La sous-traitance dans le nucléaire…..

Ca fait froid dans le dos cette inconscience collective, qui donne des prérogatives à des incultes en matière de nucléaire….Nous avons à faire à de vrais pieds nickelés :reallypissed:

Près de 80% de la maintenance des installations nucléaires est aujourd’hui sous-traitée.

« EDF utilise pas loin de 20 000 personnes en sous-traitance, aux cotés de ses 20 000 salariés. C’est vraiment un souci ! Ces sous-traitants doivent être formés, travailler dans de bonnes conditions, être bien protégés, bien surveillés ». 

Ce cri d’alarme a été lancé le 29 aout dernier par le Président de l’Autorité de Sureté nucléaire, André-Claude Lacoste, en charge de veiller sur les 19 centrales françaises.

Nous sommes donc allés voir ceux qui entretiennent les centrales. Certains sont des « nomades » qui vont de centrales en centrales et logent dans des campings ou des gites. Souvent interdits de parole sous peine de licenciement, les sous-traitants du nucléaire éprouvent aujourd’hui le besoin d’alerter l’opinion sur les risques qu’ils encourent et sur la dégradation des conditions d’intervention à l’intérieur des centrales.

Les témoignages que nous avons pu recueillir sont instructifs : « Je suis tout seul dans l’atelier de décontamination mais je ne sais pas faire. Donc le boulot est mal fait» affirme un décontamineur à l’abri des regards non loin de la centrale dans laquelle il intervient depuis près plus de 15 ans.

A quelques heures de route de là, dans un autre site nucléaire, un jeune homme de 22 ans vient de finir sa journée. De la grande distribution, il s’est reconverti dans le nucléaire. Las, il s’assoit à mes côtés dans un petit bureau attenant à la centrale : «Souvent on m’a demandé de faire des trucs seuls comme vérifier des fuites ou décontaminer alors que je ne suis pas habilité à le faire » explique t-il, décidé à quitter ce travail trop dangereux.

Encore des kilomètres et une autre centrale plus loin, nous arrivons dans un camping occupé en cette fin d’été non par des vacanciers mais des sous-traitants.

Devant une caravane de 6 mètres carrés, Fred, intérimaire, et deux de ses collègues acceptent de faire part de ce qu’ils vivent, épuisés par leur condition de travail : « Au bout d’un moment y en a qui vont péter les plombs (…) C’est de la survie ».

Du côté des agents EDF, le malaise se ressent également. Les agents EDF en charge de veiller à la maintenance des installations nous confient qu’« au bout du compte, on ne surveille pas comme il faut, et parfois on ne surveille pas du tout ! ». […]

Lire la suite et écouter le reportage

Rapport 2010 de l’Autorité de sureté nucléaire :
http://rapport-annuel2010.asn.fr/telechargements/rapport-annuel-2010.html

Rapport d’étape de la mission parlementaire sur la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir. Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques :
http://www.senat.fr/rap/r10-701/r10-7011.pdf

Musique sur la sous-traitance dans le nucléaire fait par des salariés de la sous-traitance : http://www.youtube.com/watch?v=n7YqbYGdwHo

Le témoignage d’un chaudronnier japonais : (Je vous le recommande personnellement, c’est tout bonnement ahurissant! Volti)
http://poetesindignes.wordpress.com/2011/08/01/nucleaire-temoignage-de-m…

Source FRANCE-INTER partagé avec SOS-PLANETE

 

 

9 commentaires

  • Fantômette Fantômette

    J’ai vu il y a quelques temps sur LCP un reportage sur la maintenance des centrales nucléaires en France qui dénonçait jusqu’à 8 niveaux de sous-traitants !!!

    En clair, les sous-traitants désignés par contrats avec un cahier des charges bien défini prennent des sous-traitants qui prennent eux-même des sous-traitants… les employés qui font le boulot sont de simples reconvertis qui travaillent souvent en interim, sous payés et non qualifiés…
    mais « légalement » tout est dans les normes…

    ça fait peur…

    • Grandegueule34 Grandegueule34

      Bonjour Fantomette et les autres,
      Ben oui, c’est justement là qu’est le problème ; Accepter plus d’une sous traitance, même une.
      j’ ai bosser dans plusieurs boites différentes ( pas dans le nucléaire) mais c’est pareil ;
      On nous demandait de faire beaucoup plus de boulot en beaucoup moins de temps, avec moins de matériel, dans des conditions des plus lamentables, et surtout, si jamais l’on osait dire quoi que ce soit à notre supérieur, l’on ne revenait plus bosser le lendemain.
      De toute façon, en France on est plein de lois, de principe, mais personne ne les applique, et tous le monde s’en fou, jus qu’ au jour ou….. Ça pète!!
      Et là, c’est la zizanie ; Chacun refuse de prendre ses responsabilités, et il y a tellement de sous traitant, que la plupart des histoire finissent aux oubliettes en quelques mois, et l’on recommence..(pour ne pas dire que l’on ne s’arrête pas.)
      Un monde ou la chair humaine ne coute rien, et ce n’est pas ce qui manque en période de crise..
      TOUT le monde est au courant de beaucoup de pratiques douteuses, dangereuses dans presque toutes les sociétés, mais personnes n’osent dire…sous peine de perdre son emploi.
      c’est quand même grave d’oser bosser dans des conditions pour sois ou pour les autres DANGEREUSE, et d’accepter de ne rien dire, et de continuer en attendant le changement.
      Et quel changement ??????
       

