L’autoritarisme rampant à la française

Retenez bien ce mot si vous ne le connaissez pas: Démocrature! C’est ce qui résume la France à democratie-panchol’heure actuelle, sous une apparente démocratie se cache une dictature, ou du moins, quelque chose qui s’en rapproche dangereusement. Le pire, c’est que même certains journaux le reconnaissent maintenant, la France n’est plus ce qu’elle était, quant à la démocratie… Le pouvoir a été raflé par la finance, par les multinationales, par l’UE qui décide et impose, et le gouvernement en place est plus là pour les apparences que pour réellement travailler pour les intérêts du pays et de ses habitants, de simples marionnettes dont on ne distingue pas les fils…

«En France, on peut observer une dérive autoritaire: la façade est démocratique (des élections, des médias qui fonctionnent librement, etc) mais les centres de décision sans réels contrepouvoirs sont resserrés, poursuit le professeur de l’UCL.

Les dérives sont nombreuses, les signes ne sont plus inquiétants, nous sommes au-delà depuis bien longtemps déjà, et l’article qui suit pointe l’ensemble de ces problèmes, pointant certaines similarités avec les heures sombres de l’histoire sans aucune réelle exagération…

Depuis plusieurs mois, défenseurs des droits humains, magistrats et universitaires alertent l’opinion. À un an de l’élection présidentielle, ils pointent du doigt une série de signaux inquiétants pour la démocratie

Partira, partira pas? En mouvement ou statique? Jusqu’à la dernière minute, la passe d’armes entre le gouvernement et les syndicats autour de la manifestation du 23 juin a ressemblé à un effarant dialogue. Depuis les débordements lors de rassemblements contre la loi travail, notamment autour de l’hôpital Necker dans le XVe arrondissement, le 14 juin dernier, l’opposition était forte entre les représentants syndicaux et l’exécutif. Jusqu’au dernier moment, le gouvernement brandissait la menace d’une interdiction dénonçant la violence réelle ou fantasmée des «casseurs», menace à laquelle se refusait obstinément les opposants à la loi travail.
Dans la matinée du 22 juin, l’annonce de l’interdiction de la manifestation syndicale par la préfecture de police vers 9 heures a donc logiquement provoqué une levée de boucliers, notamment à gauche jusqu’au sein de la majorité socialiste. Bien qu’éphémère cette interdiction de manifester constituait un précédent depuis la guerre d’Algérie. La dernière interdiction de ce type remontait à 1962, lorsque la CGT, la CFTC et quatre autres organisations syndicales avaient appelé à manifester contre l’OAS, place de la Bastille. Or, sous la Ve République, jamais un cortège syndical n’avait été empêché de marcher contre une loi sociale.

«C’est totalement inédit», observe à ce propos dans Marianne l’historienne des mouvements sociaux Danielle Tartakowsky. Sa stupéfaction en dit beaucoup: qui aurait imaginé en 2012, quand le candidat Hollande revendiquait «le droit de manifester autant que nécessaire», que la gauche une fois au pouvoir se prononcerait en faveur de l’interdiction d’une manifestation?

Est-ce comme le pointe du doigt l’ex-ministre écologiste du Logement Cécile Duflot, très critique de l’action gouvernementale, le symptôme d’une dérive «vers une forme d’autoritarisme», sept mois après l’instauration de l’état d’urgence?

Une tentation autoritaire?

Il y a plusieurs mois, Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VIII, observateur des pratiques de la démocratie, est l’un des premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme quant aux «signaux inquiétants» qui peuvent faire craindre une dérive autoritaire en France. Dans un entretien à L’Obs, suscité par une conférence qu’il a donné début février sur l’avenir de la démocratie à l’University College of London, l’universitaire explique pourquoi la France est, selon lui, la démocratie occidentale la plus exposée à une tentation autoritaire alors que les crises (économique, politique, des réfugiés, etc) s’accumulent.

 L’arsenal juridique existait au moment des attentats. Une loi de plus ne changera rien. En revanche, en l’état actuel du texte, la France peut basculer dans la dictature en une semaine

Frédéric Sicard, en mars 2016

À un an de l’élection présidentielle de 2017 où aucun scénario n’est encore privilégié, le tableau qu’il dresse n’est en effet pas très réjouissant.

«La pente sur laquelle s’est engagée la presque totalité de la classe politique française, droite et gauche, est assez inquiétante, affirme Yves Sintomer. La xénophobie s’accroît. Une vision fantasmatique de l’Europe s’impose. (…) Parallèlement, le FN continue de progresser et même si l’élection de Marine Le Pen à l’Élysée n’est pas probable, elle ne peut plus être exclue.»

