La Cour des Comptes épingle enfin la gestion du stock d’or de la France par Nicolas Sarkozy.

    Entre décembre 2004 et septembre 2009, la Banque de France se sépare d’un cinquième de son stock de métal fin (589 tonnes), et empoche, en cumulé, un pactole de 4,67 milliards.

Mais cette opération est une erreur d’appréciation que la Cour des Comptes met en avant dans son rapport annuel. Car entre 2004 et 2011 le prix moyen de l’once d’or a explosé, il est passé de 409,72 dollars à 1384,21 dollars. D’ailleurs les banques centrales européenne et les banques centrales des États de la zone euros, ainsi que la banque suisse et la banque suédoise Sveriges Risksbank, au même moment décident de limiter leurs ventes d’or.

Depuis trois ans, l’once d’or a pris 94 %. Au final, si le programme n’avait pas été exécuté, la valeur des réserves en or de la Banque de France aurait atteint 19,4 milliards d’euros à fin 2010, quand celle des réinvestissements en devises choisi par Nicolas Sarkozy, s’élevait à seulement 9,2 milliards d’euros ! Quel gachis !

Article complet et source: agoravox

 

 

Rapport public annuel de la Cour des comptes – 2012

pages 265-266   « Les cessions d’or »

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Un accord est intervenu entre L’État et la Banque de France, matérialisé par un communiqué conjoint publié le 19 novembre 2004 (*172), en vue de gérer plus activement les réserves de change.

L’accord visait à vendre une fraction du stock d’or (*173) qui n’est pas productif d’intérêts et à en réinvestir le produit dans des portefeuilles en devises. Ces portefeuilles devaient procurer un revenu supplémentaire supérieur à 200 M€ par an et augmenter à due concurrence le dividende versé à L’État (*174).

Cet accord avait été rendu possible par le renouvellement, pour une période de cinq ans à compter du 27 septembre 2004, de l’accord de Washington conclu en 1999 (*175) entre quinze banques centrales européennes destiné à encadrer les ventes d’or. La Banque de France avait alors marqué son intention de vendre entre 500 et 600 tonnes d’or.

Entre décembre 2004 et septembre 2009, la Banque a mis en œuvre l’accord avec L’État en vendant 589 tonnes d’or, réduisant ainsi le stock de l’ordre d’un cinquième (- 19,5 %) (*176). Compte tenu de l’appréciation du cours de l’or (*177), ces ventes ont permis de dégager d’importantes plus-values de cession (4,67 Md€ en montant cumulé).

Au plan patrimonial cependant, le résultat de ce programme n’est pas aussi satisfaisant, en raison de l’appréciation du cours de l’once d’or à partir de 2005. S’il n’avait pas été exécuté, la valeur des réserves en or aurait été, à fin 2010, supérieure de 19,4 Md€. La valeur en euro des réinvestissements en devises réalisés à partir des cessions d’or s’élevait pour sa part à 9,2 Md€ fin 2010.

A partir de l’été 2007, la crise financière a provoqué l’abaissement sensible des taux d’intérêt, alors que l’once d’or s’appréciait en moyenne de 20 % sur l’année. Les perspectives de rentabilité des actifs financiers en titres s’écartaient donc très significativement de celles des actifs financiers en or, en faveur de ce dernier. La Banque de France n’en a pas moins poursuivi son programme de cessions jusqu’à son terme (*178). Les autres banques centrales nationales qui avaient entrepris des programmes de cession les ont interrompus plus tôt (Belgique en 2005, le Portugal en 2006, l’Autriche et l’Espagne en 2007).

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*172  –  Communiqué de presse conjoint du ministère de l’économie des finances et de l’industrie et de la Banque de France du 19 novembre 2004.

*173  –  Le communiqué du 19 novembre 2004 précisait : « Le rythme de mise en œuvre du programme de vente dépendra du jugement que le Gouverneur portera, au fur et à mesure, sur l’opportunité d’y procéder, en particulier au vu de l’évolution des cours observés sur le marché de l’or ».

*174   – Extrait du communiqué du 19 novembre 2004 : « Au bout de cinq ans, le portefeuille en devises ainsi constitué, qui sera individualisé, devrait permettre à la Banque de France d’obtenir un revenu supplémentaire supérieur à 200 millions d’euros par an, qui fera l’objet d’un versement prioritaire à L’État».

*175  –  Cet accord connu sous son acronyme anglais (Central Bank Gold Agreement 2) a été renouvelé en septembre 2009 dans des conditions plus restrictives, puisque le programme et le plafond annuel des ventes d’or ont été abaissés, respectivement, de 2 500 à 2 000 tonnes sur cinq ans et de 500 à 400 tonnes par an.

*176   –  Le stock d’or est passé de 2 984,7 tonnes à 2 435,4 tonnes entre la fin 2004 et la fin 2009.

*177  –  Le cours de l’once d’or qui s’établissait à 438 $ à la fin de l’année 2004, s’élevait à 1 104 $ à la fin de 2009, au moment de la fin du programme. Il se situait à près de 1 600 $ fin 2011.

*178  –  Les cessions d’or sont intervenues entre 2004 et 2009 : 40 tonnes en 2004 ; 161,1 en 2005 ; 104,6 en 2006 ; 124,6 en 2007 ; 102,9 en 2008 ; 56 en 2009.

 

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