Vers l’évaluation des élèves « à risque » dès 5 ans

Bonjour, j’ai posté sur votre forum un lien du journal Le Monde d’aujourd’hui qu’il me semble important faire passer

Merci d’avance pour votre attention.

Virtuellement à vous

Le nouveau dispositif se présente comme un outil de lutte précoce contre l'échec scolaire. Pas sûr que l'argument convainque les organisations syndicales.

Le nouveau dispositif se présente comme un outil de lutte précoce contre l’échec scolaire. Pas sûr que l’argument convainque les organisations syndicales. AFP/PIERRE VERDY

Le dossier est explosif. Peut-on, dès la maternelle, repérer les enfants « à risque » et à « haut risque » ? Passer au crible les comportements et les apprentissages des élèves dès 5 ans ? L’idée devait être proposée par le ministère de l’éducation nationale aux inspecteurs reçus par petits groupes, rue de Grenelle, à compter du mercredi 12 octobre. Objet des réunions : l’éventuelle mise en place d’une évaluation de tous les élèves de grande section de maternelle. Un livret appelé « Aide à l’évaluation des acquis en fin d’école maternelle », que Le Monde s’est procuré, détaille précisément, en vingt-deux fiches, un protocole très normé.

L’évaluation est prévue en trois phases. Entre novembre et décembre, une première phase dite de « repérage » : l’enseignant passerait au crible le comportement à l’école, le langage, la motricité et la « conscience phonologique » des élèves. La deuxième phase consisterait en un « entraînement progressif (…) avec les enfants repérés à risques lors de la phase1 ». Enfin, une étape bilan, entre mai et juin, permettrait de faire le point sur les acquis des élèves par des « séries d’épreuves collectives ou en petits groupes – d’une durée d’environ trente minutes par série ».

CLASSEMENT DES ENFANTS EN TROIS CATÉGORIES

Une partie du livret d’évaluation porte sur le « devenir élève ». Une façon politiquement correcte d’évoquer le comportement des enfants. L’enseignant devrait, entre autres, noter si l’élève « respecte les autres » et « contrôle ses émotions ». « L’enfant devenu élève agit de manière à respecter l’intégrité de toutes les personnes et de son environnement ; il ne les agresse pas, il a recours à la parole en cas de désaccord ou de conflit », peut-on lire dans le document. On n’est pas loin du bilan médical – et confidentiel – que les médecins faisaient passer aux enfants dans leur 6e année. Le protocole prévoit d’ailleurs d’« articuler le bilan de santé et l’évaluation des acquis ».

Enfin, le vocabulaire choisi risque de faire grincer des dents, de même que le classement des enfants en trois catégories : « RAS » (pour « rien à signaler »), « risque » et « haut risque ». Le maître devrait remplir une « fiche élève » et une « fiche classe » reprenant les « scores » obtenus par les enfants aussi bien pour leur comportement que pour leur maîtrise du langage, leur motricité ou leur conscience des syllabes (phonologie).

Ainsi, un enfant qui, à 5 ans, obtiendrait moins de 2 points en comportement à l’école serait classé « à haut risque ». Une approche qui n’est pas sans rappeler la proposition faite par le secrétaire d’Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, en novembre 2010, de repérer les troubles du comportement dès 3 ans. Ou encore une expertise de l’Inserm, rendue publique en septembre 2005, qui pointait l’insuffisance du « dépistage du trouble des conduites » chez les enfants.

