Aqsa TV, Mohamed Al-Kawmi et Hossam Salameh, ont été tués dans le bombardement de leur véhicule, clairement estampillé comme véhicule de presse, par l’aviation israélienne.
- 20 novembre : vers 20 heures, Mohammed Moussa Abu Eisah, directeur exécutif de la radio éducative Al-Quds, a été tué a par un tir de missile alors qu’il circulait à bord de son véhicule.


- 20 novembre : la tour où est installé le bureau de l’AFP à Gaza a été visée par l’armée israélienne. Le 20 novembre, un tweet du Chef de Bureau de la BBC au Moyen-Orient résumait :

« Je ne crois pas avoir déjà couvert un conflit durant lequel autant d’immeubles abritant les médias ont été délibérément pris pour cible par un gouvernement ».

Des « boucliers humains » ?

Selon Libération.fr, « l’armée israélienne a confirmé avoir visé « un centre d’opérations du renseignement du Hamas, délibérément situé dans un bâtiment des médias ». » Un échange de tweets confirme que le bâtiment a effectivement été délibérément visé, et nous offre une première version de la « thèse officielle » israélienne : celle des « journalistes boucliers humains ».

Plus clairement encore, pour tenter de justifier l’attentat contre le bâtiment qui abritait l’AFP, un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré : « Les terroristes du Hamas ne se trouvaient pas dans le bâtiment pour une interview, mais bien pour communiquer avec des agents de terrain » (d’après Libération.fr).

Ou, plus sobrement :

Faut-il comprendre que, si tout journaliste qui côtoie le Hamas est un « bouclier humain » (et donc une cible potentielle), la totalité de la population de Gaza l’est aussi ?

Des « journalistes illégitimes » ?

Pour justifier, l’assassinat des trois journalistes palestiniens, le porte-parole de l’armée israélienne, le Lieutenant-Colonel Avital Leibovitch a déclaré que les trois journalistes avaient « des liens » avec le Hamas (d’après RSF). Des liens ? Mais quel journaliste palestinien peut exercer son métier à Gaza sans avoir « des liens » avec le Hamas, qui dirige le gouvernement ? Les journalistes israéliens, qui doivent recevoir des accréditations des autorités militaires, n’ont ils pas « des liens » avec l’armée israélienne ? Et quand bien même certains médias seraient effectivement liés au Hamas, c’est à juste titre que Reporters sans frontières « condamne fermement ces tirs délibérés de l’armée israélienne contre des professionnels de l’information de médias affiliés ou proches du Hamas » et « rappelle que les journalistes disposent, selon le droit humanitaire, des mêmes protections que les civils et ne sauraient être considérés comme des objectifs militaires ».

Mais selon le gouvernement israélien, dès lors qu’ils sont palestiniens, les journalistes ne le sont pas. Le 19 novembre 2012, Al-Jazeera a mis en ligne sur Youtube la vidéo d’un entretien entre un journaliste de la chaîne et Mark Regev, porte-parole du gouvernement israélien. Son titre ? « Israel defends air strikes that hit media building ». Un chef d’oeuvre de cynisme qui tente de justifier le bombardement d’un immeuble qui abritait des journalistes palestiniens et étrangers et au cours duquel huit journalistes ont été blessés (la vidéo est en anglais, mais nous en avons traduit, ci-dessous, de larges extraits) :

Extraits traduits :

– Mark Regev : « (…) Nous ne visons pas les journalistes : nous visons le Hamas. Et nous disposions alors de trois exemples où le Hamas utilisait du matériel de communication au sommet d’immeubles où se trouvaient des journalistes. Nous avons frappé la cible que nous voulions atteindre chirurgicalement, sans viser les journalistes le moins du monde. J’ai parlé hier avec un journaliste qui me disait que l’étage au-dessus de lui était attaqué et qui me demandait pourquoi on avait fait ça, et je lui ai dit « Pourquoi ne montez-vous pas à l’étage jeter un œil ? »
– Journaliste : « Allez, M. Regev ! Les roquettes ne s’arrêtent pas au niveau d’un toit ! Si vous dites que l’antenne est sur le toit, c’est que vous êtes suffisamment bien informés pour savoir qu’il y avait des journalistes partout dans cet immeuble, tous à l’intérieur. Ce ne sera jamais suffisamment précis pour que des gens sous le toit ne soient pas blessés. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Huit personnes ont été blessées, une personne a perdu une jambe dans l’explosion. Vous devez bien le reconnaître. »

– Mark Regev : « Pour autant que je sache, aucun journaliste étranger n’a été blessé et corrigez-moi si vous disposez d’autres informations que les miennes : notre frappe a été chirurgicale, nous avons atteint les cibles que nous voulions atteindre. »
– Journaliste : « M. Regev, vous ne pouvez pas vous en tenir à déclarer qu’aucun journaliste n’a été blessé. (…). Au cours de cette frappe aérienne, huit journalistes ont été blessés, une personne a perdu une jambe. C’est un fait, ça ne se discute pas. »
– Mark Regev : « (…) Tout d’abord, on peut peut-être discuter de ce que c’est qu’un journaliste, et si vous le permettez, je vais développer. Prenez la chaîne Al-Aqsa : cette chaîne sert d’outil de commandement et de contrôle au Hamas, de même que dans d’autres régimes totalitaires, les médias sont utilisés par le régime pour le commandement et le contrôle, et également à des fins de sécurité. De mon point de vue, ce n’est pas un journaliste légitime au même titre qu’un journaliste d’Al-Jazeera ou un journaliste de la BBC. Particulièrement si leur matériel est utilisé par le Hamas… »

 Source et article complet: acrimed.org via sott.net

Autre article sur le même sujet, très intéressant également:

Abby Martin journaliste de Russia Today (RT) pointe du doigt le comportement d’Israël pendant l’opération « Pilier de la défense ». En effet, Israël a volontairement bombardé l’immeuble des médias à Gaza. Est-ce que RT était visé ? en tout cas, en guise d’excuse, Israël a envoyé un email de menace à Moscou par rapport à la couverture partial de RT dans ce conflit.

Commentaire : D’après Abby Marti, la presse française était présente dans l’immeuble bombardé. Avez-vous entendu parler de ce fait dans les médias français ?

Source: sott.net

2 commentaires

  • criminalita

    C’EST comme en médecine, ils ont une charte déontologique, alors on parle avec des mots tels que chirurgicale. Ils vont bientôt utiliser le mot Bistouri pour remplacer par mitrailleuse…juste pour faire des opérations de nettoyage et enfin le mot bombe sera remplacé par le largage des p ansements préventifs qui évitent les émorragies externes mais ne peuvent guerrir(guerre et rire) des morts vivants victimes d’AVC (accident vasculaire cérébral) transmis par héritage génétique.
    Bon faut pas déconner, mrs les journalistes..a

  • criminalita

    AVC actuelles victimes consententes….je me retirre…ouais une balle…mon aperoo fait des r avages..