Nord: le RSA pourrait être supprimé à ceux qui ne cherchent pas d’emploi

Il n’y a plus d’argent dans les caisses, la région Nord était déjà au bord de la faillite en 2015, peu de chances que la situation se soit amélioré depuis. Cela s’explique entre autre par la baisse des dotations de l’état, raison très officielle, et le problème des emprunts toxiques qui sont avant tout un système d’évasion fiscale, raison moins mise en évidence puisque nos politiques ont discrètement fait passer une loi pour protéger les banques…

Donc, au vu de la situation financière, des économies doivent être réalisées, et celles-ci vont se faire entre autre sur ces « horribles sans-dents profiteurs qui refusent de se bouger les fesses pour trouver un travail »! Tu es au RSA? Tu risque de ne plus l’être bien longtemps, il faut faire des économies…

zero euroNouveau billet de zéro euro, pour continuer à aider ceux qui en ont besoin sans avoir à sortir d’argent…

Le conseil départemental du Nord a 108 000 allocataires du RSA à sa charge, 45 000 d’entre eux ne sont pas inscrits à Pole emploi. Le Département veut mettre fin à cette situation et menace de supprimer le RSA aux allocataires qui ne cherchent pas activement un emploi.

Le Département du Nord a 108 000 allocataires du « RSA socle » à charge, il s’agit de personnes n’ayant aucun revenu ou percevant moins de 500 euros par mois. Un tiers d’entre eux bénéficient du suivi social du Département et 70 % ont été orientés vers Pôle emploi.

45 000 de ces 75 000 n’est même pas inscrit à Pôle emploi et n’est donc suivi par personne. Or, cette inscription est obligatoire. Le Département veut mettre fin à cette situation et brandit des sanctions. Extrême menace : une suppression du RSA pour les plus réfractaires.

Sanctions graduées

Concrètement, le Département s’est fixé pour objectif d’envoyer d’ici novembre un courrier à ces 45 000 allocataires leur demandant tout simplement de donner signe de vie. Ils ont deux mois pour répondre en appelant le Département ou en allant directement s’inscrire à Pôle emploi. Si le courrier reste lettre morte, ils verront leur RSA amputé de 100 € (le montant varie de 524 € pour une personne seule à 1 100 € pour un couple avec deux enfants à charge). Deuxième étape : nouveau courrier et suspension du RSA dans les deux mois si pas de réponse. Enfin, dans un troisième temps, c’est la radiation qui peut être décidée.

Suite sur La voix du Nord via Business Bourse

Mais il faut bien mettre en évidence une chose très importante, c’est qu’une partie de ces personnes pourraient travailler, seulement, elles doivent sûrement revenir un peu trop cher, puisque les travailleurs détachés sont de plus en plus nombreux: 27% d’augmentation en 2015!

Les chiffres du ministère du Travail sont spectaculaires : le nombre des travailleurs détachés employés dans l’industrie en France a doublé en cinq ans. Ils éclairent de façon cruelle une double faiblesse française. D’abord une sévère défaillance de l’enseignement et de la formation professionnelle des jeunes dans notre pays. Ensuite – et nul ne l’ignore plus maintenant – le poids des charges sociales qui pèsent sur le travail : le rapport est de 1 à 4 avec la moyenne supportée par les salariés détachés des pays de l’Est, par exemple.

La conjonction de ces deux éléments donnent des résultats accablants : le nombre de travailleurs européens détachés en France a encore augmenté de 27% l’an dernier. Ce n’est pas anecdotique. Prenons l’exemple des chantiers navals de Saint-Nazaire. On y construit le plus beaux paquebots du monde. Il y a du travail pour plusieurs années et 30% des ouvriers qualifiés qui sont à l’ouvrage sont des travailleurs étrangers détachés. C’est dingue dans une région de tradition industrielle où le chômage dépasse 10%.

C’est un peu gênant à dire, mais sans ces salariés détachés (290.000 sont en contrats de détachement et plusieurs dizaines de milliers en intérim longue durée dans notre pays), nos entreprises auraient les pires difficultés à réaliser leurs grands chantiers. Prenez EDF. Elle n’a pu construire son terminal méthanier de Dunkerque, région pourtant dévastée par le chômage, que grâce à l’apport de salariés détachés. Et pas qu’un peu : 59% des techniciens et ouvriers qualifiés étaient étrangers.

Source et suite sur RTL

Il est intéressant de voir que l’article prenne comme exemple le terminal méthanier de Dunkerque, car justement l’émission Cash Investigation en avait parlé, et les conditions de travail de ces travailleurs détachés ne sont pas des plus enviables… 1000 euros/mois pour 45 heures de travail/semaine, conditions de sécurités discutables, à voir à partir de 7 minutes:

Effectivement, il y a du travail, mais pas pour les allocataires du RSA…

 

12 commentaires

  • abes

    S’attaquer au dernier bastion de la sécurité sociale c’est signer de manière claire pour mettre le pays en feu.

