Les déchets nucléaires peuvent désormais s’exporter

Nous sommes focalisés sur la crise qui nous touche de plein fouet, et pendant ce temps, des décisions sont prises pour camoufler les déchets de nos centrales, déchets qui sont indestructibles et hyper-dangereux pour des milliers d’années..

En Europe, chaque pays était tenu jusqu’à présent de gérer et de trouver une solution définitive pour ses déchets nucléaires sur son propre territoire. Mais une nouvelle législation de l’Union permet aujourd’hui aux pays membres de s’arranger entre eux. Rien ne leur interdit plus désormais de les enfouir dans un autre pays, économiquement plus faible par exemple.

Même effacé de notre paysage, le nucléaire laissera des traces à commencer par ses déchets comme ces fameux combustibles usés et particulièrement dangereux qui sont actuellement entreposés dans les piscines de refroidissement des centrales.

Que ferons-nous de nos déchets radioactifs à l’avenir ?

Leur durée de vie est interminable (elle est estimée entre 100 000 et 1 000 000 d’années) et la nouvelle directive européenne impose désormais à chaque pays de l’Union de leur trouver une solution définitive. Pour le président du Forum nucléaire belge, Robert Leclère, notre pays « est à la pointe au niveau européen » et cela ne devrait pas changer grand-chose pour nous : « La Belgique dispose d’ores et déjà d’une stratégie en matière d’évacuation des déchets et leur financement est assuré », précise-t-il.

Reportage dans les entrailles de la terre

Notre équipe s’est rendue sur le site de Mol et a plongé à 220 mètres sous terre pour aboutir dans un laboratoire de recherche qui ressemble à s’y méprendre à ce que pourrait être le futur site d’enfouissement de nos déchets hautement radioactifs. Il s’agit d’une galerie centrale rejointe par plusieurs mini-galeries où les déchets seraient enfournés comme des suppositoires. Chacun d’entre eux ayant été soigneusement enfermé au préalable dans une gangue d’acier cernée par une énorme couche d’argile.

Le directeur d’Euridice, Peter Depreter explique les avantages de ce type de terre particulier : « D’une part, cette couche argileuse est très étanche et empêche l’eau de bouger, et d’autre part, les radioéléments sont fortement absorbés rendant le taux de transport très faible ».

Le but principal de ces sites d’enfouissement est bel et bien de confiner la radioactivité le plus loin possible de la population.  L’unique site existant actuellement en Europe est celui d’Onkalo en Suède. Son principe est le même que celui de Mol sauf qu’il est enfoui dans une couche de granit.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne

La plupart des pays d’Europe n’ont pas encore trouvé de solution pour leurs déchets. D’où cette idée : pourquoi ne pas venir frapper à la porte de son voisin? Robert Leclère explique que c’est aujourd’hui légalement possible, mais, dit-il, « la nouvelle législation européenne prévoit différentes conditions notamment en matière de sécurité et d’équivalence de traitement entre un pays et un autre », par exemple.

Ces bonnes conditions sont sans doute réelles au sein de l’Union européenne mais ce n’est pas du tout le cas en Russie où les anciens pays du bloc de l’Est envisagent d’envoyer leurs déchets.

A la base, une majorité du Parlement européen avait voté contre. La députée européenne du groupe des Verts, Michèle Rivasi met en garde et explique que si tel est le cas, cela signifie que l’ »on utilisera des pays dont la situation économique est défavorable. Ceux-ci accepteront les déchets pour toucher des devises mais aucun contrôle ne sera possible ».

Finalement, le conseil européen n’a pas tenu compte de cet avis et a passé outre. Quoi qu’il en soit, les déchets nucléaires gérés à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union restent un vrai problème pour les générations futures.

I.L. avec Lucie Dendoven

source RTBF.BE.INFO via terresacree.org

Un commentaire

  • « Finalement, le conseil européen n’a pas tenu compte de cet avis et a passé outre… »
    TROIS MOTS POUR LES QUALIFIER : DES S.A.L / SALAUDS ASSASSINS LACHES.