Tous malades pour les labos….

Vaches à lait, moutons à tondre? Ils ont le choix et ne s’en privent pas les Big-Pharma!!

Maladies à vendre est un documentaire édifiant à regarder absolument demain mardi à 21 h 40 sur Arte pour devenir des « acteurs de santé » responsables, informés des manipulations possibles.

Du cholestérol trop élevé à la dysfonction érectile en passant par la dépression et le trouble bipolaire, ce document démontre les stratégies mises en oeuvre, avec la complicité plus ou moins passive des experts médicaux et des autorités de santé, pour nous transformer en consommateurs de médicaments.

Mikkel Borch-Jacobsen (philosophe et historien de la psychiatrie, professeur à l’université de Washington) et Anne Georget y interrogent de nombreux experts.

« La promotion de maladie, appelée condition branding par les spécialistes, est en passe de changer la médecine moderne en une vaste entreprise de marketing où la science est mise au service de l’industrie, et non plus des patients », dénoncent-ils.
Exemple avec le Prozac, ce traitement de la dépression. Alors qu’on arrive en bout de brevet, il faut lui trouver une nouvelle indication.

Une idée fuse : le syndrome dysphorique prémenstruel ! Un mot grec pour décrire un phénomène connu depuis toujours chez les femmes : un peu de tension, d’irritation, voire d’angoisse avant les règles.

« Diaboliquement malin ». (professeur Philippe Even)

Le professeur Philippe Even, ancien doyen de la faculté Necker et coauteur avec le professeur Bernard Debré d’un récent rapport sur les médicaments, raconte : « Cent articles sont publiés sur le sujet pendant un an dans trente journaux.

Des visiteurs médicaux vont distribuer des extraits pour apprendre aux médecins ce syndrome qu’ils ne connaissaient pas. Puis apparaît la solution : la nouvelle molécule…

 

C’est la même que le Prozac, exactement, sauf la couleur. Qu’on va vendre quatre fois plus cher.

C’est bien normal, puisqu’on ne se traite que pendant cinq jours par mois. Il faut rentrer dans ses frais.

Voilà ! C’est renversant et diaboliquement malin. »

Autre exemple, développé par le docteur Bruno Toussaint, le directeur de la rédaction de la revue Prescrire.

Il concerne cette fois non plus la création d’une nouvelle maladie, mais l’élargissement du marché des médicaments destinés à traiter l’hypertension artérielle.

Car plus on abaisse le seuil choisi pour parler de maladie, plus le nombre de « clients » augmente.

En pratique, si 1 000 adultes qui ont une hypertension (une tension supérieure à 16/9) prennent bien leur traitement, 10 à 20 auront évité un accident cardio-vasculaire au bout de 4 à 5 ans.

« Pour ces personnes-là, c’est très bien », affirme Bruno Toussaint. « Mais, la grande majorité des personnes auront pris le médicament, sans bénéfice pour leur santé.

Bénéfice pour la firme, oui.

Et si on baisse encore le seuil de l’hypertension, on va traiter encore plus de gens qui auront encore moins de bénéfices.

Par contre, on va augmenter le nombre de gens exposés aux effets indésirables des médicaments. »

Statines pour tous.

Même chose pour le taux de cholestérol. Que celui-ci augmente avec l’âge est normal.

« En poussant les choses à l’extrême, l’industrie pharmaceutique a réussi à nous convaincre que le taux de cholestérol des gens de 25 ans doit être la norme pour tous », regrette le docteur David Healy, historien de la psychopharmacologie et professeur à l’université de Cardiff.

« Mais, en prenant ce taux pour référence, on constate que 95 % des Français et des Allemands, par exemple, sont techniquement malades.

Du point de vue de l’industrie, c’est merveilleux, c’est un marché phénoménal. » D’ailleurs, les experts dénoncent la « mafia du cholestérol », qui conduit les médecins à prescrire des traitements (statines) à des personnes qui devraient juste bouger plus et manger moins…

Auteur : Anne Jeanblanc

Source : www.lepoint.fr partagé avec Sos-Planète