Le prochain enlèvement du combustible du réacteur 4 de Fukushima ..

C’est sans doute l’actualité la plus importante à suivre, et pourtant.. Pourquoi la communauté internationale n’intervient pas pour aider les japonais, qui semblent bien seuls pour gérer cette calamité qui nous concerne tous??…. Il serait grand temps d’agir, au lieu de faire des déclarations plus que pessimistes sur le bon déroulement des travaux. En milieu sain, lors de grands travaux, il y a toujours des impondérables, on doit se demander si, dans ce milieu ultra contaminé, sans l’assistance de la technologie, l’humain sera à la hauteur de ses ambitions…. Toutes les mauvaises nouvelles guerrières qui nous assaillent, risquent d’être dérisoires en regard de l’épée de Damoclès suspendue au dessus du monde. Ayons une pensée pour ceux qui œuvrent au péril de leur vie, pour que le pire soit évité, et que la Terre n’ait pas de grosses colères d’ici là…(Qui a vu hier, les ravages des munitions à uranium appauvrit à la TV ?)…

L’étape à venir de la feuille de route de TEPCO, un article traduit de Reuters. Allons-nous faire confiance à TEPCO ? Ultraman nous tiendra au courant de l’avancement des travaux.

L’étape la plus meurtrière du nettoyage nucléaire japonais

Préparation de l’unité 4 pour l’enlèvement du combustible de la piscine. Photo du 12 juin 2013 (Reuters)

 

Tokyo, 13 juin 2013

(Reuters) – L’exploitant de la centrale de Fukushima se prépare à enlever 400 tonnes de combustible extrêmement irradié d’un bâtiment de réacteur nucléaire endommagé, une dangereuse opération qui n’a jamais été tentée à cette échelle auparavant.

Contenant l’équivalence en radioactivité de 14.000 fois la quantité libérée dans l’attaque à la bombe atomique d’Hiroshima il y a 68 ans, plus de 1300 assemblages de barres (ou « crayons ») de combustible usagé étroitement reliées doivent être enlevées d’un bâtiment qui menace de s’effondrer en cas de nouveau gros séisme qui toucherait la zone.

TEPCO fait déjà face à une bataille perdue d’avance pour stopper le débordement d’eau radioactive à un autre endroit de la centrale et des experts s’interrogent sur sa capacité à mener à bien l’enlèvement de tous les assemblages.

« Ils vont avoir des difficultés à enlever ce nombre important de barres », a dit Arnie Gundersen, ingénieur en nucléaire américain et directeur de Fairewinds Energy Education, spécialiste de la fabrication d’assemblages de combustible. 

L’opération, qui démarre en novembre prochain au réacteur n°4, comporte de grands dangers, dont la possibilité d’une large libération de radioactivité si un assemblage se brise, se coince ou s’approche trop près d’un faisceau adjacent, ont dit Gundersen et d’autres experts en nucléaire.

Ce qui pourrait entraîner une catastrophe pire que la crise nucléaire de 2011, la plus grave au monde depuis Tchernobyl en 1986.


Personne ne sait jusqu’où les choses peuvent aller, mais Mycle Schneider etAntony Froggat, consultants indépendants, ont récemment dit dans leurs compte-rendus 2013 sur l’état de l’industrie nucléaire : « La libération complète de la piscine de combustible de l’unité 4, sans maîtrise ni contrôle, pourrait causer de loin la catastrophe radiologique la plus grave à ce jour ».

TEPCO a déjà enlevé l’année dernière deux assemblages de combustible non usagé de la piscine lors d’une opération-test, mais ces barres sont moins dangereuses que les faisceaux usagés. Extraire du combustible usagé fait normalement partie des opérations d’une centrale nucléaire, mais les arracher d’un réacteur sévèrement endommagé est sans précédent.

« Arriver à la conclusion que ça va fonctionner correctement pour la suite est d’une logique totalement boîteuse », a dit Gundersen.

L’exploitant dit reconnaître que l’opération sera difficile, mais pense qu’elle peut s’effectuer sans danger.

TEPCO inspire néanmoins peu confiance. Sévèrement critiqué pour avoir failli à la protection de la centrale de Fukushima contre des catastrophes naturelles, sa gestion de la crise depuis a également été blâmée.

La semaine dernière, le premier ministre Shinzo Abe a ordonné au gouvernement de prendre une part plus active dans le contrôle du débordement d’eau radioactive qui refroidit les réacteurs fondus des unités 1, 2 et 3 de la centrale.

Un cadre géant

Les assemblages de combustible se trouvent dans la piscine de refroidissement du réacteur n°4 et TEPCO a érigé un cadre d’acier géant au-dessus du sommet du bâtiment après avoir enlevé les débris laissés par l’explosion qui a ébranlé l’unité après la catastrophe de 2011.

