Davos: son sommet, son contre sommet et la colère de Sarkozy

Le sommet de Davos est une arnaque, débattre sur un sujet qui n’existe à vrai dire plus, c’est avant tout des sommes colossales jetées par la fenêtre. Le sommet a été résumé à ceci par le journal lequotidien.lu:

Le gotha mondial de la politique et des affaires se retrouve mercredi à Davos pour le forum économique mondial, qui ambitionne de trouver des remèdes à long terme pour une planète épuisée par la «guerre» des monnaies, des menaces sur l’euro et le spectre d’une explosion sociale.

Bref, un sommet qui va parler d’économie alors que non seulement il n’y a plus vraiment d’économie mondiale, ça sent le roussi et la marche funèbre à plein nez, mais de plus le sommet ne rime pas avec « petits prix »! Le sommet de Davos coute 31 214 437 euros (40 millions de francs suisses) pour accueillir 5000 personnes.  Mais il n’y a pas que des chefs d’états, des représentants ou des universitaires pour trouver une solution à cette crise systémique totale, il y a des dirigeants d’entreprises, des cadres, bref, du beau monde. Une invitation à participer au sommet doit être considérée comme un grand honneur, mais il y en a qui payent pour y participer, comme les PDG et les cadres, et pour eux, non seulement c’est compliqué, mais en plus ça coute très cher!

Juste pour avoir la possibilité d’être invité à Davos, vous devez être invité à devenir membre du Forum économique mondial (sic…).

Il ya plusieurs niveaux d’adhésion: le niveau de base, qui vous permet d’obtenir une invitation à Davos, les frais de 50.000 francs suisses, soit environ $ 52,000. Le billet lui-même est un autre 18.000 francs suisses (19.000 $), taxes en sus, ce qui porte le coût total des frais d’adhésion et l’entrée de 71.000 $.

Mais cette taxe est juste un avant gout avec l’entrée à toutes les séances générales. Si vous voulez être invité derrière la corde de velours pour participer à des entrevues privées avec vos pairs, vous avez besoin d’atteindre le niveau des « industries associée »: cela coûte 137.000 $, plus le prix du billet, portant le total à environ $ 156,000.

Bien sûr, la plupart des dirigeants n’aiment pas se déplacer en solitaires, ils peuvent alors demander à un collègue de venir. Eh bien, le Forum économique mondial ne vous laissera pas juste acheter un billet supplémentaire pour 19.000 $. Au lieu de cela, vous devez mettre à jour votre adhésion annuelle au niveau de l’ «Industry Partner » . Cela vous coûtera environ $ 263,000, plus le coût de deux billets, portant le total à 301.000 $.

Et si vous voulez venir avec plusieurs collègues? Par exemple, cinq personnes? Maintenant, vous parlez alors de « partenaire stratégique » . Le prix: 527.000 $. (C’est juste la cotisation annuelle qui donne droit à pas moins de cinq invitations. Chaque invitation est encore de 19.000 dollars chacun, pour cinq personnes, c’est donc 95.000 $, ce qui rend le total de $ 622.000.) Cette année, tous les partenaires stratégiques sont nécessaires pour inviter au moins un femme ainsi que dans un effort pour diversifier la liste des participants.

Dans le cadre du niveau de partenariat stratégique, vous avez accès à des séances privées ainsi que des salles de conférence spéciale à tenir des réunions. Et peut-être le plus grand avantage de tous, voiture personnelle avec chauffeur qui vient vous chercher directement devant la porte.

À l’heure actuelle, le forum dit qu’il n’accepte pas de demandes pour devenir un partenaire stratégique à moins que la société ne soit de la Chine ou de l’Inde et elle doit être une des 250 plus grande dans le monde.

Source et article en entier (et en anglais): le New York Times

Adhérer au sommet de Davos ne vous limite de plus pas seulement à ce sommet mais vous permet de rejoindre plusieurs autres sommets organisés autour de la planète. Bon, on a vu que cela coute cher, très cher même, et cela sans compter l’hébergement, le transport, les repas, etc…Non, ce que vous avez payé, c’est juste pour « le droit d’entré ».

Mais tout ceci n’explique pas vraiment le titre du sujet car notre petit copain le présidentiable (et oui 2012 arrive et sarkomencera si on a pas de chance…) a piqué une colère justifiée, quelqu’un est venu lui donner des conseils, et ce quelqu’un n’a aucun conseil à donner, vraiment aucun! Il s’agit de Jamie Dimon, grosse tête de Wall street et PDG de la JPMorgan, rien que cela, bref, un bankster dans toute sa splendeur qui vient donner des leçons d’économie. A ce moment là, Sarko était sur scène pendant que Jamie était en coulisse, attendant une entrevue avec notre cher président pour lui expliquer pourquoi les banques ont besoin de bons politiciens pouvant  faire de la « bonne politique » quand il s’agit de changement de la réglementation.

