Débuter en permaculture ou en jardinage: Voici les erreurs à éviter

Beaucoup souhaitent changer de vie, opter pour un avenir plus sain, plus vert, et même s’occuper d’un carré de terrain, mais le souci, entre les espoirs et la réalité, il y a parfois de très grandes différences, et de grosses erreurs possibles. C’est bien pour cette raison que nous allons tenter de voir quelles sont les erreurs à éviter à tout prix, sachant que celles-ci pourraient être contre-productives.

Voici donc ce qu’il faut ou ne faut pas faire pour bien débuter:

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1: Acheter le premier sachet de graines qui passe devant vos yeux:

Vous le savez sûrement déjà, il n’y a pas qu’un seul type de graines, il y a les semences dites « traditionnelles », et les graines hybrides, connues également sous l’appellation semences F1, et le F1 n’a aucun rapport avec la vitesse de croissance.

La grande différence étant qu’il est difficile de produire quoi que ce soit avec les semences hybrides, et qu’il faut racheter des semences chaque année afin de pouvoir planter de nouveau.

La raison est assez technique, comme nous l’apprend Wikipedia: « N’étant pas homozygotes, les plantes F1 ne peuvent s’auto-répliquer parfaitement, les graines produites par des plantes hybrides F1 sont des hybrides F2. Une fois planté, les caractères divergent: des gènes de résistance aux maladies et favorisant le rendement sont perdus, la maturité et la qualité deviennent hétérogènes. La moitié de la vigueur hybride est perdue à chaque génération post F1 successive. Il est donc très difficile de produire avec de telle semence. »

Il est donc logiquement préférable d’opter pour des graines biologiques et non hybrides, gain de temps, et surtout gain d’argent. Mais ce qui s’avère encore mieux, c’est que vous pourrez récolter ces graines afin de vous constituer une banque de graines, quitte à les utiliser par la suite pour procéder à des échanges afin de multiplier les variétés et les types de plantes dans votre lopin de terre.

Pas bien difficile de les reconnaître lorsqu’elles sont achetées dans le commerce, la spécificité est indiqué sur le paquet.

2: Ne pas respecter le sol

La terre est un élément vivant, c’est grâce à lui que vous allez pouvoir planter, faire pousser, produire et recommencer à volonté, et le maltraiter peut nuire à celui-ci, et avoir un impact réel sur vos plantes. De ce fait, sachez en prendre soin, elle vous le rendra bien. Pensez notamment à ne pas la retourner, pas besoin de bêche ni de quoi que ce soit, laissez plutôt faire la nature, et adopter la méthode Soltner, également connue sous le nom de « Mulch ». Pourquoi la retourner? Pour la faire respirer et la faire vivre, ayez plutôt confiance aux vers de terre et aux « autres amis » de la nature qui vont vous aider.

Il est intéressant de savoir également qu’en fonction de l’arrosage, de la région, du climat, la qualité de la terre peut changer du tout au tout, taux de PH, érosion, et surtout la perte des nutriments. Certaines plantes ont besoin de plus de nutriments que d’autres,, et le taux de PH peut s’avérer important pour bien définir quand planter. Être à la bonne saison ne signifie pas pour autant que le moment est idéal, ou que la terre est prête.

3: Planter au hasard

Vous vous doutez bien qu’il ne s’agit pas de jeter les graines au gré du vent, et qu’il faut se montrer plus attentif aux lieux de plantation, car chaque plante n’a pas les mêmes besoins. Il est bien sur réputé que les plantes ont besoin de soleil et de lumière pour croître, mais pas toujours aux mêmes proportions. Si certaines plantes ont besoin d’un peu d’ombre pour ne pas souffrir par la lumière du soleil lorsque celle-ci est trop forte, d’autres en ont besoin pour grandir et donner de beaux fruits, comme c’est le cas pour la tomate.

 

4: Arroser à la « vas-y comme j’te pousse »

Il faut bien penser à arroser son jardin, ni trop, ni trop peu. Un arrosage « économique » ou insuffisant ne va pas permettre à la terre de s’humidifier assez, seule la surface sera arrosée, mais l’eau n’attendra pas les racines qui se situent en profondeur, et c’est par elles que la plante absorbe l’eau. Sans eau, les racines ne se développeront pas, et la plante non plus.

Trop d’eau par contre risque de noyer la plante, empêcher aux racines de respirer, voire faire pourrir les-dites racines. Une plante trop arrosée est plus fragile, plus sensible aux maladies, et les fanent plus facilement au soleil. Pour un bon arrosage, ne multipliez pas les fréquences mais la quantité d’eau, en restant néanmoins raisonnable.