      • voltigeur voltigeur

        Bonjour!,
        J’ai lu le témoignage de ce Japonais (mort depuis d’un cancer) et je pense vraiment
        que ce qu’il a vécu, nous le vivons aussi. L’adoration du Dieu Mammon faiseur de fric, par les insatiables
        compagnies et leurs actionnaires, vont nous conduire au désastre…
        Pour une vieille brebis ça a d’autant plus d’importance, que nous sommes incapables de retraiter les déchets,
        et que ce seront nos descendants qui seront charger de cette horreur pour des milliers d’années!!
        « Pardonnez nous! nous savions et n’avons rien fait » :(

    • hé bééé

      Et le pire , c’est qu’ils ne sont pas conscients des risques qu’ils prennent car ils font confiance à leur patron , aux combinaisons pressurisés et aux appareils de mesure de la radioactivité .
      Pas besoin d’être en contact direct avec un objet radioactif pour être contaminé , il suffit juste de passer beaucoup de temps à proximité d’une source radioactive pour avoirs des effets sur la santé .
      Exemple : Les radiologues qui se planquent derrière un blindage en plomb et même comme cela , ils en bouffent des radiations .
      Alors imaginez les types qui rentrent en combinaison pressurisé dans l’enceinte du cœur du réacteur pour faire du nettoyage et du dépannage !!!
       
      J’ai appris que certains produits (alimentaires ou matériel) importés de l’autre bout du monde sont passé dans un procédé de stérilisation par rayonnement ionisant (donc ces produits sont radioactifs) .
      Ce procédé permet de tuer tout parasites , insectes ou champignons et évite ainsi le développement de maladies tropicales et l’adaptation à notre climat d’insectes ravageurs .
       
      Teins , si vous avez la joie d’aller en Australie , prenez un fruit ou des chaussures à crampon avec de terre dans votre bagage à main , vous allez être surpris de l’accueil qui va vous être réservé à la descente d’avion !

  • Gribouille

    Le drame de Fukushima a détourné l’attention sur les risques naturelles dans le risque nucléaire. Malheureusement, il y a aussi l’erreur humaine qui a d’autant plus de chances de se produire que les conditions d’exploitation incitent les décideurs et les opérateurs à prendre de plus en plus de risques.

    L’histoire est toujours la même, un changement de philosophie qui passe d’une culture de la sécurité dans le cadre d’une exploitation publique, à une culture privée avec des sociétés cotés dans la valeur sur les marché dépend de sa capacité à faire progresser régulièrement, et le plus vite possible, ses bénéfices.

    Chaque année, vous devez augmenter vos résultat d’exploitation et faire autant avec moins. Donc dans un premier temps, on espace les entretiens, dans un second temps, on remplace du personnel par des intérimaires moins coûteux, ensuite on tire un peu plus sur les intervalles d’entretien, on commence à réduire la personnel présent sur le site, les contrôles se font moins fréquents, on tolère davantage les petits problèmes. Non seulement, les budgets sont en baisse mais en plus, il n’est pas question d’arrêter les installations pour des peccadilles si ça peut compromettre les objectifs de production.

    On arrive à l’extraordinaire preuve que le privé peut faire mieux que l’exploitation dans le cadre d’une société publique. Et des rapports fleurissent pour vous expliquer que si le privé est plus efficace, il est aussi probablement plus efficace pour appliquer les normes de sécurité. Donc que tout va bien et qu’il faudrait même généraliser ce mode de gestion aux autres centrales (je n’invente rien). 

    Le problème c’est que si les comptes d’exploitation sont précis pour répertorier les recettes et les dépenses, ils sont incapables pour révéler les détours, les petits arrangements pris en interne pour sacrifier le risque à la rentabilité. Le résultat comptable ne tient pas compte du niveau de risque pris par la société en cas d’accident nucléaire qui est d’autant plus théorique qu’il n’a pas encore eu lieu. C’est du hors bilan, des engagements pris sur la vie des populations qu’on ne souhaite pas chiffrer car ils montreraient la faillite du système.  

    Comment croyez-vous qu’un même outil de production qui passe d’un mode d’exploitation public au privé, peut être plus rentable. Ce sont les mêmes tuyaux, les mêmes turbines, les mêmes technologies. Les améliorations en passant d’un système à l’autre ne peuvent qu’être légères. La seule possibilité pour changer significativement la rentabilité, c’est de rogner sur quelque chose qui s’appelle la sécurité.

    • VOYAGEUR

      @ Gribouille
      on peut pas mieux dire.

    • hé bééé

      Dans le privé , un outil de production est plus rentable parce qu’il peut être exploité bien au delà du raisonnable quitte à le faire tenir avec des bouts de ficelles .
      Le personnel non qualifié est formé sur le tas , ce qui permet à l’exploitant privé de remplacer facilement n’importe qui et de payer ses employés avec un lance pierre .