Emeutes en Angleterre : la justice n’y va pas de main morte

Peut-on parler de répression suite à ce qu’il s’est passé alors que ces émeutes ont peut être été provoquées afin d’imposer certaines mesures d’austérité ou sécuritaires? L’Angleterre a inventé le taylorisme dans la justice, un travail à la chaine 24/24 heures avec à la clé distribution des peines à la chaine.

David Cameron, Premier ministre britannique, veut des résultats
David Cameron, Premier ministre britannique, veut des résultats | REUTERS/Montage Le Post

La justice britannique tourne à plein régime depuis la fin des émeutes la semaine dernière. Après les quatre nuits qui ont mis le feu à Londres, des centaines de personnes ont rejoint les tribunaux, attendant un verdict que le gouvernement souhaite exemplaire.

Les forces de polices ont d’ores et déjà arrêté près de 1.400 personnes, et ces supposés émeutiers attendent parfois toute la nuit pour voir leur cas étudié par les « magistrates’ courts » (tribunaux chargés de juger des affaires mineures et de trancher des litiges).

Environ 64% d’entre eux ont été maintenus en détention préventive (en attente de leur jugement), alors qu’en temps normal ce chiffre tourne autour de 10%.

Des tribunaux ouverts 24h/24

Pour faire face à l’afflux du nombre de comparutions, des tribunaux de Londres, Birmingham (centre) et Manchester (nord-ouest) travaillent 24 heures sur 24.

Et le moins que l’on puis dire c’est que cette justice travaille sans ménager leur peine…

Pour preuve, deux jeunes de 20 et 22 ans ont été condamnés à quatre ans de prison ferme pour avoir tenté d’inciter des troubles via des pages Facebook. Bien que les rassemblements prévus n’aient pas eu lieu, ces lourdes peines sont justifiées par le fait que la police a été mobilisée sur les lieux alors qu’elle aurait pu être plus utile ailleurs.

Des émeutiers aux profils surprenants

Si les médias d’outre-Manche ont beaucoup insisté sur la précocité de l’âge des émeutiers, les juges ont également vu défiler des trentenaires et des quadragénaires.

C’est le cas d’Alexis, assistant dans une école primaire, dont le cas est abordé dans Le Figaro.

Cet homme de 31 ans s’est déclaré coupable après avoir participé à un cambriolage avec effraction et intention de voler, dans un magasin de hi-fi. S’il n’a finalement rien emporté avec lui, le « pilleur » s’est rendu de lui-même à la police. Libéré sous caution, Alexis n’a plus l’autorisation de sortir de chez lui le soir, et attend son procès.

Procès qui a été transféré vers la Crown Court, un tribunal correctionnel capable de délivrer des peines plus lourdes que les magistrates’ courts. Ces dernières ne peuvent pas aller au-delà de six mois de prison, tandis que la première peut charger jusqu’à 10 ans. Salé pour quelqu’un qui n’a finalement rien volé et s’est lui-même livré aux autorités.

Des peines disproportionnées ?

Quelques exemples plus marquants ont également choqué l’opinion publique et les ONG. Un voleur de deux boules de glace au café risque la prison, un jeune de 23 ans ayant dérobé à un pack d’eau à 3,5 livres a écopé de six mois ferme…

« Certaines peines sont totalement disproportionnées. On va avoir une flopée d’appels », prédit Sally Ireland, de l’association « Justice », citée par le quotidien The Guardian.

Ces peines « plus longues » sont justifiées par le contexte des émeutes, précise le juge Andrew Gilbart de Manchester. C’est un élément aggravant par rapport à des faits « commis isolément ».

Cet argument est vivement rejeté par l’avocat Paul Mendelle, cité dans Cyberpresse, pour qui « il y a des règles claires, qui encadrent le type de peine pour chaque cas ». Or, « il semble que les tribunaux soient incités à ignorer ces règles et à jeter par la fenêtre le livre des lois, et à augmenter les peines ».

« Je trouve ça troublant et potentiellement injuste. On dit souvent qu’une justice lente constitue un déni de justice, mais la justice hâtive est aussi un déni de justice« , a-t-il vigoureusement expliqué.

Cameron veut « faire payer » les émeutiers

Concernant les autorités judiciaires elles-mêmes, pour l’instant aucun élément n’a filtré sur l’existence de consignes sur les peines pour les infractions commises pendant les récents désordres publics.

Le Premier ministre britannique a tout de même fait en sorte que les « émeutiers  » réfléchissent à deux fois avant de recommencer : « vous allez payer pour ce que vous avez fait », a déclaré David Cameron, mercredi devant le Parlement.Sources : The Guardian, Le Figaro, Cyberpress, 20 Minutes.fr, L’Express.fr, Numérama

Article trouvé sur lepost.fr

7 commentaires

  • AroBass

    Et VOUS Sir D.Cameron; « vous allez payer pour ce que vous avez fait »???!

  • Fantômette Fantômette

    Un gouvernement qui harcelle son peuple…
    ça me rappelle ce qui se passe en Lybie ou en Syrie… mais eux ceux sont les méchants dictateurs il paraît…

    depuis le 1er juillet 2011 une loi est passée au Journal officiel Français (pendant l’été comme souvent) indiquant que la police pouvait dorénavant tirer à balles réelles sur les manifestants, si celle ci se sentait en danger (quelle est la notion de danger?)

    Ils se préparent à la fin de leur monde peut-être

  • Chègoku Chègoku

    Fantômette: Effectivement, la France a retranscrit un droit octroyé par le tout frais traité de Lisbonne qui fait office de constitution européenne.
    Ce pourra donc être le cas dans tout les pays de l’UE.
     

  • pm

    A BENJI

    les magouilleurs sortent du bois

    GDF Suez : la justice rejette les plaintes contre MM. Longuet et Copé
     

    PARIS – La justice a rejeté la plainte déposée par un actionnaire minoritaire de GDF Suez visant Gérard Longuet et Jean-François Copé pour prise illégale d’intérêt et abus de bien social dans le dossier GDF-Suez, a-t-on appris jeudi auprès du plaignant.

    L’actionnaire, Jean-Marie Kuhn, avait déposé une plainte avec constitution de partie civile après le classement sans suite par le parquet de Paris, d’une première plainte visant le ministre de la Défense Gérard Longuet.

    M. Kuhn accuse M. Longuet, consultant de GDF Suez lorsqu’il était sénateur, d’avoir défendu des positions favorables à GDF Suez lors de l’examen du projet de loi Nome (nouvelle organisation du marché de l’électricité) au Sénat.

    M. Kuhn avait ensuite élargi sa plainte au patron de l’UMP Jean-François Copé qui était, selon M. Kuhn, dans une situation de conflit d’intérêts et de trafic d’influence dans ce même dossier GDF-Suez comme ancien ministre du Budget puis député et avocat au cabinet Gide.

    Saisi de la plainte, le doyen des juges d’instruction Roger Le Loire l’a jugée irrecevable estimant que le délit d’abus de bien social n’est pas constitué, selon l’ordonnance d’irrecevabilité rendue mercredi et consultée par l’AFP.

    Le juge a estimé en outre que les faits de trafic d’influence imputés à M. Longuet n’ont pas eu pour conséquence d’entraîner de préjudice direct et personnel à M. Kuhn.

    Le juge a également rejeté la plainte contre M. Copé car aucune plainte simple n’avait été déposée au préalable au parquet comme l’exige la procédure judiciaire.

    M. Kuhn a annoncé à l’AFP sa décision de faire appel.

    GDF SUEZ

    (©AFP / 18 août 2011 18h17)

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