Dernière chose importante, n’arrosez pas n’importe quand, adaptez l’arrosage en fonction de la saison. Il est préférable d’arroser dans la matinée en automne et au printemps, cela évite notamment une trop grande baisse de température du sol durant la nuit. Pour l’été, préférez la fin d’après-midi voire le soir, la plante ne cuira pas au soleil, et cela évitera l’évaporation de l’eau durant la journée.

Le mieux dans le domaine est de se référer à ce dossier complet sur l’arrosage.

 

5: Planter n’importe quand

Planter au hasard en espérant que cela donne quelque chose de positif est possible, certains sont persuadés que la prière fonctionne également, ce n’est pas pour autant que les résultats sont convaincants. Tentez de planter des fraises dans la neige, je ne vous garanti par le dessert durant l’été… Planter oui, mais en choisissant la saison la mieux adaptée.

Pour cela, rien ne vaut le calendrier des semis, et pour ne faire aucune erreur, le mieux est de s’adresser à un site spécialisé dans le sujet: Calendriersemis.com

Calendrier-des-Semis-A2-légumes-herbes-compagnonnage-potagerCalendrier en taille réelle sur Calendriersemis.com

 

6: Ne pas offrir de « couveuse » à vos protégées

Planter directement en terre est une bonne chose, si les conditions météorologiques sont optimales, si le soleil est là, si la région et la saison sont idéales, si tout est parfait dans le meilleur des mondes, alors vous aurez de belles plantes, top moumoute! Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal, les saisons changent, les températures également, la météo est parfois capricieuse, et il est parfois conseillé d’avoir une « couveuse » pour obtenir une meilleure germination, c’est à dire une serre.

Le fait d’avoir une serre, quelle que soit la taille, a plusieurs avantages, notamment de contrôler la température et le niveau d’humidité. Alors bien évidemment, vous allez me dire qu’une serre peut coûter assez cher au final, ce à quoi je répond que nenni, bien au contraire! Il est possible de se fabriquer une serre avec des matériaux de récupération, et d’obtenir des résultats plus que convaincants. Nous avons proposé plusieurs méthodes sur le blog, à commencer par celle-ci pour une serre assez classique, celle-ci avec des bouteilles en plastique, et également la serre souterraine pour un prix plus que raisonnable.

 

7: Toujours planter pareil aux mêmes endroits…

Comme expliqué dans le point numéro 2, la terre est vivante et se modifie au fil du temps, ce qui fait que le niveau de nutriments peut varier, et donc s’appauvrir ou s’enrichir d’une année sur l’autre. Donc, partant de ce principe, si vous avez eu une bonne récolte sur un carré de terre une année, pas sûr que cela se reproduise l’année suivante, car si la plante a de gros besoins en nutriments, dites-vous que le carré de terre sur lequel la planté se trouve peut être en carence au niveau nutriments.

Faites donc tourner les cultures, changez les emplacements, vos plantes ne s’en porteront que bien mieux.

 

8: Inviter Monsanto et ses amis à la fête…

C’est sur que si l’on parle de permaculture, de respect de la terre et des plantes, on ne va pas aller acheter de produits chimique et dangereux qui flinguent tout, et surtout les efforts que l’on peut faire! Certains de ceux-ci ont un impact désastreux sur le sol, les plantes, les insectes bénéfiques (comme les abeilles ou les vers de terre par exemple), les animaux divers et variés, et sur votre santé. Alors si l’on peut éviter, et préférant des solutions plus naturelles par exemple…

Parmi les différentes solutions bien connues, et surtout gratuites, vous avez le purin d’ortie, celui d’angéliques, le vinaigre blanc ou l’eau de cuisson de pomme de terre, et même le bicarbonate de soude qui est également utilisé dans le domaine.

 

En espérant avoir pu vous aider avec ce sujet, et vous avoir apporté des solutions utiles…

16 commentaires

  • rouletabille rouletabille

    C’est intéressant,ils indiquent semences F1 ? (pourquoi le ferais t’ils?c’est contre productif)
    Je ne cultive plus mon petit potager et c’est juste pour savoir comment différencier les semences.
    Je crois que c’est la base à mon avis.
    Encore merci pour l’article.
    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

    • Les semences sont impossible a différencier a l’oeil nu.

    • patou04

      bonjour,

      Pour l instant la loi oblige a indiquer semence F1.
      Dire qu il est trés difficile de produire avec de telle semence est completement faux.
      Une telle semence aura un plante et un fruit qui auront des criteres physique trés precis.
      Mais en géneral ces semences sont steriles.
      ces semences sont obtenue par croisement de diverse varietes.