Sarkozy n’est quand à lui pas un homme à se laisser donner des leçons, surtout pas un bankster

Sarkozy n’est pas un homme d’être donné des conférences à, en particulier par les banquiers, il a donc répliqué en demandant si Jamie avait oublié comment la crise a commencé, à rappelé que les opérations de sauvetage ont provoquée les colères des populations a demandé pourquoi tant de banquiers avaient   leurs mains levées dans les bons moments, en exigeant des primes, mais ont refusé d’être  tenus comme responsables lorsque les choses allaient mal. Vous pouvez lire l’article source dans le telegraph

Face au sommet de Davos, il y a les « Public eye awards », un contre sommet qui a lieu tous les ans depuis l’année 2000 et est là pour montrer que les conséquences de l’économie mondiale sont parfois abominables.

Avec les Public Eye Awards (anciennement le Public Eye on Davos), la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace Suisse organisent depuis 2000 le contre-sommet critique du rendez-vous annuel du World Economic Forum (WEF) à Davos.L’objectif est de montrer aux acteurs de l’économie mondiale les conséquences sociales et environnementales de leurs pratiques commerciales. Public Eye Awards décerne  des prix de la honte aux pires entreprises.

Pour des règles juridiquement contraignantes

« Avec la libéralisation du commerce, le pouvoir des multinationales s’est accru de manière vertigineuse. Les lois ne suivent plus et les déclarations d’engagement volontaire des entreprises ne soignent en fait que leur image. Qu’il s’agisse de breveter des médicaments essentiels ou d’exploiter sans scrupules des matières premières, ou des travailleuses et des travailleurs, la rapacité des Global Players réunis à Davos n’a pas de limites. Dans ces conditions et plus que jamais en cette deuxième année de crise, nous exigeons des multinationales qu’elles assument leurs responsabilités sociales et environnementales et qu’elles soient légalement amenées à le faire par les politiques. »

Source: bbcom21.wordpress.com

Pour 2011, les nominés sont:

  • AngloGold Ashanti contamine les sols et les personnes dans le cadre de l’exploitation de ses mines d’or au Ghana.
  • Axpo se procure de l’uranium dans l’un des endroits les plus irradié au monde et cache ce fait depuis des années.
  • La marée noire du Golfe du Mexique a tué 11 personnes et dévasté de gigantesques zones océaniques pour des décennies.
  • Les conditions de travail misérables dans les usines de Foxconn ont poussé 18 employés au suicide en 2010
  • Sous l’appellation trompeuse de “Green Diesel” Neste produit en masse un agrocarburant et se rend coupable d’importantes déforestations.
  • Philip Morris a porté plainte contre la loi anti tabac de l’Uruguay, et ce faisant porte atteinte à la politique de santé public de ce pays

Pour voter pour le plus pourri de tous et en apprendre plus sur eux, allez directement sur cette page.

  • Ca n’est plus Publiciis Events Worldwide mais PublicisLive qui organise le Forum de Davos! ceci parce que je me demandais, qui encaissait ces sommes astronomiques. (le figaro)
    Donc! le déplacement à Davos, nous coûte de quoi augmenter un peu plus la dette, juste pour que ces messieurs mettent au point, une nouvelle stratégie économique, qui à défaut d’augmenter notre niveau de vie, permet à Mme Lagarde de nous dire:

    L’euro a «franchi le cap» et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle, a assuré samedi la ministre française des Finances Christine Lagarde, lors d’un des tout derniers débats organisés dans le cadre du Forum économique mondial (Wef).

    Je ne suis pas rassurée pour autant par ce sommet, tout les indicateurs sont dans le rouge, nous ne sommes pas sortis d’affaire, et qu’ils expliquent comment avec 4 millions de chômeurs (pour l’instant), ils voient la reprise????

    Pour moi la reprise c’est les créations d’emploi, parce que nos PME/PMI sont compétitives et ont leurs carnets de commandes pleins.
    Je ne parle pas des entreprises du CAC40, qui elles roulent pour leurs pommes, en jouant les rouleaux compresseurs. Combien de PME ont mit la clé sous la porte, après que ces « géants » leur aient supprimé les contrats en « sous-traitance »??
    Donc! pas de reprise et vu la mondialisation, et ce qui se passe dans les pays qui fournissent le pétrole, la spéculation sur les matières premières etc…….
    Nous n’avons pas fini de faire des sacrifices………C’est vraiment de l’argent jeté par les fenêtres ce sommet, sauf pour la société organisatrice bien sur! ☻☻☻