« CELA RESTE UN CHOIX INDIVIDUEL »

Le nouveau dispositif se présente comme un outil de lutte précoce contre l’échec scolaire. Pas sûr que l’argument convainque les organisations syndicales. L’évaluation en maternelle n’est pas tout à fait nouvelle, mais le dispositif actuel est facultatif : il s’agit d’une liste de fiches, proposées comme un outil que les enseignants utilisent ou non. « Cela reste un choix individuel », témoigne Laetitia Bordeau, 35 ans, professeure des écoles dans le Val-d’Oise. « Evidemment qu’en évaluant les élèves, on est aussi attentif à leur comportement, et ce dès la petite section de maternelle, l’idée étant de les préparer au mieux au CP, reconnaît-elle. Il faut aider l’enfant à devenir élève. Mais de là à le cataloguer… » Ce nouveau protocole d’évaluation pose, de fait, la question du rôle de l’école maternelle. « Les enseignants savent très bien identifier les enfants qui ont besoin d’un accompagnement particulier », estime Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA. « Ils n’ont nul besoin d’un dispositif inadapté qui va transformer la maternelle en structure de sélection, alors qu’elle n’a pas vocation à trier les élèves », s’insurge-t-il.

Même constat, inquiet, de la part de Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l’éducation nationale : « Tests en CE1, en CM2, et aujourd’hui en maternelle… L’évaluation gangrène tout le système. La place que la maternelle accordait au jeu, au plaisir quotidien, me semble aujourd’hui fortement menacée par ce type de procédé. » Dans le livret à destination des enseignants, il est précisé que « les taux nationaux de réussite seront calculés sur échantillon représentatif et diffusés pour permettre à chaque école de se situer par rapport à une valeur nationale ». Revoilà exactement ce dont les enseignants ne veulent pas : une possible publication des résultats école par école, donc un palmarès des meilleurs établissements dès la maternelle ! « En évaluant toutes les écoles, on crée un potentiel instrument de classement que quelqu’un finira bien par exploiter », craignait déjà Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, à propos des évaluations mises en place à l’école élémentaire en 2008.

MARCHE ARRIÈRE FACE AU TOLLÉ DES TESTS RENDUS PUBLICS

Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel au ministère de l’éducation nationale, avait annoncé, dans un premier temps, que les résultats des tests de français et de mathématiques en CM2 seraient rendus publics. Avant de faire marche arrière face au tollé de la profession. Cette intention, perçue comme une volonté de mise en concurrence des établissements, a suffi à discréditer toute la politique d’évaluation.

Le 14 septembre, le Haut Conseil de l’éducation rendait un rapport assassin dans lequel il remettait en cause l’ensemble du système actuel d’évaluation. Il préconisait de « confier à une agence indépendante la mise en œuvre » des évaluations des acquis des élèves, estimant « essentiel que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables ».

Un mois après cette salve, pas sûr que les inspecteurs de l’éducation nationale reçus au ministère accueillent favorablement l’hypothèse de nouvelles évaluations.

Maryline Baumard, avec Mattea Battaglia et Aurélie Collas

Les tests sur 100 « items » dès le CE1 font polémique

Chaque année depuis 2008, près de 800 000 élèves de CE1 et de CM2 sont évalués sur 100 « items » (des « problèmes », dans le jargon de l’école) –60 en français et 40 en mathématiques. Chaque année aussi, ces évaluations font polémique, même si le ministère a tenté d’apaiser les débats en déplaçant les tests de CM2 de janvier à juin à compter de 2012. « Nous avons fait le choix de l’évaluation-bilan car notre système éducatif n’a pas assez les moyens de se comparer, a déclaré Luc Chatel en mai. Les évaluations auront lieu après l’affectation des élèves en 6e. » Le ministère a aussi annoncé l’expérimentation d’une évaluation au collège, en fin de 5e. Sans compter les évaluations internationales – PISA, Pirls… – où l’école française ne brille guère.