  • Ne pas oublier, les légumes bio de super marchés passent par des plates forme style MIN de Rungis. Donc systématiquement irradiés.
    De plus de BIO ils n’ont que l’étiquette. Ils sont tous peut être SISP, c’est a dire Sans Intrants Sans Pesticides mais pas complètement naturels, puisque sur le marché on ne peut trouver que des hybrides F1.

    • patou04

      « Donc systematiquement irradiés » incroyable.
      et puis tellement sur de ses dire.

      j ai visité personnellement plusieurs marché d’ interet nationaux. Et non point de zone d irradiation systématique…

      • Il doit faire référence à la ionisation de certains aliment.

        • patou04

          ionisation irradiation c est pareil…

          • boco

            Pour moi c’est différent, mais dans ce cadre là il semble que ….
            Dans tous les cas :

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Irradiation_des_aliments

            Ce rayonnement est obtenu à l’aide de radioisotopes, généralement du cobalt 60, et plus rarement du césium 137. C’est la technologie la plus efficace en termes de coûts, car la pénétration des rayons gamma permet le traitement de palettes entières, ce qui diminue fortement la manutention. Une palette est typiquement exposée au rayonnement pendant plusieurs minutes, selon la dose que l’on veut obtenir. La radioprotection prend la forme de boucliers en béton. La plupart des installations prévoit que la source radioactive puisse être immergée pour permettre la maintenance, l’eau absorbant tous les rayons. D’autres installations comprennent des boucliers mobiles. Il existe une conception qui maintient le cobalt 60 constamment immergé, et les produits à irradier sont placés sous des cloches hermétiques pour leur traitement.

            Ca fait un peu peur !

      • Tu n’as pas du regarder certains reportages, ni visité les quais a Marseille.
        De superbes installations ou arrivent de superbes légumes bio de l’étranger.

        • patou04

          non je m y suis rendu , c est quand meme mieux qu un reportage non???
          oui l ionisation des aliments existe en france mais de la a dire que c est systematique, c est encore plus sensationnaliste que bfmtv.

      • http://www.bioaddict.fr/article/les-aliments-irradies-sont-ils-dangereux-pour-la-sante-a84p2.html

        http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/securite/14041-aliments-irradies.htm

        « Des contrôles insuffisants et peu pertinents

        Ce qui est encore moins rassurant, c’est de savoir que la France est l’un des pays où il y a le moins de contrôles effectués sur ces produits. Selon les deux derniers rapports annuels de la Commission européenne (2006 et 2007), l’Allemagne reste le pays qui effectue le plus de contrôles (3 744 en 2007). En France, seuls 216 échantillons ont été contrôlés en 2006 et 117 en 2007 ! De plus le taux de fraude (produits mal étiquetés ou non autorisés) constaté est plus élevé : 14,8 % en 2006 et 5,13 % en 2007, contre 1,6 % en 2006 et 1,47 % en 2007 en Allemagne… »

  • Pour les bouteilles en plastique je déconseille.
    Pour le point n°7, Claude Bourguignon, microbiologiste des sols bien connu conseille de faire une rotation des plantes.

    Lydia et Claude Bourguignon font des conférences vivantes et instructives. De véritables cours sur la permaculture, et toujours avec humour.

    A regarder sans modération. Vous apprendrez énormément de chose et vous réconciliera peut être avec la chimie.
    http://4emesinge.com/tag/claude-bourguignon

  • STYX

    Pour la culture mulch ATTENTION prévoir aussi « un peu » de temps pour les limaces qui cette année sont légion.
    Plusieurs alternatives…perso j’y vais à la main ( un peu comme sur le forum) les conditionnant dans un bac plastique le temps de la cueillette puis les déporte dans un bois ou un champ le plus loin possible.
    Vous pouvez aussi les exterminer mais c’est gluant la limace…au pire le coup de l’assiette remplie de bière marche assez bien parait il mais pas essayé. D’autres méthodes plus trad. avec barrière sanitaire tel le marc de café, coquille d’oeuf mais pareil pas testé.
    En tout cas patate direct sur gazon avec un peu de terreau pour qu’elles prennent ça marche!( butter au fur et à mesure avec mulsh tondeuse) Bon j’en suis pas encore à la récolte mais elles sont bien belles.

    • Les canards coureurs indiens sont très bons pour faire la course avec la limace.
      Demandes à Fenrir.

      • Billou223

        Et pas que. Creusez de petits étangs autour de vos cultures, et laissez les grenouilles s’installer, elles sont encore plus efficaces, et complémentaires auxdits canards !

        En plus ces eaux créeront un micro-climat autour de vos cultures qui les protégera du gel, et la vase fait un excellent humus !