Le butin de l’intervention française au Mali : uranium, or, diamants et pétrole

En l’état actuel, les forces engagées au Mali coutent 400’000 euros par jour. Une dépense qui va devoir, pour raison d’enlisement, être rapidement revue à la hausse en doublant au moins les effectifs engagés.

Également, il est surprenant d’entendre le ministre de Défense, Jean-Yves Le Drian, défendre cette intervention sous le prétexte que « la France est en guerre contre le terrorisme », une terminologie dont on sait que, en terme tactique, elle ne veut par définition rien dire, ce qu’a d’ailleurs largement démontré les dix dernières années de guerre en Afghanistan, qui auront couté plus de 2’400 milliards de dollars. Un conflit qui, non seulement, aura fait le bonheur du complexe militaro-industriel, mais également celui des Taliban, puisque tous les observateurs ont d’ores et déjà admis que le gouvernement fantoche de Karazaï explosera dès le départ des troupes étrangères, et les islamistes reprendront alors le contrôle total du pays.

Mais M. Le Drian semble aimer fanfaronner, puisque que, après nous avoir annoncé vaillamment samedi que la ville de Konna avait été reprise grâce à la France, il a du, ce mardi soir, faire marche arrière, et admettre ce que nous écrivions déjà il y a 48h : Konna est toujours aux mains des islamistes.

Nous expliquerons prochainement en détail pourquoi cet engagement français ne peut aboutir qu’à un échec sur le terrains des combats, en plus d’autres conséquences dramatiques sur le sol Français mais, pour l’heure, nous allons nous concentrer sur les intérêts réels de cette guerre, qui ne peuvent, sauf pour les imbéciles et les complices, être ceux affichés par le gouvernement Hollande.

La France connaît une situation de chômage dramatique. Officiellement, selon l’Insee, le ministère du travail et Pôle Emploi : c’est 10 % de la population active, soit environ 3 millions de personnes. Mais si l’on compte tous les « inscrits à Pôle Emploi » qui n’apparaissent pas dans les statistiques Insee, on est à plus de 5 millions.

Certains, comme David Bornstein, qui a récemment réalisé un reportage pour Arte intitulé « France : les chômeurs invisibles », estiment que ces chiffres sont largement sous évalués et que c’est en réalité 30% de la population active française qui serait touchée. En plus de cela, l’Unedic vient d’annoncer, pour 2013, une augmentation de 180’000 chômeurs, soit 500 par jour.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

La situation économique est plus catastrophique encore, puisque l’on sait que la France a été le pire cancre de la zone euro sur le 9 premiers mois de 2012 (il faut attendre encore un peu pour avoir un résultat sur l’ensemble de l’année) avec un déficit de sa balance commerciale de 62,5 milliards d’euros. Pendant le même laps de temps, l’Allemagne réalisait un bénéfice de 144,7 milliards.

Dans cette situation de quasi faillite, il va être difficile de faire croire très longtemps que la France se lance dans une guerre au Mali sans avoir des visées très précises sur ce que cette opération pourrait économiquement rapporter.

Dans la continuité del’excellent article de notre camarade Spencer Delane, placé sur Mecanopolis samedi soir, nous vous proposons la lecture de ce rapport édifiant sur le secteur minier du Mali.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

Le secteur minier du Mali, un potentiel riche mais inexploité

L’Or: Mali: Le troisième plus grand producteur d’or de l’Afrique avec une exploration à grande échelle en cours

Le Mali est connu pour son or depuis le Grand Empire malien et le pèlerinage à la Mecque de l’Empereur Kankou Moussa en 1324, dans sa caravane, il transporta plus de 8 tonnes d’or! Le Mali a donc traditionnellement toujours été un pays minier et cela depuis un demi millénaire.

Le Mali compte actuellement sept mines d’or en exploitation, parmi lesquelles: Kalana et Morila dans le sud du Mali, Yatela, Sadiola et Loulo à l’ouest du Mali et les mines qui ont récemment repris la production, notamment Syama et Tabakoto. Parmi les projets avancés d’exploration d’or, on compte : Kofi, Kodieran, Gounkoto, Komana, Banankoro, Kobada et Nampala.

Uranium: signes encourageants et exploration en plein essor

L’exploitation est actuellement menée par différentes entreprises ayant des indications claires sur les dépôts d’uranium au Mali. Le potentiel en uranium se situe dans la région de Falea qui recouvre une superficie de 150 km² du bassin de Falea – Guinée du nord, le potentiel en uranium de Falea devrait être de 5000 tonnes. Le projet Kidal, au nord est du Mali, sur une superficie de 19 930 km2 est un projet qui couvre une vaste province géologique cristalline connue sous le nom de L’Adrar Des Iforas. Le potentiel en uranium du dépôt de Samit dans la seule région de Gao devrait atteindre les 200 tonnes.