Source: lemonde.fr

By: virtuelle

14 commentaires

  • Texcaltex

    Etape suivante : stérilisation obligatoire des parents de futurs enfants « à risque »!! :no:

  • willy74150

    merde j’aurais du être surveiller j’ai rien foutu et rebelle des l’âge de 3 ans sans exagéré   :panda: et en cm2 j’ai dit stop caca le System j’aime pas et j’aime toujours pas (43 ans) . je haï notre mode de vie et je bosse pas caca ! de toute façon j’ai aucun diplôme forcement niveau cm2 et encore plutôt cm1 en vérité , donc c’est pas forcement une mauvaise chose si sa peu aider vos enfants à ne pas finir comme beaucoup d’entre nous ( chômeur & insociable  :reallypissed:)bon moi je me plaint pas sa me suffit les minimas sociaux ailleurs on crèvent de faim donc merci pour la solidarité de l’état je dit bien état car si il fallait compter sur les gens sera obligé de sévir (bat de Baseball  :dazed: )

  • Texcaltex

    @ Willy
    D’où crois-tu que vient l’argent que l’état te donne???
    Tu ne veux pas travailler si j’ai bien compris.. (je bosse pas caca!!) et tu voudrais que ceux qui travaillent, aillent jusqu’à chez toi pour te donner une partie de leur salaire…
    Ben oui pourquoi pas?
    Incroyable comme les gens sont méchants !!
     
    Je connais plein de gens qui n’ont pas de diplôme et qui trouvent du boulot … mais ils cherchent!
     

    • Un Mouton Enragé

      Je veux pas parler à la place de willy74150, mais ta réponse, c’est bien une réponse toute faite de mouton, qui défend son maître comme un bon docile, et qui ne comprend pas les propos de l’autre, tellement il est endormi, formaté.
      D’abord, ta première question montre bien que tu n’as pas réellement réfléchi au sens du système, aux tenants et aboutissants. Pour te laisser le bénéfice du doute, on va dire que tu manques de culture sur les mécanismes, que tu n’as pas bien réfléchi à l’absurdité de ce qui a sorti de la dépression de 29 etc. , ou que tu regardes trop la télé ou certains médias qui t’empêchent d’avoir un esprit autocritique.
      Ensuite, il n’y a pas de « gloire » à « travailler » pour un « système » aussi absurde. Et le fait de ne pas vouloir bosser, ne veut pas dire qu’on n’est pas prêt à bosser. Il y a une nuance, une subtilité.
       

      • Texcaltex

        Et bien ne bossez pas si ne voulez pas bosser , c’est votre  droit mais si ce système est si merdique, il faut vous en détacher complètement  POUR TOUT et ne rien accepter de lui… même pas les allocations! Trop facile sinon, c’est un système de merde quand ça vous arrange et c’est un bon système pour les allocs!!
         
        ben voyons…
        Bravo!

      • pascal de Cahors

        tout à fait de votre avis. Je veux bien que l’on refuse le système, que l’on haïsse le travail mais alors, on refuse tout en bloc. Le système est absurde si on travaille pour lui, mai spas quand il vous nourrit. Pas d’accord. Juste de la mauvaise foi. De là à parler de parasitisme, il n’y a qu’un pas que je franchis sans scrupule. Et ls viennent même nous die que nous manquons d’esprit critique! grotesque!

      • Texcaltex

        Ben oui, il fait des « subtilités » lui le mouton….!!

  • Babou

    Ces carnets d’évaluation ressemblent fort à ceux qui existent déjà…..  Peut être tournés différemment, ma fille est maintenant en CE1 et en première année de maternelle, ça a été pour elle un véritable cauchemars ! Plus de 80°/° de primo arrivant et les 20°/° restant je vous laisse deviner. D’année en année c’est de pire en pire, on parle de comportements, les maîtresses sont dépassées les enfants ont des réactions hystériques, les syllabes ils ne connaissent pas, ils ne parlent pas français, tout cela dans des classes surchargées, la violence verbale et physique est omniprésente dés la maternelle. Tout le monde est en souffrance, comme si les enseignants avaient encore le temps et la foie de faire cela. Je ne jette la pierre à personne mais c’est seulement un triste constat que tout le monde connait…..
    Quand aux évaluations, son frère est maintenant en seconde, on n’a jamais vu ce qu’il en ressortait, et à quoi cela pouvait servir à part peut être évaluer l’école en elle même. Il a eu les dents du haut cassées (4) par un enfant totalement ingérable en troisième année de maternelle, alors quand on parle d’évaluer les comportements, je crois que oui c’est plus que nécessaire…
    Les écoles sont complétement gangrénées et c’est le reflet de notre société auquel nous assistons, impuissants et désabusés.
    N’y voyait là aucun racisme de ma part, je suis très triste et très inquiète pour notre proche avenir. Certains vont voir là encore des lieux communs dans ce que je dis, mais tan pis c’est ce que je pense.      

