Une taxe pour réduire l’utilisation des pesticides…

La 7e édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides débute mardi 20 mars.

Générations futures, l’association organisatrice, plaide pour une taxation des pesticides sur le principe du pollueur-payeur, afin de réduire une consommation toujours importante en milieu agricole.

« Pour la santé des agriculteurs eux-mêmes, il faut limiter l’usage des pesticides en France », estime François Veillerette, le porte-parole de Générations futures, l’association qui organise une semaine de mobilisation autour de l’usage des produits phytosanitaires. L’invité vedette de cette septième édition sera d’ailleurs Paul François, ce céréalier de Charente qui vient de faire condamner la firme américaine Monsanto pour défaut d’information, à la suite d’une intoxication liée à un herbicide. Cette préoccupation sanitaire « interpelle d’ailleurs de plus en plus d’agriculteurs », assure-t-on au ministère de l’agriculture.

Pas de quoi, cependant, inverser la tendance, qui place encore la France en deuxième position en Europe (derrière le Portugal) pour l’utilisation de pesticides rapportée à la surface cultivée. Malgré le plan Écophyto, adopté en 2008 dans le cadre du Grenelle de l’environnement, qui prévoit la baisse de l’usage des pesticides de 50 % d’ici à 2018, la consommation de produits phytosanitaires a augmenté de 2,6 % en 2010, selon les derniers chiffres connus.

Une TVA passée de 5,5 à 20,2 %

« Et pourtant, les choses avancent », assure Emmanuelle Soubeyran, en charge du dossier au ministère de l’agriculture. Le nombre de fermes pilotes – volontaires pour tester une réduction de l’usage des pesticides et alimenter une base de données agronomiques – s’élève aujourd’hui à 2 000. Le nombre d’agriculteurs ayant accepté de suivre une formation portant sur un usage raisonné de ces produits a été porté à 140 000. Au total, 650 000 personnes auront planché sur la question d’ici à 2014.

Mais, pour François Veillerette, il manque un réel « levier économique pour faire bouger les comportements », en l’occurrence une taxation des pesticides sur le principe du pollueur-payeur. « L’idée, qui me paraît juste, serait de pénaliser de mauvaises pratiques pour aider les agriculteurs qui font des efforts », assure François Veillerette.

La loi de finances de 2012, suivie des mesures du gouvernement sur la TVA dite « sociale », a déjà nettement relevé le taux de TVA appliqué à ces produits. « En trois mois, nous sommes passés d’un taux de 5,5 % à 20,2 % », remarque un expert. Et si une partie des agriculteurs récupère cette TVA, l’impact d’un prix affiché plus élevé sur les produits peut jouer sur les comportements.

Par ailleurs, la loi sur l’eau de 2006 a déjà créé une « redevance pour les pollutions diffuses », appliquée aux pesticides, et qui s’échelonne de 0,90 € à 5,10 € par kilo de produit. Des niveaux insuffisants pour Générations futures, qui demande une réévaluation de cette redevance, pouvant être affectée aux agences de l’eau et au plan Écophyto.

« Son niveau devra varier en fonction de la dangerosité des produits et être économiquement acceptable pour les exploitants », avance François Veillerette, qui assure vouloir veiller aussi à l’intérêt des agriculteurs.

Auteur : Emmanuelle RÉJU

Source : www.la-croix.com vu sur Terre-Sacrée

13 commentaires

  • ratgana

    C’est beau un Etat de droit en action … Faut taxer, pénaliser, contrôler mais surtout ne pas être humain.

  • fotoulavé fotoulavé

    Trés jolie photo. Et cela se retrouve dans nos assiète et nos verres d’eau . Mélangé avec plein d’autres qui font un cocktail parfait pour une vie longue et heureuse pleine de surprises…

  • Ertalif

    Pollueur/payeur + suppression primes PAC pour l’agriculture productiviste, et comme par miracle le Bio devient LE meilleur marché, tout en étant plus respectueux de l’écosphère .
    A condition d’être du vrai Bio: c’est à dire le circuit le plus court possible entre producteur et consommateur!

  • Tex

    NON PAS POLLUEUR/PAYEUR!!!!!!!!!!!! :skeleton: :skeleton: :skeleton:
    Pourquoi  les riches auraient-ils le droit de polluer???????
    Qu’ils interdisent ces merdes cancérigènes ou alors qu’ils arrêtent de faire semblant que l’écologie les intéresse en prenant des demi mesures qui ne changeront rien à l’affaire!!
     

    • antenawko

      Comme les clopes et l’alcool (et beaucoup d’autres choses) ils augmentent les prix pour en diminuer la consommation mais parallèlement ils écartent encore plus les classes social, les riches peuvent boire et fumer mais pas les pauvres! Des solutions à court terme sont toujours trouvés (c’est plus facile) mais ces solutions dégénèrent toujours à un moment ou un autre. Je me suis rendu compte d’un autre « scandale », celui des consignes pour les récipients en verre. Voila enfin une solution durable, la consigne, mais bien évidemment de moins en moins d’entreprises le font.
      Du coup on paye le récipient plein pot une première fois puis on le jette pour le recyclage (qu’on paye non?) puis on doit encore repayer le récipient qui vient d’être recyclé. Une solution pour créer des emplois? super!! Très (eco) logique

    • Ertalif Ertalif

      « Alors que l’agriculture est à l’origine de la pollution en nitrates et pesticides respectivement pour 74% et 90%, ce sont les consommateurs qui supportent, via la redevance pollution, l’essentiel (près de 90%) de la facture. Au final, les pollutions agricoles génèrent sur la facture d’eau des dépenses supplémentaires annuelles au minimum comprises entre 640 et 1140 millions d’euros, soit de 7% à 12% de la facture d’eau des ménages français»
      Pourquoi faire payer les pollueurs?
      Parce que quand ils doivent payer l

  • Maverick Maverick

    C’est pas déjà en vigueur au Danemark ou en Norvège ?:-)
    En tout cas, je suis pour. Même si ça veut dire des fruits moins « jolis » . J’en ai marre de tous ces poisons. Et puis, il n’y a qu’à voir les cancers et autres maladies chez les agriculteurs, non ?

  • art

    l’agriculture en france devient critique..