Diamants:

Le Mali a le potentiel de développer son exploitation de diamants : dans la région administrative de Kayes (région minière 1), trente (30) diatrèmes (pipes) kimberlite ont été découverts et parmi ceux-ci huit ont montrés des traces de diamant. Huit petits diamants ont été récupérés dans la région administrative de Sikasso (dans le sud du Mali).

Les pierres précieuses sont les suivantes et elles se situent dans :

• Dans les environs de Nioro et Bafoulabe: grenats et minerais magnétiques rares

• Dans les environs de Bougouni et dans le bassin de Faleme: minerais de pegmatite

• Au Gourma – grenats et corindons

• A L’Adrar des Ilforas – pegmatite et minerais métamorphiques

• Dans la zone de Hombori Douentza: quartz et carbonates

Minerai de fer, Bauxite et Manganèse: des ressources importantes sont présentes au Mali mais toujours inexploitées

Le Mali a, selon les estimations, plus de 2 millions de tonnes de potentielles réserves en minerai de fer, situées dans les zones de Djidian-Kenieba, Diamou et Bale.

Les réserves de bauxite sont estimées à 1,2 millions de tonnes et elles sont situées à Kita, Kenieba et Bafing- Makana. Des traces de manganèse ont été découvertes à Bafing – Makana, Tondibi et Tassiga.

Autres ressources minières et potentielles au Mali

• Dépôts de roches calcaires : 10 millions de tonnes estimées (Gangotery), 30 millions de tonnes estimées (Astro) et Bah El Heri (Nord de Goundam) 2,2 millions de tonnes estimées.

• Cuivre: potentiel à Bafing Makan (région de l’ouest) et Ouatagouna (région du nord)

• Marbre: Selinkegny (Bafoulabe) 10,6 millions de tonnes de réserves et de traves estimées à Madibaya

• Gypse: Taoudenit (35 millions de tonnes estimées), Indice Kereit (nord de Tessalit) 0,37 millions de tonnes estimées.

• Kaolin: réserves potentielles estimées (1million de tonnes), situées à Gao (région du nord)

• Plomb et zinc: Tessalit dans la région du nord (1,7 millions de tonnes de réserves estimées) et des traces à Bafing Makana (région de l’ouest) et à Fafa (nord du Mali)

• Lithium: indications à Kayes (région de l’ouest) et potentiel estimé à 4 millions de tonnes à Bougouni (région du sud)

• Schiste de bitume: potentiel estimé à 870 millions de tonnes, indications découvertes à Agamor et Almoustrat dans la région du nord.

• Lignite: potentiel estimé à 1,3 millions de tonnes, indications découvertes à Bourem (région du nord)

• Pierre de sel: potentiel estimé à 53 millions de tonnes à Taoudenni (région du nord)

• Diatomite: potentiel estimé à 65 millions de tonnes à Douna Behri (région du nord)

Le potentiel pétrolier du Mali attire déjà beaucoup d’intérêt de la part des investisseurs

Le potentiel pétrolier du Mali est répertorié depuis les années 1970 où des séismes sporadiques et des forages avaient permis de découvrir des traces de pétrole. Avec l’augmentation globale du prix du pétrole et du gaz, le Mali a accéléré la promotion et la recherche de nouvelles explorations, productions et exportations pétrolières. Le Mali pourrait offrir une route privilégiée stratégique pour les exportations de gaz et de pétrole de la région sub-saharienne vers les pays de l’ouest et de plus, il y a toujours la possibilité de relier le bassin de Taoudeni au marché européen, en passant par l’Algérie.

Un travail de réinterprétation de données géologiques et géophysiques précédemment recueillies a déjà débuté, se focalisant sur cinq bassins de sédiments dans le nord du pays, y compris ceux de: Taoudeni, Tamesna, Ilumenden, Ditch Nara et Gao

En juillet 2008, le gouvernement malien a modifié la loi sur l’exploration pétrolière, faisant passer la période d’exploration de 10 à 12 ans. Cette nouvelle loi a pour objectif d’augmenter l’attractivité de l’exploration pétrolière, du transport et du raffinage au Mali.

L’Autorité de promotion de l’exploration pétrolière (AUREP) est l’organisme au sein du gouvernement malien qui est responsable du respect des engagements des entreprises de part la signature de différentes conventions.

L’intérêt suscité par les parcelles pétrolières et gazières au Mali est fort, avec actuellement 15 parcelles sur les 29 proposées qui ont déjà été attribuées.

Sources :

Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Mali :

http://www.mines.gouv.ml/

Autorité pour l’Avancement de l’Exploration Pétrolière(AUREP) :

http://www.aurep.org/aurepfr/

DNGM :

http://dngm.org

Site Officiel de la Présidence :

www.koulouba.pr.ml

Via Mecanopolis.org

17 commentaires

  • fotoulaver fotoulaver

    Les grands manitous ont « donné » à la fRance le Mali.