La structure soutiendra des grues qui effectueront la délicate tâche d’extraire les assemblages de combustible qui ont pu être endommagés par le séisme, l’explosion ou la corrosion par l’eau salée qui a été déversée dans la piscine quand l’approvisionnement en eau douce est venu à manquer durant la crise.

L’opération commencera en novembre et TEPCO s’attend à une durée d’un an pour enlever les assemblages, a annoncé leur porte-paroles, Yoshikazu Nagai, à Reuters par email. Ce n’est qu’un épisode dans le processus de démantèlement de la centrale prévu durer environ 40 ans et coûter 11 milliards de dollars [environ 800 millions d’euros].

Chaque assemblage de barre pèse environ 300 kilos et a une longueur de 4,50 mètres. Il y a 1331 assemblages de combustible usagé et 202 autres non usagés qui sont également stockés dans la piscine, a dit Nagai.

Presque 550 assemblages avaient été enlevés du cœur du réacteur juste avant le séisme et le tsunami. Ce sont les plus dangereux parce qu’ils n’ont fait qu’être refroidis dans la piscine pendant deux ans et demi.

« L’unité n°4 n’était pas en service au moment de l’accident, son combustible a donc été déménagé du réacteur vers la piscine et si vous calculez la quantité de césium 137 de la piscine, elle équivaut à 14.000 bombes atomiques d’Hiroshima », a dit Hiroaki Koide, professeur assistant à l’institut de recherche sur les réacteurs à l’université de Kyoto.

Les barres de combustible usagé contiennent également du plutonium, l’une des substances les plus toxiques de l’univers, qui se forme pendant la dernière étape des opérations au cœur d’un réacteur.

Criticité involontaire

« Il existe un risque de criticité involontaire si des faisceaux se tordent et s’approchent trop près les uns des autres », a dit Gundersen.

Il se référait à une réaction atomique en chaîne qui reste incontrôlable et qui pourrait engendrer une énorme libération de radiations et de la chaleur, ingérable par le système de refroidissement de la piscine qui n’est pas conçu pour en absorber autant.

« Le problème avec une criticité de la piscine de refroidissement est qu’on ne peut la stopper. Il n’y a pas de barres de contrôle pour la gérer », a déclaré Gundersen. « Le système de refroidissement de la piscine n’est conçu que pour enlever la chaleur de désintégration, non celle d’une réaction nucléaire en cours ».

Les barres sont vulnérables aussi à un incendie si elles sont exposées à l’air, continue Gundersen.

Les assemblages de combustible sont situés dans une piscine en béton de 10 mètres x 12 mètres, dont la base se situe à 18 mètres au-dessus du niveau du sol. Les barres de combustible sont recouvertes de 7 mètres d’eau, a dit Nagai.

La piscine a été exposée à l’air après l’explosion quelques jours après que le séisme et le tsunami aient fait exploser le toit. Les grues et l’équipement qui servent normalement à extraire le combustible du cœur du réacteur ont été détruits aussi.

TEPCO a étayé le bâtiment, qui a pu s’incliner et se déformer après l’explosion, et qui reste une source d’inquiétude mondiale soulevée au Congrès américain.

L’exploitant dit que le bâtiment peut résister à une secousse semblable à celle de 2011 et ils effectuent des contrôles réguliers de la structure, mais la société a un problème de crédibilité. Le mois dernier, ils ont admis que de l’eau contaminée fuyait vers l’océan Pacifique après des mois de déni.

Les assemblages de combustible doivent d’abord être soulevés des racks où ils reposent, puis insérés dans un caisson d’acier. Cette opération se passe sous l’eau avant que le caisson, qui protège des radiations émises par les barres, ne puisse être enlevé de la piscine et ramené au niveau du sol.

Le caisson est ensuite transporté vers la piscine commune de stockage dans un bâtiment en bon état où les assemblages seront mis en réserve.

TEPCO a confirmé lors d’une investigation en début de mois que la piscine du réacteur 4 contient des débris.

L’enlèvement des barres de la piscine est une tâche délicate assistée normalement par ordinateur, selon Toshio Kimura, un ancien technicien de chez TEPCO, qui a travaillé à Fukushima Daiichi pendant 11 ans.

« C’était auparavant un processus par contrôle informatique qui mémorisait les emplacements exacts des barres jusqu’au millimètre près et aujourd’hui ce n’est pas possible. Il faut que ce soit fait manuellement, il y a donc un risque élevé de faire tomber et de briser l’une des barres de combustible », a dit Kimura.

Dans des circonstances normales, l’opération d’enlèvement de tout le combustible prendrait une centaine de jours. TEPCO a programmé au début qu’il faudrait deux ans avant de réduire le calendrier à un an sous prétexte de l’urgence. Mais c’est peut-être une estimation optimiste.