  • Gribouille

    Y a deux choses à dire
    1) Le RSA est une manière d’acheter la paix sociale. Supprimer le RSA pour certains allocataires, ils feront quoi à votre avis ? Ils vont rester sans réagir ? Vont pas se livrer à la violence pour se procurer de quoi vivre ?
    2) Sur la ritournelle qui explique le recours au personnel détaché parce qu’on trouverait personne en france pour faire le job. Mais alors, pourquoi embaucher des étrangers sous ce statut ? En principe à travail égale, salaire égale, et il n’y a aucune raison de payer un polonais moins cher qu’un français.

    • abes

      « … il n’y a aucune raison de payer un polonais moins cher qu’un français. »

      Le salaire minimum en Pologne est à peu près 300€ (source, contact avec la Pologne)
      Donc le payer moins chère qu’un travailleur Français en moins les charges sociales, c’est gagnant gagnant.
      Sauf peut être pour le Français.

      Par ailleurs, il y a beaucoup de Français qui vont s’installer en Pologne pour travailler dans des sociétés commerciales françaises délocalisées.

      Bref, on est d’accord que leur idée, comme d’habitude, c’est du concentré de bêtise. Visant à créer plus de précarité.

  • kalon kalon

    Le plus affligeant étant que la plupart des grands patrons déclarent publiquement qu’il faut légiférer pour arrêter le massacre !
    En fait, ils occupent la place médiatiquement pour empêcher les vrais concernés pas ce massacre de se faire entendre ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif
    Une technique déjà bien employée par les parlementaires, beaucoup gueuler dans l’hémicycle mais souvent absent à la séance des votes !

  • En Belgique cela fait déjà 5 ans que c’est le cas. Aussi bien pour le chaumage que le CPAS (correspond à votre RMI) Sans preuve de recherche d’emploie on suspend une 1er fois 6 mois, 1 ans, ensuite à vie. Pour ceux qui apporte des preuves mais malgré tout ne trouve pas, doivent soit suivre des courts ou une formation. Ils ne veule plus de personnes non occupée. Ce qui dans un sens est illogique car en pleins stage vous trouvez un emploie vous devez forcément interrompre vos courts qui peut être vous plaisait et vous ouvrait de nouveaux horizons.

    Orné

  • Le veilleur

    Comme il n’y a plus de travail je ne vois pas en quoi s’inscrire à pôle emploi va changer quelque chose à leur faillite. De plus si les régions obligent les gens à être inscrit à pôle emploi cela va faire grimper les chiffres du chômage ce qui n’est pas bon pour Hollande qui est déjà au plus bas dans les sondages.

    D’ailleurs je me demande si ce chantage n’est pas destiné à l’état qui ne fait rien pour aider les régions à financer le social, pourtant j’ai lu il y a peu que le gouvernement gagnait 293 milliards d’euros par ans en comptent les taxes, la tva, les amendes, les impôts, les gains de la Française des jeux et j’en passe.

    Alors une question qu’il faut se poser: où passe cette argent pour que l’état ne puisse pas aider les régions à financer le social, de plus le gouvernement continue de faire entrer des migrants et il faut bien nourrir, loger et donner à ces gens un minimum vital car on se doute que si les Français ne trouvent pas de travail, eux même n’en trouveront pas.

    Encore une fois ce sont les plus pauvres qui sont mis sur la sellette. Supprimer le RSA serait inadmissible, les pauvres n’y sont pour rien si les régions sont en faillites pour avoir contracté des emprunts toxiques, qu’elles s’attaquent d’abord à l’état qui protège les banques si elles veulent régler leurs comptent.

  • engel

    ils sont où les gars qui nous expliquaient que jamais ils ne feraient ça ? http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cool.gif

  • Pazoozoo

    Le Nord a toujours travaillé pour le Sud. C’est bien connu.
    Il serait plus logique de faire l’inverse.

  • Maverick Maverick

    Ironique, quand on parle d’expérimenter le revenu de base en Aquitaine … http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif

    http://rue89bordeaux.com/2015/07/le-rsa-inconditionnel-sera-experimente-en-aquitaine/

  • Holyarch

    En Aquitaine ça a déjà commencé depuis l’année dernière ( 2015 ) et les conseillers régionaux m’ont dit qu’ils n’ont pas de problème d’argent comme c’est le cas pour certaines régions car ils ont bien géré leurs caisses.

    Je témoigne : le RSA est baissé de 80% ( on ne touche que 20% ) pendant 3 mois si on se rebelle ( c à d que si on leur parle de la corruption qui règne en haut lieu … chut ! il ne faut pas le dire, c’est interdit ! ), puis supprimé si l’allocataire ne s’inscrit pas à pole emploi pour chercher du boulot.

    ils sont sérieux, toutes les personnes inscrits à pole emploi sont suivies ( pour mon cas  » fliquées » est le terme exact ).

    C’est le monde à l’envers : on ne flique pas les élus et les élites qui détournent des millions, des milliards ( paradis fiscaux, etc ) mais on flique les sans dents.

    Pour le revenu inconditionnel de base, ils ( les conseillers régionaux ) ont dit  » niet  » et ce n’est pas à l’ordre du jour.

    Même si le montant de 524 € est affiché partout, en vrai on touche moins, environ 450 €, cela dépend de la situation de chaque personne je pense.