Découverte d’une nouvelle espèce d’anguilles, «fossile vivant»

Elle est plus « jolie » et moins serpentine que l’anguille commune cette ancêtre vivante..

Cette nouvelle espèce d'anguille trouvée près d'une île de l'archipel de Palau vivait déjà il y a 200 millions d'années ©AFP

C’est une découverte exceptionnelle que viennent de réaliser des scientifiques japonais dans le Pacifique: une anguille encore inconnue, mais qui vivait déjà il y a 200 millions d’années…

Une nouvelle espèce d’anguille trouvée près d’une île de l’archipel de Palau, dans le Pacifique, s’avère être un «fossile vivant» étonnamment similaire aux premières anguilles ayant existé voici 200 millions d’années, selon une étude publiée mercredi.


Cette anguille avait été découverte l’an dernier à 35 mètres de profondeur dans une grotte sous-marine. Il s’agit d’un petit poisson brun présentant très peu des caractéristiques anatomiques communes aux anguilles modernes dont il existe 819 espèces regroupées en 19 familles. Mais ce poisson présente des similarités – grande tête, corps court, rayures sur la nageoire caudale – avec les anguilles primitives ayant vécu au début de l’ère Mésozoïque, lorsque les dinosaures régnaient sur Terre.

Désignée comme unique représentante d’une nouvelle famille

La trouvaille a été jugée si exceptionnelle que l’anguille a non seulement été désignée en tant qu’espèce séparée, Protoanguilla palau, mais a été aussi classée comme étant l’unique représentante d’une nouvelle famille taxonomique, les Protoanguillidae. Ce nom vient du mot grec «protos» signifiant premier et du mot latin anguilla.

Grâce à des lampes et des filets, huit spécimens de P. palau, mesurant 6 à 9 cm de longueur, avaient été capturés en mars 2010 par une équipe dirigée par Masaki Miya, de l’Institut et Museum d’histoire naturelle de Chiba au Japon. L’analyse de leur ADN a permis de découvrir la place de ces poissons dans l’histoire génétique des anguilles. Le terme «fossile vivant», employé par Charles Darwin dans son livre «L’origine des espèces», est utilisé pour décrire des espèces ayant survécu des millions d’années, en exploitant des niches écologiques stables les poussant très peu à évoluer.

L’étude est publiée dans la revue scientifique britannique «Proceedings of the Royal Society B».«

© 2011 AFP