Tourisme

Nous allons aborder le mois d’août, un nom qui rime curieusement avec « vacances ». D’où ces quelques lignes qui nous changent des bruits de guerre et de sang….

Je repensais à cette inoubliable chanson de Brel, « Ce Plat Pays qui est le mien », avec d’autant plus de raisons que les origines de sa famille sont à Zonnebeke, près d’Ypres si connu en raison du gaz moutarde qui y fut répandu avec allégresse en 1917. Lui est né à Bruxelles.

Zonnebeke, c’est là que reposent à jamais les restes (on ne l’a jamais retrouvé) de mon grand-oncle, à l’époque fiancé à celle qui deviendra ma grand-mère.

Pour y être allé, je témoigne d’une étendue plate à perte de vue, tellement près du niveau de la mer que l’eau y stagne facilement.

Pourtant j’ai la même chose tout près. De mon lieu de naissance à l’océan, la platitude est de rigueur : cela se remarque parfois dans la toponymie, avec des villages nommés Thairé le Fagnoux, Chaillé les Marais, ou Le Vanneau (le vanneau est un échassier des zones humides). Des points à cinquante kilomètres de l’océan sont à deux mètres d’altitude. Et justement quand on se rapproche de l’océan, le si boisé Marais Mouillé fait place au Marais Desséché, qui du fait d’une végétation moins présente révèle sa platitude.

Seules quelques mottes un peu plus élevées rompent la monotonie, c’est là bien entendu que se sont construits les premiers villages. Belle performance, la butte la plus importante était dans mon village avec trente-six mètres (!), c’est d’ailleurs là qu’étaient encore cultivées des vignes rescapées du phylloxera.

« Ce plat pays, qui est le mien », moi aussi je pourrais le chanter. Seule concession il y a quelques dizaines d’années j’avais écrit un petit poème sans prétention pour le décrire.

 

Venise la Verte (03/11/2008)

Ô Venise la Verte, qui rêves dans le soir,

Tu n’as pas pour toiture le beau ciel d’Italie,

Et tes clochers s’inclinent sous le vent, pour se voir.

Dans tes rues, nommées « conches », des gondoles noircies

Mènent au pâturage de placides bovins.

Tes bateliers manient la pigouille et la pelle

En transportant du bois, des touristes ou du vin

Ton silence est peuplé d’une vie calme et douce,

Le bruissement des feuilles et les cris des oiseaux

Tissent une grande paix qui marche sur la mousse.

Point de pigeons ici, mais le faisan craintif

Cache au milieu des herbes sa livrée magnifique,

Et la perche arc-en-ciel se glisse d’un vol vif

Entre les nénuphars, repos des libellules.

Ici le temps s’arrête, ne passent que les saisons,

Et l’automne doré, qui vêt les frondaisons

D’un grand manteau de pourpre et de soleil, succède

A un printemps qui n’en finit plus de passer.

Après lui vient l’hiver, où le calme des eaux

Plane au-dessus des terres endormies et muettes.

Ô refuge du temps où l’homme savait vivre,

Asile merveilleux, demeure toujours ouverte,

Guide nos pas vers toi, pour que nous puissions suivre

Tes canaux parfumés, ô Venise la Verte.

A propos Jclaude

Tout châ p'tit va lin, le r'tournez-y est malin ! Blogueur depuis 23 ans (7 blogs) Auteur de 3 livres (voir sur blog principal) auto-édités

Les commentaires sont clos.