Remake de Game of Thrones à l’ukrainienne – Maïdan saison 3 épisode 2 : le retour de Saakachvili….

Un « apatride » qui se balade sans contrôle aux frontières, il y a une « main invisible » la dessous. Ça sent les ennuis pour Porochenko. Un Maïdan numéro 2 en route ?

Depuis la chute de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine, et surtout depuis la première révolution orange qui a eu lieu en 2004, la politique ukrainienne ressemble de plus en plus à un mauvais remake « made in Kiev » de la fameuse série Game of Thrones (« le jeu des trônes »). Entre les rebondissements, les coups de poignard dans le dos et les retours de personnages qu’on croyait (politiquement) morts, tout y est, mais en moins divertissant.

Le dernier rebondissement en date est venu de Mikheil Saakachvili. Le 4 août, j’avais écrit dans un article que sa réapparition miraculeuse en Pologne, et les articles de plus en plus à charge contre Porochenko, indiquaient un possible futur Maïdan visant à destituer ce dernier par la force.

Tout cela avait été mis en attente avec la fameuse loi de réintégration du Donbass qui devait être votée, mais qui finalement se fait attendre elle aussi. Porochenko a du recevoir des avertissements sur les conséquences de cette loi si elle était votée telle quelle, et a reculé d’un pas. Sauf que les néoconservateurs en ont assez d’attendre encore et toujours.

En Syrie, 85 % du territoire syrien est désormais libéré de Daech. La fin de la guerre approche à grand pas. À tel point que les États-Unis auraient évacué par hélicoptère 20 chefs de Daech qui se trouvaient à Deir ez-Zor avant que la localité ne soit libérée par l’armée syrienne. En clair, en Syrie, ca sent de plus en plus mauvais pour les États-Unis et les groupes terroristes qu’ils soutiennent. Il faut donc allumer un autre brasier pour entraîner la Russie dedans.

Et le conflit dans le Donbass est un bon candidat pour pousser des proxys (l’Europe et l’Ukraine) à faire la guerre contre la Russie. Mais Porochenko est trop « mou » pour les néoconservateurs. Ils veulent plus radical, et il se trouve que parmi tout ce qu’ils ont en stock en terme de politiciens ukrainiens importants, Ioulia Tymochenko est actuellement celle qui bénéficie du meilleur capital sympathie au niveau de la population.

Mais seule il lui est difficile de destituer Porochenko (et ce n’est pas faute pour elle d’avoir essayé). Alors les États-Unis renvoient en Ukraine, un « allié » pour aider cette chère Ioulia à semer le chaos à Kiev : Mikheil Saakachvili. Il a une expérience certaine des révolutions de couleurs (il est devenu président en Géorgie après la Révolution des Roses), mais aussi pour ce qui est de déclencher des guerres contre des civils vivant dans des zones ayant fait sécession (il faut rappeler que c’est lui qui a déclenché la guerre en Ossétie du Sud en 2008).

Dimanche 10 septembre, après des péripéties savamment orchestrées pour jouer en sa faveur sur le plan de la communication, Mikheil Saakachvili a réussi à rentrer en Ukraine par la force, avec l’aide de Ioulia Tymochenko, du maire de Lvov (ville où il s’est rendu de suite après), de ses partisans et de membres (ainsi que du chef Semion Semiontchenko) du bataillon ultra nationaliste Donbass. Les gardes frontières ukrainiens n’ont opposé qu’une résistance toute relative. Le « cordon » qu’ils avaient formé n’était absolument pas en mesure de résister à la charge des partisans de Saakachvili venus en grand nombre :

En clair ils ont juste fait semblant de défendre la frontière, ou alors ils sont réellement incapables de la protéger. Dans un cas comme dans l’autre c’est très mauvais pour l’Ukraine.

Et pour ceux qui douteraient que Saakachvili est soutenu par les États-Unis dans cette démarche, il suffit de voir qu’il a réussi à revenir en Europe depuis les États-Unis, alors qu’officiellement il n’a plus ni passeport ni nationalité ! Pire encore, lors de son franchissement de la frontière polono-ukrainienne, les gardes frontières polonais l’ont laissé passer sans encombre, alors qu’ils ne pouvaient pas ignorer que Saakachvili est désormais soi-disant apatride.

Et si vous voulez une ultime confirmation de ce fait, il suffit de regarder la déclaration que Kurt Volker (représentant spécial des États-Unis en Ukraine) a faite suite au scandale qui a été déclenché par l’arrivée de Saakachvili en Ukraine. Volker appelle ni plus ni moins Porochenko à laisser Saakachvili libre, à ne pas l’arrêter et à lui permettre de déposer un recours devant une cour ukrainienne concernant le retrait de sa nationalité !

Cela vous rappelle quelque chose ? On dirait un copié collé à peine modifié des appels de l’Europe et des États-Unis envers Ianoukovitch lors du Maïdan, l’appelant à ne pas réprimer les manifestations par la force ! La suite de l’histoire nous la connaissons.

Ce qui s’est passé dimanche a poussé plusieurs personnalités comme Oleg Tsariov (ancien député ukrainien), mais aussi Nino Bourdjanadze (ex-présidente du parlement géorgien et ex-présidente par intérim de la Géorgie), à déclarer ouvertement que Porochenko a perdu le contrôle du pays et que ses jours sont comptés.

« Récemment, j’ai écris qu’en Sardaigne, Igor Kolomoïsky et des politiciens ukrainiens, dont certains du Bloc d’Opposition, et des hommes d’affaires, s’étaient rencontrés. Et le fait que Saakachvili est désormais protégé par le bataillon « Donbass » démontre que tout se passe grâce à l’argent de Kolomoïsky. Ioulia Tymochenko est aussi liée à tout ça. Avakov n’a pas empêché cela. Tout ceci envoie des signaux très perturbants à Porochenko, » a ainsi déclaré Tsariov lors d’une interview donnée à Tsargrad.

Pour Tsariov, Tymochenko utilise Saakachvili comme un bélier pour renverser Porochenko. Sachant que le bataillon Donbass fait partie de la Garde Nationale ukrainienne, cela veut dire que cette dernière n’obéit plus à Porochenko. En clair, le président ukrainien perd littéralement le contrôle du pays.

Nino Bourdjanadze va plus loin et implique ouvertement les états-Unis dans cette affaire :

« Malheureusement, les événements à la frontière de la Pologne et de l’Ukraine le 10 septembre, ont montré que l’Ukraine n’est pas un pays. Elle n’a pas pu assurer la sécurité de sa frontière, et l’aventurier Saakachvili en a profité. Porochenko va perdre son poste de président. Mais cela ne devrait pas être porté au crédit de Saakachvili. L’incident a brillamment montré que derrière Saakachvili se trouvent les agences de renseignement américaines. Cette opération a été planifiée et protégée par eux du début jusqu’à la fin, » a-t-elle ainsi déclaré.

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Auteur Christelle Néant pour DoniPress

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