Olympus avoue avoir retouché ses comptes depuis longtemps

Comptes falsifiés, commissions et acquisitions douteuses, investissements fumeux, … Le Japon prend conscience ce mardi de l’ampleur du scandale qui secoue le fabricant d’appareils photographiques dont le titre s’est écroulé en Bourse de 70% en trois semaines.

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L’heure est aux confidences pour Olympus et ses révélations sont édifiantes. Au point que l’ancien patron, Shuichi Takayama, s’excuse publiquement devant les caméras lors d’une conférence de presse.

Tout d’abord, il y a des honoraires mirobolants accompagnant l’acquisition du groupe d’instruments chirurgicaux britannique Gyrus en 2007: 687 millions de dollars, selon les experts désignés par des administrateurs extérieurs de l’entreprise. Mais l’utilisation de ces fonds officiellement versés à une société de conseils financiers basée aux îles Caïmans doit encore être creusée.

De même que l’usage des 936 millions d’euros déclarés pour l’acquisition entre 2006 et 2008 de trois sociétés japonaises n’entrant pas directement dans le périmètre des activités du groupe : une firme de compléments alimentaires et cosmétiques, une société de recyclage de matériel médical et un fabricant de récipients alimentaires pour four à micro-ondes.

Puis près de 1 milliard de dollars inscrits dans les comptes pour l’achat de trois petites entreprises japonaises entre 2006 et 2008.

Pour ces juristes, une partie de ces sommes a permis de camoufler d’importantes pertes causées par des investissements passés dans les années 90. « Le directeur général adjoint Mori m’a rapporté hier que des pertes sur des investissements n’avaient pas été déclarées à partir des années 1990 », a confirmé le PDG. « (L’ancien PDG) Kikukawa, (le commissaire aux comptes) Yamada et M. Mori étaient au courant », a dénoncé le dirigeant, qui n’a pas écarté de lancer des poursuites judiciaires contre ces trois responsables. Hisashi Mori a été congédié mardi et Hideo Yamada a démissionné, a-t-il précisé.

La valeur de l’action a fondu 70%

Shuichi Takayama n’a pas voulu divulguer le montant total des pertes dissimulées, expliquant attendre les conclusions définitives du comité d’experts.

Pour la Bourse de Tokyo, point trop n’en faut. Les premiers éléments de ce scandale ont fait plonger le titre Olympus de  29,01%, le maximum autorisé pour la journée. Elle ne vaut plus que 734 yens comme en 1995. Depuis le début du scandale, le 14 octobre dernier au moment du limogeage du PDG britannique Michael Woodford, officiellement pour méthode de travail « inappropriée », le titre a perdu 70% de sa valeur.

Olympus risque de voir son action retirée de la cotation.

Inquiétudes au plus haut niveau

L’affaire est très suivie par le Premier ministre, Yoshihiko Noda, inquiet des remous que le comportement d’Olympus pourrait provoquer, notamment la réputation du capitalisme à la japonaise.

Source: Latribune.fr
By: Lecteur