Révolte dans le monde arabe !

On se rend compte, qu’il est dur de gérer sa liberté, quand on ne sait pas ce que c’est, et de se rendre compte, que la liberté ne permet pas tout, les jeunes migrants clandestins Tunisiens en testent les limites en Italie.

Egypte:

La Constitution a été suspendue, le Parlement dissous…

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte, a annoncé dimanche la suspension de la Constitution et la dissolution du parlement et annoncé qu’il ne resterait au pouvoir que six mois, ou jusqu’à la tenue d’élections législatives et présidentielle.

Dans un communiqué lu à la télévision publique, les militaires, auxquels Hosni Moubarak a confié les rênes du pays en démissionnant vendredi, annoncent également la formation d’une commission chargée d’amender la constitution et dont les conclusions seront soumises à référendum.

Les personnalités d’opposition et les organisateurs des manifestations contre le régime de Moubarak ont dans l’ensemble réagi positivement à cette annonce. «Victoire», ont scandé des militants sur la place Tahrir, au Caire. «Il en faut plus», ont crié d’autres manifestants en faveur de la démocratie.
Les manifestations arrêtées après la libération des prisonniers?

«C’est une victoire pour la révolution», a confirmé l’opposant Ayman Nour, qui avait osé défier Hosni Moubarak lors de la présidentielle de 2005. Mais pour Mahmoud Nassar, dirigeant d’un mouvement de jeunes, il faut encore que «tous les prisonniers politiques arrêtés avant et après la révolution du 25 janvier» soient relâchés. «Ce n’est qu’alors que nous donnerons le mot d’ordre d’arrêter les manifestations», a-t-il dit.

Le Conseil suprême des forces armées devrait par ailleurs publier lundi un avertissement a quiconque «crée le chaos et le désordre», a-t-on appris de source militaire. Soucieux d’un retour rapide à une vie normale, il interdira aussi les réunions organisées par des syndicats, interdisant de fait les grèves, et ordonnera à tous de reprendre le travail.

Dimanche aux premières heures, l’armée a entrepris de faire évacuer la place Tahrir afin de permettre aux voitures de circuler à nouveau autour du rond-point en ce premier jour ouvré de la semaine en Egypte.

Les manifestants étaient divisés sur l’opportunité de se conformer aux ordres de l’armée. «Le peuple veut que la place soit dégagée», scandaient certains. «Nous ne partirons pas», répondait un autre groupe. Des soldats, dont certains armés de matraques, ont repoussé les manifestants et rouvert la place à la circulation automobile.
Moubarak serait à Charm el-Cheikh

Les organisateurs des manifestations ont constitué ce week-end un Conseil de surveillance pour défendre la révolution et réclamer des réformes rapides. Des policiers, enhardis par la chute de Moubarak, se sont rassemblés devant le ministère de l’Intérieur pour réclamer des augmentations salariales. Des coups de semonce ont été tirés en l’air mais on ne déplore aucun blessé.

Le gouvernement s’est réuni pour la première fois dans une salle dont avait disparu le portrait autrefois omniprésent de Moubarak qui, selon le Premier ministre Ahmed Chafic, se trouverait toujours dans la station balnéaire Charm el-Cheikh.

Les manifestants ont réclamé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, la levée de l’état d’urgence utilisé par Moubarak pour réprimer l’opposition, la fermeture des tribunaux militaires, des élections libres et démocratiques et la remise rapide du pouvoir aux civils.
L’armée rassure Israël

En dépit de la démission de Moubarak, certains manifestants ont annoncé leur intention de rester sur la place Tahrir pour s’assurer que les militaires tiennent leurs promesses de transition. Ils prévoient une grande «marche de la victoire» vendredi prochain pour célébrer la révolution et honorer ses martyrs.

«La révolution se poursuit. Ses revendications n’ont pas encore obtenu satisfaction», a déclaré lors d’une conférence de presse Mahmoud Nassar, militant de «Jeunesse de la révolution du 25 janvier». «Les sit-ins et les manifestations seront permanentes jusqu’à la satisfaction des revendications.»

La stratégie des militaires a été de rassurer le pays et le monde sur leurs intentions et, à court terme, de faire respecter la loi après la disparition des rues de la police qui s’est montrée incapable de disperser les manifestations.

Samedi, l’armée a assuré que l’Egypte honorerait ses obligations internationales, y compris le traité de paix conclu avec Israël. Avant la réunion du conseil des ministres, un porte-parole du gouvernement a déclaré que la tâche principale de ce dernier était de rétablir l’ordre et la sécurité, de relancer l’économie et de veiller aux besoins quotidiens de la population.
Avec Reuters
Yémen:
Une manifestation anti-gouvernementale au Yemen tourne à l’affrontement

Des heurts ont éclaté dimanche au Yémen entre les forces de l’ordre et des manifestants anti-gouvernementaux qui tentaient de marcher sur le palais présidentiel de Sanaa, ont rapporté des témoins.

«Le peuple yéménite veut la chute du régime», «La révolution yéménite après la révolution égyptienne», ont scandé les manifestants lors du rassemblement qui a réuni 1.000 personnes. Quelques dizaines d’entre eux se sont ensuite détachés pour marcher sur le palais présidentiel.

Quatre personnes ont été blessées dans la capitale où la police a frappé avec des bâtons les manifestants qui leur jetaient des pierres, selon des témoins.