Et d’ajouter:

«La France a montré que lors de période difficiles, elle pouvait vite avoir des réflexes autoritaires: Vichy, la guerre d’Algérie… L’ensemble des crises que nous traversons, la crise de défiance, les legs du passé, tout cela forme un cocktail explosif.»

Il n’est d’ailleurs pas le seul à être préoccupé par la situation. Comme le rapportait Jean Quatremer, journaliste à Libération, le virage sécuritaire de la France donne des frissons jusqu’à Bruxelles et Strasbourg, où commissaires et députés européens s’interrogent sur l’attitude à adopter. Interrogé le 1er mars par une journaliste du Figaro, le nouveau bâtonnier de Paris, Frédéric Sicard, s’est montré très énervé –c’est un euphémisme– quant à «une série de lois qui grignotent l’État de droit», à l’instar de la très controversée réforme de la procédure pénale, dite loi Urvoas, adoptée le 19 mai par Parlement malgré la condamnation générale des barreaux européens:

«Tous les spécialistes le disent: l’arsenal juridique existait au moment des attentats, c’est juste que l’État n’a pas les moyens de l’utiliser, y déplore le patron des avocats parisiens. Une loi de plus ne changera rien. En revanche, en l’état actuel du texte, la France peut basculer dans la dictature en une semaine. Ce n’est pas acceptable.»

Dans la ligne de mire du bâtonnier de Paris, il y aussi l’état d’urgence. Depuis le soir des attentats du 13 novembre 2015, ce régime suspensif des libertés publiques a été instauré pour protéger les Français de la menace terroriste à court terme. Or, depuis son entrée en vigueur ce dispositif dérogatoire, qui permet aux préfets ou au ministre de l’Intérieur selon les prérogatives, de restreindre la liberté de circulation des personnes, de dissoudre des associations, d’ordonner des perquisitions sans l’autorisation d’un juge, d’assigner à résidence des suspects «dont l’activité s’avère dangereuse», etc., est sous le feu des critiques d’un grand nombre d’universitaires, de magistrats, de syndicalistes (comme la CGT-Police) ou de défenseurs des droits de l’homme.

Source et suite sur Slate.fr

Il faut donc s’informer pour savoir, comprendre et avoir une réflexion plus aboutie, mais n’oubliez pas qu’il vaut mieux se tourner vers des médias indépendants proposant des revues de presse et des condensés d’informations, prenant parfois des risques pour exister, que vers les grands médias eux-même qui de toute manière ne dénonceront jamais vraiment la situation actuelle, puisque cela n’irait pas dans l’intérêt de leurs propriétaires. Comme l’a titré le journal l’Humanité: «Aujourd’hui ce sont les milliardaires qui vous informent».

 

23 commentaires

  • JBL1960 JBL1960

    Quand certains, dont je suis, avions dit qu’au lendemain des attentats on était en dictature 2.0, on s’est fait latter… Pourtant on s’est appuyé, à chaque fois sur des écrits et des exemples précis. Pour ma part j’ai même dès le 11/12 date de création de mon blog, fait monté en grade Hollandouille en Maréchal… Tenez = https://jbl1960blog.wordpress.com/2015/12/12/reveillez-vous-les-gens/ et une semaine après = https://jbl1960blog.wordpress.com/2015/12/18/cherchons-la-faille/

    Et aujourd’hui on en est là = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/30/cest-rien-que-des-khomri/ En moins d’un an ! J’ai toujours prétendu que les fêtes de fin d’année 2015 s’étant passées sous état d’urgence peut-être celles de 2016 se passeraient en prison pour beaucoup d’entre-nous ! En tout cas et sur la même ligne, Hollande, Walls, Ciotti, Estrosi, Wauquiez… Font tout pour et nous en donnent les preuves jour après jour, non ?

    • nomdemon

      Et tu penses qu’on va laisser faire ou on va finir par se bouger ?

      • JBL1960 JBL1960

        @nomdemon = Il y a quand même une prise de conscience et un éveil qui se ressent de partout. Surtout compte tenu des multitudes d’infos qui sortent pratiquement en temps réel et on « ressent » comme une lame de fond, puissante, qui s’en vient. Et un peu sur cette idée avancée par V. Hugo « Il y a une chose plus forte que toutes les armées du monde, c’est une idée dont le temps est venu. » Y’a encore à taffer, et à s’entrainer, mais y’a vraiment des trucs encourageants et heureusement…

  • locke

    L’autoritarisme rampant à la française ?