  • ragnagna

    Laissez donc les enfants être des enfants et profiter des belles années de maternelle. Ils auront le reste de leur vie à avoir des étiquettes » sociales » collées sur leur dos.
    A mon avis ce genre de tests sert un intérêt qui ne nous sera jamais communiqué car ce n’est pas pour les moutons mais pour les loups……….

  • Texcaltex

    Il a bon dos l’échec scolaire…ils veulent dire qu’il pourront repérer très tôt ceux qui ont un esprit critique de nature à critiquer le régime en place!

  • ReQuiEM

    C’est… euh… a mourir de rire ?! Car mieux vaut en rire tellement c’est pitoyable comme réforme !
    De toute façon ça ne passera jamais ! On conditionne pas les enfants a 5 ans pour en faire des génies ! Depuis quand le plus brillant des psychologues peut déterminer ce qu’un enfant deviendra hein ?!

    Et puis ça coûte de l’argent de mettre en place ces conneries alors au lieu de nous bassiner a essayer de créer des enfants de la race Aryenne, ils feraient mieux de recréer des emplois dans l’éducation au lieu de les supprimer !
     
    Un enfant ça se suit tout au long de sa scolarité ! On ne peut pas savoir a 5 ans ce qu’un enfant deviendra, la nature humaine ne se calcule pas ! Et puis de toute façon il faut pas être devin pour déterminer si un enfant a des soucis a l’école ou pas ! Les réunions parents-prof ça sert a ça !

  • libelle

    Les évaluations ne servent pas à aider les enfants, mais à produire des statistiques sur les profs, les écoles, l’éducation française… plus à produire des dossiers informatisés qui laissent des traces (indélébiles).
    En une semaine, à la rentrée, on connaît nos élèves : pas besoin de voir la liste des compétences acquises ou non. Le problème, c’est comment aider les enfants qui ne sont pas au même rythme que les autres, au « bon » rythme.
    « L’accompagnement individualisé » qu’on nous vante et qu’on nous vend cette année n’apporte rien de nouveau : les élèves sont pris en groupe (8 – 12), et on les fait travailler, pendant une heure, en leur expliquant et réexpliquant, selon leurs difficultés, la méthode à suivre.
    Mais à quoi sert une heure par semaine en groupe quand il faudrait au moins une heure par jour en particulier ? Un gamin qui ne sait pas lire (c’est-à-dire comprendre) en 6ème ne va pas se mettre d’un seul coup à répondre à des questions sur un texte, parce qu’il aura reçu une heure d’ « accompagnement individualisé » par semaine. Ça fait longtemps qu’on le sait, parce que cette heure d’ « aide » existe depuis longtemps, en français et en maths.
    Cette année, nous devons valider les compétences que les élèves de 6ème n’ont pas acquises au primaire. Il en est de même pour les profs de 2nde, qui doivent compléter les lacunes de ceux qui arrivent du collège…
    Bonne chance à tous !

  • moutondu22

    bande de cons manipulateurs …
    leur devise? : assujettir !
    et les meilleurs moyens sont le fichage ,le flicage, l’enfumage et dès l’bas  zâge !
     
    à willy …
    faire d’la provoc ici ne mène à rien …je te dis ça pour avoir essayé ….