Selon des responsables de l’opposition, dix manifestants ont été brièvement arrêtés à Sanaa et 120 ont été gardés à vue pendant la nuit dans la ville de Taiz où les autorités ont dispersé la veille une autre manifestation.

Dans le sud du pays, où le gouvernement doit faire face aux islamistes, un tribunal a condamné à mort six personnes reconnues coupables d’enlèvements et d’attaques à main armée contre la police, selon l’agence de presse Saba.

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh a décidé de reporter sa visite aux Etats-Unis prévue ce mois-ci, «en raison de la situation actuelle dans la région» selon un communiqué diffusé par l’agence de presse d’Etat Saba.

Saleh, au pouvoir depuis plus de trente ans et qui redoute les répliques de la vague de contestation sans précédent qui touche plusieurs pays du monde arabe, s’est engagé à quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2013 et a promis que son fils ne prendra pas la tête du gouvernement.

Peu avant les affrontements de dimanche à Sanaa, l’opposition avait accepté d’entamer des pourparlers avec le président yéménite.

«L’opposition ne rejette pas l’invitation du président et est prête à signer un accord dans moins d’une semaine», avait déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohammed Basindwa, désormais membre de l’opposition. Les pourparlers doivent se tenir sous l’égide de l’Occident ou du Golfe, a-t-il toutefois ajouté.

L’instabilité au Yémen pourrait constituer un risque au niveau politique et de la sécurité pour les Etats du Golfe. Les Etats-Unis s’appuient en outre sur le Yémen pour lutter contre Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).
Avec Reuters

Bahreïn

touché lundi par des manifestations anti-gouvernementales
Des manifestations anti-gouvernementales, les premières depuis les événements de Tunisie et d’Egypte, sont prévues lundi à Bahreïn.
Le Bahreïn est un petit pays producteur de pétrole du Golfe arabo-persique peuplé majoritairement de chiites, qui se plaignent de longue date de discrimination de la part de la famille régnante sunnite.

«Il y a un profond mécontentement dans d’importants secteurs de la société bahreinie», a déclaré Toby Jones, professeur d’études proche-orientales à l’université Rutgers aux Etats-Unis. «S’il devait y avoir un endroit dans le Golfe où je prédirais des événements analogues à ceux d’Egypte, ce serait Bahreïn», a-t-il ajouté.

Cherchant à désamorcer la tension, le roi, Hamad bin Issa al Khalifa, a annoncé qu’il allouerait 1.000 dinars (2.650 dollars) à chaque famille bahreïnie, et le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait remettre en liberté des jeunes arrêtés l’an dernier lors d’opérations de police.

Certains villages du pays sont régulièrement le théâtre d’échauffourées nocturnes entre les forces de sécurité et des jeunes chiites qui érigent des barricades et lancent des cocktails Molotov sur les policiers.

Le gouvernement a effectué une reprise en main en août dernier et visé certaines organisations chiites. Vingt-cinq chiites arrêtés durant ces opérations de police sont en procès pour incitation à la violence en vue de renverser le gouvernement. Le procès est dans l’impasse après une série de démissions d’avocats.

La principale organisation d’opposition chiite du pays, Wefak, devrait jouer un rôle de taille dans les manifestations de lundi, car il est à même de mobiliser rapidement des dizaines de milliers de partisans et de les faire descendre dans la rue.
Avec Reuters
Kadhafi

Le numéro un libyen Mouamar Kadhafi a encouragé dimanche les réfugiés palestiniens à suivre l’exemple des révolutions tunisienne et égyptienne et à se masser aux frontières israéliennes jusqu’à ce que l’Etat juif accéde à leurs demandes.

«Nous vivons le temps des révolutions populaires. Il nous faut créer un problème international. Ce n’est pas une déclaration de guerre, c’est un appel en faveur de la paix», a expliqué Kadhafi à la télévision libyenne. «Tous les pays arabes qui entretiennent des relations avec Israël sont des régimes lâches», a-t-il ajouté.

Le dirigeant libyen a appelé les pays musulmans à unir leurs forces contre les puissances occidentales, expliquant que le monde était divisé entre une partie blanche, regroupant les Etats-Unis, l’Europe et leurs alliés, et une partie verte, le monde musulman.

«La couleur blanche a décidé de se débarrasser de la couleur verte. Ces pays doivent être unis contre la couleur blanche car tous ces pays blancs sont les ennemis de l’islam», a-t-il soutenu, à l’occasion de son premier discours d’importance depuis la chute des régimes de Zine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Egypte.

Avec Reuters
Algérie:

L’opposition appelle à manifester chaque samedi

Des organisations de l’opposition algérienne ont appelé dimanche à manifester chaque samedi jusqu’à la démission du gouvernement. Plusieurs centaines de manifestants, inspirés par les révolutions de Tunisie et d’Egypte, ont défié samedi l’interdiction qui leur était faite de se rassembler place du 1er-Mai dans le centre d’Alger. Des milliers de policiers antiémeutes avaient été déployés pour faire échec à cette tentative de rassemblement.

La coalition des organisations de la société civile, certains syndicalistes et le parti d’opposition RCD, qui avait appelé au rassemblement de samedi, ont décidé lors d’une rencontre de renouveler de telles manifestations chaque samedi et de tenter de convaincre de plus en plus de monde d’y prendre part.

«Nous continuerons de manifester jusqu’à ce que le régime tombe. Chaque samedi, nous maintiendrons la pression», a expliqué Mohsen Belabes, porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie.
Avec Reuters