« Je pense que ce sera probablement plus long que ce qu’ils pensent et ils vont probablement aussi rencontrer des problèmes », a dit Murray Jennex, professeur associé à l’université de San Diego, expert en confinement nucléaire et ancien employé de la centrale nucléaire de San Onofre en Californie.

« Je ne sais pas si quelqu’un a fait des recherches sur l’expérience de Tchernobyl, comme de construire un sarcophage de béton, mais ces derniers ne semblent pas durer longtemps avec toute cette contamination ».

La corrosion par l’eau salée aura aussi affaibli le bâtiment et l’équipement, a-t-il dit.

Et si un autre séisme important se déclenche avant que le combustible ne soit totalement enlevé et renverse le bâtiment ou perfore la piscine et laisse l’eau s’écouler, un incendie du combustible relâchant plus de radiations que pendant la catastrophe initiale est possible, menaçant Tokyo à 200 km de là.

Quand on a demandé quel était le pire scénario possible qu’envisage TEPCO, Nagai a dit : « Nous réfléchissons maintenant aux risques et aux moyens de les combattre ».

Trouvé ICI.
Traduit pour le BistroBarBlog .

14 commentaires

  • engel

    « Il existe un risque de criticité involontaire », » Il se référait à une réaction atomique en chaîne qui reste incontrôlable et qui pourrait engendrer une énorme libération de radiations et de la chaleur ».

    En clair : Une explosion atomique!

    …Avec un tout gros champignon etincellant.

    • avec « 14.000 bombes atomiques d’Hiroshima » c’est pas un  » tout gros champignon étincelant. » … c’est +tôt la disparition du Japon et une irradiation entière de la planète au césium 137 pour des siècles et des siècles … par centaines de milliers … oui l’opération es vraiment « boiteuse » … mais il faut y croire avec beaucoup de pensées positives … parce qu’il y aura aussi les autres à décontaminer …

    • Mundus Mundus

      risque de criticité involontaire

      C’est un euphémisme ou de la novlangue!

      • jerry99

        C’est en opposition à la criticité contrôlé que constitue un réacteur nucléaire (vous savez le truc indestructible et parfaitement contrôlé).
        Par contre c’est un euphémisme de parler de risque de « criticité ». Car comme précisé dans l’article si le combustible entre en criticité elle n’est plus maitrisable et le niveau de radiation rendra toute opération impossible : vu la quantité de combustible toute l’eau s’évaporera et les radiations dégagées rendront toute approche humaine impossible (mort en quelques minutes; c’est plus du kamikaze là…). donc tout le site devient interdit , y compris les autres réacteurs, qui ne seront eux aussi plus refroidis (vous savez, le fameux corium qui a disparu et qui n’inquiète personne).
        Donc, avantage : vous ne produisez plus d’eau radioactive dans l’océan (car plus d’injection dans les piscines)
        Inconvénient : tout le japon est inhabitable (+ x milliers de km à la ronde)

        Mais bon, il parait que le risque est faible…

      • le corium lui il continue à creuser son trou … loin des yeux … loin du coeur … jusqu’à une nappe phréatique … et paf! le chien ….

      • jerry99

        et Paf le chien … à 3 yeux et 2 têtes ;-)

  • Maverick Maverick

    Le pire, c’est que si tout se passe sans encombre, TEPCO va rouler des mécaniques, du genre « vous avez vu comment on a assuré grave trop fort ? »

  • fotoulaver fotoulaver

    Fuyons !
    Quand on ne sait pas où on va, toutes les directions sont bonnes.

    • criminalita

      Pour les ouvriers c’est pas le salaire de la peur mais de la mort.
      J’avais lu que s’approcher du réacteur signifiait, mort dans les 2 heures. Alors là pour manipuler les crayons usagés faudra plus que de la chance.
      Pour moi le Japon est foutu….m.rd.

  • stereo

    Traduction en clair : « le nucléaire n’est pas dangereux, courage, fuyons, qu’ils se démerdent les jap.! ». Et la mondialisation, elle n’existe pas, dans ce cas-là ?

  • Scoob

    franchement depuis le temps que ça balance de la radioactivité dans les airs dans la mer , meme les pauvres oiseaux qui passent par labas vont aller contaminer leur pote à des milliers de kilomètres , l’océan idem . on en bouffe deja tous de la radioactivité qui sort de la-bas , meme chez nous en france y’en à partout , y’a des déchets enterrer partout en france , on a meme trouver des sanglier radioactif dans les campagnes française , toutes les sources doivent etre contaminé .

    • et oui !! c’est la fête !! je conseil des cures d’argile verte à consommer bien sur :( mais ça élimine les toxines par voies naturelles … sinon il y a aussi l’argent colodïal

  • ConscienceU12 ConscienceU12

    Ben di donc, on va rigoler à partir de novembre ; …serrage de fesses général pendant plus d’un an ; …va falloir faire des réserves de détoxifiants et de pommade anti-crampes là ;o)