Qu’est ce qui est pire, avoir un travail partiel, mal payé, insatisfaisant, ou ne pas avoir de travail du tout ?

Une question qui peut paraître scandaleuse et qui est tirée d’une chronique publiée sur Les échos, au sujet de la visite de Peter Harz à l’Élysée. Son nom a été donné à 4 lois qui ont changé le visage de l’Allemagne, mais avec quelles conséquences? Et de telles lois pourraient-elles être imposées en France?Autant de questions qui ne trouveront de réponses que dans l’avenir, à surveiller donc…

peter-hartz-le-25-janvier-2007-a-braunschweig_4714669

Ce mercredi et ce jeudi matin, le père des réformes sociales allemandes, Peter Hartz, était à Paris. La question à se poser est simple : alors que les chiffres français du chômage sont mauvais, y a-t-il des idées à prendre en Allemagne ?

1 – Peter Hartz est un homme dont on a beaucoup parlé ces derniers jours parce qu’il est passé voir François Hollande à l’Elysée avant Noël. Un rendez-vous banal mais un fantasme a couru la ville, suffisamment pour que Michel Sapin (ministre du Travail) et Marisol Touraine (Affaires sociales) annulent au dernier moment les rendez-vous qui avaient été prévus cette semaine avec lui : la prochaine étape du discours hollandais, est-ce que ce sont les réformes sociales allemandes ?

2 – Cet homme, que Les Echos ont rencontré, sent le soufre à gauche. Depuis dix ans, ses lois ont eu deux effets : une division par deux du chômage mais aussi une explosion des petits boulots ou du travail mal payé.

Peter Hartz est lui-même un homme paradoxal : DRH du groupe Volkswagen, il avait stoppé net des licenciements et choisi plutôt la semaine de quatre jours ; puis il a conseillé le chancelier social-démocrate Gerhardt Schröder à la tête d’une commission multi-partisane fonctionnant à l’unanimité. Puis encore, en 2005 , il a été condamné pour corruption…

3 – Les quatre lois qui portent son nom ont en tout état de cause changé le visage de l’Allemagne. Et si la question est de savoir si la France doit importer telles quelles les réformes Hartz, la réponse est clairement non : chaque pays a ses spécificités, le dialogue social n’est pas le même, la démographie et l’économie non plus. Exemple : en Allemagne, les services sont considérés comme … au service de la reine industrie. Le mot est abusif, mais c’est presque une sous-économie. En France, au contraire, le secteur des services, assurances, banques, grand commerce, c’est presque l’aristocratie – là encore c’est une image. Bref, les lois Hartz sont allemandes pour des Allemands.

4 – Cela étant, cela n’interdit pas de regarder ce qui a marché et de se poser une question presque philosophique, peut-être la seule qui vaille : qu’est ce qui est pire, avoir un travail partiel, mal payé, insatisfaisant, ou ne pas avoir de travail du tout ? La plus grande des inégalités, est-ce ces emplois-là ou ne pas avoir d’emploi du tout ? Hartz et l’Allemagne ont répondu : le pire, c’est le chômage. D’où les mini-jobs, les contrats à temps réduit à 450 euros par mois (complétés par des prestations sociales), la baisse des allocations chômage – . Et maintenant que le plein emploi est revenu, la société allemande décide de remonter les salaires, de créer un Smic – en dessous du nôtre.

5 – En France, il faudrait au moins accepter d’ouvrir des débats. Car dans ce domaine du marché du travail, le nombre de débats interdits est stupéfiant.

Article en intégralité sur Les échos

19 commentaires

  • Maverick Maverick

    La vérité, c’est que maintenant que partout en Europe les salaires sont laminés à la baisse, les investissements étrangers « évitent » ou « fuient » la France … Encore une promesse que l’Europe a tenue à sa manière :-(

    Et ça ne va pas s’arranger, une fois le TAFTA signé; nous serons en concurrence avec la main d’oeuvre US, en plus des travailleurs détachés et autres collègues européens …

    Alors entre les 39 heures payées 35 ou des lois « Hartz », ce ne sont ni les idées, ni les raisons qui vont leur manquer de nous imposer ce « choc de compétitivité ».

