Que s’est-il passé mercredi 26 janvier à Dugway ?

C’est une bonne question, si vous avez lu l’article précédent! il y a de part le monde, pas mal de substances mortelles qui sont entre des mains guerrières. Tout les moratoires de destructions ne sont que poudre aux yeux, puisqu’il y en a toujours dans des endroits secrets,  bien à l’abri des regards. De là à penser que ces mêmes saloperies soient employées, pour anéantir des récalcitrants, il n’y a qu’un pas……..l’agent orange au Viet Nam nous en donne un triste aperçu. Et pas questions de « frappes chirurgicales », personne ne verra rien venir, car cet ennemi est infiniment petit, invisible et mortel, quand c’est un virus! Il existe aussi, toute une panoplie de gaz neuro-toxiques, qui peuvent nous enlever la vie en un instant! Mais pour l’instant, il nous faudrait des preuves de visu…..donc sujet à suivre………

L’affaire retient l’attention : la base américaine de Dugway a été fermée jusqu’à nouvel ordre ce mercredi 26 janvier, pour des raisons à ce jour inexpliquées. Selon son commandant, « personne n’a été mis en danger » à l’intérieur du périmètre de la base. Mais la « cause sérieuse » mise en avant par ce même commandant pour justifier sa fermeture et empêcher toute entrée/sortie de l’enceinte fait craindre une manipulation ratée davantage qu’un simple problème de sécurité, quand on sait ce à quoi s’adonnent les personnels de ce trou perdu au milieu du désert de l’Utah. Des expérimentations dont je vous avais déjà fait p art en décembre 2009, dans mon épisode 6 de la série « De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA « . La base de Dugway est en effet intimement liée à cette même CIA ; et aux expérimentations du type bacilles ou gaz innervants : c’est un des piliers des recherches sur les armes bactériologiques depuis plus de 50 ans maintenant, qui sert depuis quelque temps également aux essais de nouveaux drones. C’est dire à quel point la nouvelle peut être inquiétante.

Source de l’article « morice » pour agoravox


C’est à Dugway qu’avaient été expérimentés les fameux camions disséminateurs d’armes bactériologiques qui avaient servi de modèles à ceux décrits par Colin Powell et imputés à Saddam Hussein. Je vous avais même retrouvé leur look, que Colin Powell avait décrit terait pour trait comme étant des camions… irakiens.. Et vous avais rappelé également que de « 1957 à 1967, 19 officiers irakiens avaient été entraînés à la guerre bactériologique sur le territoire même des Etats-Unis ! »… ce qui laisse songeur, aujourd’hui encore, car on ne sait évidemment pas ce qu’ils sont advenus depuis. De même que je vous avais déjà raconté l’une des premières fermetures de la base… pour enquête, après la mort de centaines de moutons aux alentours. Tous morts de l’agent VX, un gaz innervant qui sera expérimenté plus tard au Viet-Nam avant d’être discrètement retiré sous la pression de l’opinion. Selon des témoins qui ont déposé devant des juges en 1995, c’est bien à l’anthrax que l’on était passé à cet endroit. C’était en tout cas la déposition du docteur Gerhard Bienek, qui affirmait qu’on y avait bien fait circuler de l’anthrax de 1989 à 1993 tout au moins. L’histoire s’était sue, et était remontée jusqu’aux oreilles du gouverneur de l’Etat. Selon Bienek toujours, il lui avait été demandé de minimiser au maximum le rôle de l’anthrax dans une lettre envoyée en réponse au gouverneur local Norman H.Bangerter, qui s’inquiétait, afin de calmer les questions que posaient par la voix de l’élu les populations locales. « On ne peut ainsi mentir au Gouverneur et à la population de l »Utah » avait-il alors indiqué quelques temps après, pris de remords. On l’avait forcé à évoquer la production de 10 millilitres seulement, alors qu’il savait qu’il y en avait selon lui pour au moins « 30 gallons » (plus de 110 litres, ce qui est énorme !)… Bienek précisant que la sécurité à l’époque était plutôt lâche sur la base… ce qu’avait immédiatement démenti l’attachée de presse de l’époque, Paula Nicholson. Qui se sentait obligée d’ajouter en 2002 que « depuis le 11 septembre, la sécurité avait été renforcée ». Ce que Bienek moquait, en dénonçant une corruption rampante et généralisée au sein de la base… Bienek subissant peu après ces premières déclarations les premiers effets sur sa santé des multiples expositions subies à Dugway. Il dénoncera un autre phénomène inquiétant : les décharges sauvages du site, dont celle de Tooele County, pour laquelle le shérif du coin n’avait pas pris visiblement la juste mesure et la dangerosité ; sous informé par les militaires de la base de Dugway.