    Pas qu’en France qu’il rampe l’autoritarisme…

    Maintenant en France il faut reconnaître qu’il se porte bien, qu’il s’est toujours senti comme chez lui, et pas que chez les élites

    Nous sommes dans le bref intervalle qui sépare Orwell d’Huxley, plus aucune mystique, plus de rêve commun, chacun s’occupe désormais exclusivement de sa gueule, la sacro sainte trinité restante : le cul / le pouvoir / le fric

    Plus d’ailleurs non plus d’ailleurs

    Le « peuple » se plaint que ses « élites » le trompent ? Mais le « peuple » a les élites qu’il mérite

    En réalité jamais ses « élites » ne lui autant ciré les pompes, ici à tous niveaux c’est le règne à mort de la démagogie : plaire à tous et à toutes ou crever !

    La France ne tient que par ses prestations sociales, elles disparaissent c’est la guerre civile, et elles disparaîtront aussi sûrement que l’effondrement financier annoncé

    Quel « peuple » au fait ?

    La « classe moyenne » ?

    C’est ça aujourd’hui le « peuple » ?

    Sans vouloir être méprisant la « classe moyenne » est extrêmement défaillante, elle est encore le plus sûr levier des « élites » pour réaliser leurs plans, classe de petits bourgeois n’ayant jamais passé le cap ancien régime, ayant raté le passage malgré ou à cause de la « révolution »

    Classe de petits parvenus qui ne pensent pas et qui s’ils pensent feraient mieux de ne pas penser

    Classe ici majoritairement constituée d’ancien paysans ayant malheureusement à peu près tout perdu de leur solide bon sens paysan d’antan, tout perdu de leur relative unité, de leur relative auto suffisance et de leur relative discrétion passée

    Bref classe de paumés, de grandes gueules désormais bizarrement muettes, pris en tenaille entre la racaille d’en haut et la racaille d’en bas

    Tout est faux ici, tout pue le faux, à commencer par les rapports humain, le sinistre théâtre des rapports humains, dire la vérité n’est pas seulement regrettable et mal venu, c’est littéralement vu et senti comme une agression

    De toute façon la vérité personne n’est d’accord dessus et surtout personne n’en veut dès lors qu’elle suggère un gramme qu’il ne vous plaît pas d’entendre

    Chacun ici sa cible, tout amalgame permis pour ceux de la cible adverse, aucun toléré pour son camp

    « Nous » versus « eux » est l’idiotie première à ne pas commettre, systématiquement commise ici

    « Ils » sont votre reflet, dites-vous que les salopards, que les « pignoufs » d’en haut sont votre reflet, ça nous fera gagner du temps

    « Ils » surfent sur la vague, sur la déferlante de la connerie ambiante

    Tout ici est miroir, déformant peut-être, mais miroir quand même

  • geronimo87

    Bonjour à tous.
    Locke : le cul / le pouvoir / le fric
    Quand on n’a plus ça, on fait quoi.
    (Heureusement, il n’y a pas que ça: le plus important, c’est le reste)
    Bonne journée quand même.

  • Le veilleur

    Regardez l’histoire, l’autoritarisme comme la dictature ne dure jamais bien longtemps et elle finit toujours par être renversé, de plus, d’un quinquina à l’autre tout peut changer, cela dépend de qui est au commande sur le moment.

    Les financiers et les multinationnales ne sont obéis que parce que les gouvernements sont corrompus et acceptent de l’être mais il arrive que certains dirigeants résistent aux pressions et aux menaces, nous en avons actuellement des exemples. Rien n’est acquis, même pour la finance.

    Actuellement dans le monde, il y a des pays qui ne sont pas en dictature car leurs dirigeants servent le peuple, partant de là, la dictature n’a aucune raison d’exister. Cependant si les Français s’affirmaient d’avantage et refusaient d’entretenir ce système dictatorial nul doute que nous n’en serions pas là.

    Commençons par retirer l’argent des banques et arrêtons de consommer et si vous le pouvez même, arrêtez de travailler, ainsi la finance perdra une grande partie de son pouvoir sur nous.

    « Les gens doivent arrêter d’accepter la servitude. Ils n’ont pas besoin de prendre quoique ce soit au tyran, ils doivent simplement arrêter de lui donner…. Lorsque le tyran ne reçoit plus et n’est plus obéi, il finit nu, sans force et sans pouvoir. Il finit par n’être plus rien. Il partage la destinée d’une racine laissée sans eau, sans nourriture, il devient un morceau de bois sec, mort… « Étienne de la Boétie ».