    Alors, je crois qu’il va falloir s’y faire, à avoir un travail partiel et mal payé. Parce que le chômage, c’est pas ça qui va manquer, de toutes façons.

  • laspirateur

    DECROISSANCE QUAND TU NOUS TIENS!

  • toniozev

    Le pire c’est de travailler à un salaire de misère
    Pour se plaindre
    Et se consoler devant la tv
    Je préfère ne pas travailler du tout
    Même si je m’ennuie par moment
    Vaut mieux gratter l’Etat
    Que de se faire gratter
    Vu que les Français n’ont pas le courage de chasser nos élites

  • leprixdelavie leprixdelavie

    Ce qui est pire c’est l’augmentation de la pauvreté en Allemagne alors que certains s’enrichissent toujours plus.

    Ainsi l’argent quitte les poches de ceux qui en ont un besoin vital pour aller dans les poches de ceux qui ont déjà accumulés de quoi vivre plusieurs centaines de vies.

    Ce qui est pire c’est que Monsieur HARZ trouve ça normal, en fait son rêve c’est la CHINE. Des milliards de travailleurs quasiment gratuits qui enrichissent toujours plus des milliardaires.

  • rouletabille rouletabille

    Il n’y a personne ICI chez les ME qui dise,ok pas de travail,Pas d’esclavage??
    Recevoir de l’utopie parcimonieusement distribuée à travers cette aberration vous semble normal.
    C’est à désespérer..

  • domi

    il a conseillé le chancelier social-démocrate Gerhardt Schröder à la tête d’une commission multi-partisane fonctionnant à l’unanimité. Puis encore, en 2005 , il a été condamné pour corruption…

    petits boulots pour les autres ,grosses combines pour lui

  • amethyste amethyste

    Bruxelles talonne Hollande pour des salaires revus à la baisse depuis son élection…

    Une fois les Européennes passées, il y a de fortes chances
    que cela arrive puisque ce sinistre individu qui nous sert de président fait la génuflexion devant Merckel et l’Europe….

    La question posée dans cet article est justement ce à quoi, les bobos voudraient faire plier les personnes privés d’emplois. Un travail à temps partiel payé une poignée de figues, plutôt que rien ?

    Mais alors, il faudrait pour cela, réduire les impôts, les loyers, les charges, la nourriture, l’essence etc etc…. Par deux voir par trois. Or c’est bien loin d’être le cas. Qui peut se permettre de vivre avec moins de 500 € par mois actuellement en France? Voilà la question que je vous pose…

  • Bien avec un travail partiel et ingrat on ne peut pas payer ses factures en plus du préjudice sur la santé et le mal être que cela engendre.
    Du coup ce n’est pas pire de ne pas avoir de travail du tout car le résultat est le même au bout du compte, hormis qu’on a du temps de vie en plus pour trouver une solution viable et décompresser de la situation si on bénéficie d’une pseudo « aide financière ».

  • leprixdelavie leprixdelavie

    Exemple de ce qu’entraîne la saloperie de ce monsieur, un chômeur privé de ses aides parce qu’il ne faisait pas assez de CV. Alors qu’il est illettré !!

    En France même si on leur met la pression pour virer les chômeurs de Pôle emploie ils ne font pas des saloperies pareilles.

    d’après un avocat Allemand, au moins deux tiers des sanctions sont illégales.

    Injustices, inégalités, pauvreté, répression, le plan Hartz et ses conséquences :

    http://allemagne-et-plus.a18t.net/?p=429

  • vanvoght

    ce type connait bien la nature humaine , c’est tout . et il sait très bien qu’avec un bon formatage télévisuelle les ploucs accepteront cette idée .qu’il aille se faire voire …… chez les grec , tiens , au fait , eux , ils ont accepté il me semble et il n’y as pas eu de révolution .