Car le site de Dugway demeure encore aujourd’hui un vase clos, où l’on teste aujourd’hui les armes du futur (aux bien étranges hangars gonflables et d’aussi étranges radars météos) : en 2009, le site avai accueilli des expérimentations sur de nouveaux drones, sous l’appellation ronflante « d’ Unmanned Aircraft Systems Project Office Rapid Integration and Acceptance Center »… en plein désert, Dugway est l’endroit rêvé pour les expérimentations de drones, en effet. Le problème étant que l’histoire de l’endroit est tellement mêlée à celle des expérimentations de gaz ou de bacilles que le mélange des deux genres fait froid dans le dos… Selon les directives officielles en effet a changé d’objectif premier : « le centre de Dugway, qui est ouvert à tout organisme militaire ayant des besoins en matériel sans pilote à tester rapidement et à mettre en service, a une triple mission – de tester et d’obtenir le plus d’aéronefs date dans le laps de temps le plus court possible et à fournir à l’armée, et au ministère de la Défense, à l’industrie et aux universités une installation de classe mondiale pour la recherche, la conception et la formations des opérateurs  » est-il écrit dans une brochure présentant le site.. repercutée par le magazine Deseret News. Du plus petit (le Raven) aux moyens (le Shadow 200) jusqu’au plus gros (le Predator), tout l’éventail des drones est testé à Dugway nous précise le même magazine. Avec juste à côté, les stocks d’agents neurotoxiques.

Le lendemain déjà, en effet, la base annonçait fièrement que tout était OK à nouveau... mais en révélant qu’un « flacon de VX « léthal » avait manqué à l’appel pendant toute la journée de mercredi, lors d’un « inventaire de routine ». Il n’avait été retrouvé que le lendemain vers 15h, précisait-on. Bien, tout allait mieux dans le meilleur des mondes… à part que l’aveu était sidérant : le stock de gaz innervant est donc toujours bel et bien existant, et sa suveillance… toujours aussi lâche. Toujours selon la mise au point de l’armée, le flacon manquant était « minuscule », ne contenant qu’un seul millilitre « en gros un quart de petite cuillère » précise le porte parole de l’armée. On veut bien le croire, comme on a crû lors de l’attaque de l’Irak que Saddam Hussein en possédait, du méthylphosphonothioate, ou VX, découvert en 1954 par les anglais : même qu’à ce moment là on affirmait qu’une seule goutte sur une tête d’épingle était mortelle… selon l’équipe de joyeux drilles de Colin Powell, et même déjà avant son arrivée sous Bill Clinton Saddam nentait et en avait même mis dans ses têtes de missiles (à l’époque on est allé très loin dans la charge contre l’individu !). Ce texte de la BBC retrouvé de 1998 le prouvant par l’exemple. Sans odeur et sans goût, le VX est difficilement détectable. Avoir à en faire la chasse, en 2011 encore à ce genre d’arme dans un endroit où l’on teste l’un des vecteurs les plus discrets pour en répandre ne présage rien de bon : on sait que l’ineffable Dick Cheney a parlé à plusieurs reprises d’une attaque « terroriste », « sur le sol américain », d’une ampleur inusitée pendant le règne de l’administration Obama, prétendue laxiste en tout dans le domaine du Homeland Security. Aurait-on assisté à une énième tentative de déstabilisation comme celle qui avait été tentée avec la disparition lors d’un vol de convoyage de décommissionnement d’un ou deux missiles à tête nucléaire ?

Et il y avait danger connaissant l’action de ce fluide : le « VX est un type d’agent neurotoxique. Quand l’agent VX entre en contact avec un être humain, les effets sont dévastateurs. Le VX bloque un certain type d’hormone qui détruit normalement les neurotransmetteurs qui stimulent les différents types d’organes dans le corps humain, et quand ils sont exposés, les enzymes sont paralysés et les neurotransmetteurs continuer à travailler. M. Joyce a expliqué que la cause du décès est habituellement l’accumulation de fluides dans les poumons, les spasmes dans les poumons, des convulsions et coma ».