    «Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire, la voie de la vérité et de l’Amour à toujours triomphé. Il y a eu dans le monde, des tyrans et des assassins et pendant un temps, ils peuvent nous sembler invincibles et à la fin, ils tombent toujours. Pense à cela toujours. » Gandhi.

  • Pimpin

    Parce que vouloir contraindre par la force (manifestations incessantes, dégradations, violences) un gouvernement à retirer une loi ce n’est pas de l’autoritarisme ?
    Si on n’est pas content de ce que font nos élus, qu’ils ne répondent pas à des manifestations de mécontentement, on les sanctionne aux prochaines élections.

    Je cite :
    Parallèlement, le FN continue de progresser et même si l’élection de Marine Le Pen à l’Élysée n’est pas probable, elle ne peut plus être exclue.»

    Le FN serait parmi les méchants partisans de l’autoritarisme ? Allons bon ! Il faudrait s’intéresser un peu plus à ce que propose ce parti au lieu de raconter n’importe quoi.
    En l’occurence face à un tel problème de tentative d’imposer un retrait de loi par la force dans la rue, le FN propose un référendum. Le peuple tranche, point.
    Qui donc est le plus proche de la démocratie ?

  • tissot

    Oui, mais comme le dirait « nordberre » la solution miracle serait « aslino »

  • BA

    Une construction supranationale, ça finit toujours par la dislocation.

    Je veux citer quelques exemples de construction supranationale, rien qu’en Europe :

    1. l’Empire romain
    2. l’Empire carolingien
    3. l’Empire Plantagenêt
    4. le Saint-Empire Romain Germanique
    5. le IIe Reich
    6. le IIIe Reich
    7. l’Empire napoléonien
    8. l’Autriche-Hongrie
    9. l’URSS
    10. la Tchécoslovaquie
    11. la Yougoslavie.

    À chaque fois, toutes ces constructions supranationales ont fini par se disloquer.

    De la même façon, l’Union européenne va finir par se disloquer.

    Comme d’hab.

    Toujours aussi pathétiques, les bisounours européistes paniquent, s’agitent, courent dans tous les sens, prennent l’avion, multiplient les réunions en Europe, accumulent les rencontres internationales, font des « réunions de la dernière chance » entre dirigeants européens afin, disent-ils, d’éviter « la dislocation de l’Europe ».

    Mais ça ne sert à rien.

    Les bisounours européistes n’ont toujours pas compris que l’Union européenne, DEPUIS SA NAISSANCE, était condamnée à se disloquer.

    Les bisounours européistes n’ont toujours pas compris que la machine infernale est lancée.

    Leurs efforts désespérés n’empêcheront pas l’Union européenne de se disloquer.

    François Hollande : « L’immobilisme serait la dislocation de l’Europe »

    http://actu.orange.fr/politique/francois-hollande-l-immobilisme-serait-la-dislocation-de-l-europe-lesechos-CNT000000qDFjc.html

  • bonjour

    efforçons nous de ne plus être dans la division

    qui divisent les êtres « soit disant humain » : les religions (religieux) les politiques (politiciens) , au nom du pouvoir et de l’avoir (argent)….

    bannissons de notre langage tous les sujets à division et ils sont nombreux…..essayons d’aller vers plus de partage et soyons de plus en plus remplis de sagesse…

  • jeremie1023

    Oh mais si nous savons qui tient les ficelles de ce monde. Seulement encore faut il chercher au bon endroit. C’est comme chercher désespérément une recette de cuisine dans un ouvrage de couture. Or c’est ce que vous faites ici. On s’interroge, on cherche, on se questionne mais on refuse d’aller trouver la véritable information.

    La Bible déclare en 1Jean 5:19
    «Nous savons que nous venons de Dieuv, mais que le monde entier se trouve au pouvoir du méchant.»

    Satan lui a même déclaré à Jésus que les royaumes de ce monde lui appartiennent.
    Luc 4:6
    «et le Diable lui dit : “ Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, parce qu’il m’a été livré, et je le donne à qui je veux.»

    Ces 2 versets répondent de façon claire et nette aux interrogations soulevées. Après on est libre de refuser et continuer à chercher éternellement en vain une réponse qui ne viendra jamais…

    Mais n’est ce pas là le propre de l’homme manquant d’humilité que de refuser la simplicité pour élaborer des thèses de son propre chef ?

  • Jadis

    Bonjour, il parait que les Ecossais et les « French » aiment l’europe.
    Il faut dire que Rome a été une grande nation, oups, pardon, l’impérialisme n’est pas une nation.
    Je radote, mais maintenant il est possible de cracher sur les magistrats, l’état de droit n’est plus (depuis 2005). toujours à la bourre le french. :D

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