    Il n’y aura plus qu’a se pencher pour ramasser le butin mais les secousses de ceux qui sont derrière (en annalisent) nous empêcherons de piller. Nous ne garderons que les atrocités de cette guerre.

    Tout cela va finir de mettre les deux pays à genoux et notre armée exsangue.

    Vive la république, vive la fRance.

  • pokefric pokefric

    Tout est dit!
    Bonjour tlm

  • Et aux mains des islamistes, c’est mieux peut être ? Ca fait 1350 ans qu’ils essayent de gouverner le monde entier ! Quant aux 400.000 euros, c’est purement comptable ! Certes, on consomme plus de carburant, de munitions, de rations de guerre, etc, mais les pilotes doivent quand m^me faire leurs heures de vol, le matos doit quand même être entretenu, les salaires doivent quand même payés !

    • Chegoku Chegoku

      C’est là que le tour est finement joué.

      Les rebelles touareg étaient légitimes et on pouvait comprendre leurs revendications face au néo-colons et leur gouvernement complice.

      Mais après la chute libyenne, les salafistes sont descendus sur la région en masse et les touareg (naïfs) s’y sont associés pensant y trouver un allié. Mal leur en a pris, non seulement ils se sont fait doubler par ces alliés barbus mais en plus, on va les taper maintenant sans distinction avec les salafistes.
      Ca facilite le nettoyage de ce mouvement dont les revendications initiales étaient défendables.

      Là c’est prix de gros. Tous vont prendre cher sans distinction et la position des fantoches à la tête du Mali sera renforcée. La domination des exploitants aussi sera renforcée.

  • Lilith Lilith

    pas sure qu’il empoche le jackpot tout comme en Libye ils risquent de se faire voler les contrats par les autres grandes puissances surtout si le conflit s’enlise.

    mais si on analyse mieux depuis quelques années les occidentaux ne s’intéressait plus beaucoup a l’Afrique, l’implantation des chinois depuis ces 20 dernière années font que les occidentaux ce sente menacer et savent qu’ils peuvent perdre gros.

    comme d’abitude tout est quest de geopolitique de mettre ses pions sur l’echiquier cette strategie permet de crée des conflits et de relancer la machine économique pour un temps et évité la guerre chez nous………..

  • criminalita

    C’est toujours par la force que l’on obtient des biens à bon compte. Dans tous ces pays africains ils n’ont jamais résolu leur partage du pouvoir, c’est à se demander si nous y somment les contributeurs de cette situation chaotique. Nous utilisons ainsi des armes à un prix centuple, en échange de matières bradées par de vils dictateurs que nous corrompont à outrance sans nous soucier de la misère de ces peuples dont certains de leurs immigrés chez nous sont renvoyés comme des malpropres. Ces peuples sont plus riches que nous mais nos multinationales mondialistes sont les vrais criminels dont juste une poignée d »individus en tirent les bénéfices avec les pots de vin livrés à nos dirigeants sur des paradis fiscaux. D’ailleurs ces paradis ne seront jamais interdits et ont nous fait croire à l’arrêt du secret bancaire suisse, luxembourgeois, monégasque et du linchterstein. Foutaise de la poudre aux yeux cette politique de tromperie généralisée.

  • Lilith Lilith

    comme je le dissais dans mon commentaire sur Atali

    les grnades puissances sont entrain de se partager les materiaux rare l’europe a envoyer la France au casse pipe pour avoir plus de poids durant les negotiation BRICS, les nouveau pays emmergenant face au US et l’Europe

  • nootrope12

    En avril-mai 2012, une réserve d’hydrogène géante a été découverte au Mali, je ne sais pas si ça a une importance quelconque… ;)
    http://www.maliweb.net/news/economie/2012/10/11/article,97959.html

  • Tesla

    pendant ce temps la on mais dehors une petit fille de la cantine pour un impayé de 150 € , on mais une mamie d’une maison de retraite de 90 ans pour un impayé …

    l

  • Eagleeyes Eagleeyes

    Hello,

    Maintenant on sait pourquoi, l’armée française est réellement partie soutenir celle du Mali, APTDR

    http://www.abrutis.com/video-l+armee+malienne+tire+a+blanc-45567.html

  • PrNIC

    Que cette guerre d’Hollande  nous cache des choses essentielles  ( Austérité – chomage – rejet des sans papiers –  …..etc….)  avec l’aide des médias « chiens de garde  » , c’est EVIDENT !

    Seulement, on peut se demander pourquoi des citoyens « bien à gauche » ne  s’impliquent  que ,sur LEURS  ESSENTIELS  , considérant la Guerre comme secondaire ou « enfumage » !

    Faut rien lâcher  AUJOURD’HUI contre le capitalisme : Ses Guerres comme Ses casses sociales !  ….et encore moins son obstination à nous faire avaler ses « moindres maux »

    http://www.petitions24.net/stop_guerre_au_mali_-_des_choix_pour_la_paix