Car, fait symptomatique, les USA sont censés ne plus en avoir du tout, de VX. En 1967, en effet, lors de l’opération CHASE, le 15 juin et le 19 juin exactement, on a rempli deux navires, le S.S. Cpl. Eric G. Gibson et le SS Mormactern (lancé en 1942) de 7380 fusées bourrées de Vx et on l’a sabordé par 2200 m de fond en face d’Atlantic City (à bord il y avait aussi 4 577 tonnes de gaz moutarde en containers !). Dans le Mormactern, avaient été introduits 38 tonnes de VX en containers, ainsi que 1 460 boîtes de fusées M55 chargées avec le même produit (une des pires saloperies inventées que ces roquettes !), plus 120 fûts d’arsenic et de cyanure. Le dernier bateau envoyé par le fond, le 7 août 1968, le S.S. Richardson, rempli de 3500 tonnes de gaz moutarde et d’explosif avait eu moins de chance que les précédents : il avait sauté sous l’eau, heureusement, avant de rejoindre les abysses ! BIen entendu, les trois années suivantes les prélèvements faits autour des épaves et des vestiges du Richarson et des deu autres navires coulés n’ont révélé « aucun dégât à l’environnement marin », dixit les militaires. Aujourd’hui, cela fait en revanche 40 ans pile que plus aucune étude n’a été menée…
Et les « dépôts » de la sorte ont continué après, au point d’en arriver à une note du Pentagone de 2008 affirmant que l’armée en a détruit 124 tonnes depuis le début des opérations, toutes balancées au même endroit… au large du New Jersey, sans trop se soucier des effets à long terme… en août 2008 encore, les Etats-Unis s’efforçaient toujours de se débarrasser de leurs containers à contenu mortel. Et la surprise, c’est une division de Veolia environnement qui s’était chargé de les éliminer : « Veolia Environmental Services (VES) a plus de 20 ans d’expérience de travail avec le ministère de la Défense pour les projets de gestion des déchets critiques. VES a traité les déchets contaminés pendant de nombreuses années par le biais d’un contrat avec Aberdeen Proving Ground » nous apprend en effet une brochure de l’armée US. C’est bizarre, je ne voyais pas ainsi l’environnement… Mais bon : ça a été fait paraît-il et ça s’est terminé en 2008 : « le 8 août, le personnel du Newport Chemical Agent Disposal Facility (NECDF) a confirmé le conteneur avec la dernière tonne de VX a été neutralisé avec succès, marquant l’achèvement de l’élimination de l’arsenal du Newport Chemical Depot (NECD). Depuis près de 40 ans, les travailleurs au dépôt de Newport chimique ont stocké en toute sécurité 1 269 tonnes d’agent chimique liquide VX disposés dans 1 690 conteneurs en acier. L’Hydrolysat, le résultant du sous-produit du processus de neutralisation, a été envoyé aux Services de l’environnement de Veolia à Port Arthur, Texas, pour son dépôt définitif ».
Ce jour-là, on claironnait ouvertement qu’il n’y en avait plus une goutte de VX, sur le territoire US : « Ce jour marque une étape décisive pour les travailleurs de Newport, les citoyens de l’Indiana et le reste du monde « , a déclaré Conrad Whyne, le directeur de l’U.S. Army Chemical Materials Agency (CMA). Les stocks de Newport ont été en toute sécurité éliminés, ce qui amène les États-Unis un peu plus à la réalisation de l’engagement pris par notre pays de le détruire les armes chimiques. nous appartenant « . En réalité, le tout dernier stock étant incinéré le 24 décembre 2008, les USA étaient censés depuis ne plus en avoir une seule goutte à leur disposition. De l’autre côté, les russes ont pris du retard pour éliminer les leurs, de stock : au dépôt de Shchuchye, inauguré le 29 mai 2009, on en comptait encore près de 6000 tonnes. Le hic, c’est que c’est situé à proximité de…Tchéliabinsk ! Il y a des coins du monde, comme ça, qu’il vaut mieux éviter. Là, et le long des côtes du New Jersey… et le désert de l’Utah, à 85 miles seulement (136 km) de Salt Lake City…
l’adresse des documents du CMA :

  • Benji

    Il y avait la zone 51, d’autres zones vont être réputées avec le temps pour entretenir une « légende » auprès des amateurs du genre. Le plus à craindre ce sont les « petits curieux » qui vont vouloir voir, s’approcher, prendre des photos, Etc….
    Quelqu’un se souvient de Tchernobyl? La ville est maintenant devenue une zone touristique, les gens vont visiter la zone irradiée en bus, visiter les bâtiments, prendre des photos, les gens sont cons! Le tourisme cancérigène, et les gens payent! Ce que je veux dire, c’est que cette base américaine, plus elle sera connue et plus il y aura de personnes qui tenteront d’aller jeter un oeil à ce qu’il s’y passe, malgré le danger potentiel ou réel.

  • voltigeur

    M’étonnerais que ça devienne touristique! l’armée n’a aucun sens de l’humour, quand il s’agit de camoufler ses petits et gros secrets! elle ne va surement pas aussi, distribuer les antidotes à l’entrée!!