La Suisse objet de pressions et de menaces de la part d’Israël : brève mise en perspective

Mais de quoi droit Israël se permet de menacer et de condamner un pays comme la Suisse? Que les américains le fassent, cela en devient-même normal, ils ne dirigent que comme cela, mais Israël…

suisseLa Suisse, en sa qualité de dépositaire des Conventions de Genève de 1949 sur le droit international humanitaire, a convoqué une conférence internationale sur le respect du droit international humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, invitant à y participer les 188 Etats Parties. Cette conférence aura lieu en ce jour du 17 décembre à Genève.

Une note de presse publiée en Suisse (voir note) indique que: «Alors qu’une conférence internationale doit se tenir le 17 décembre à Genève, pour débattre notamment du droit humanitaire sur les territoires palestiniens, la Suisse a subi des pressions, notamment de la part d’Israël et des Etats-Unis, pour en annuler l’organisation“. La même note indique que le “ porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, estime de son côté que la Suisse “abuse de manière flagrante de sa position privilégiée.” Ce sera un tribunal, “aux conclusions dirigées par avance”, affirme-t-il. ”. On lit aussi qu’un appel a été lancé par les diplomates d’Israël aux autres Etats Parties aux quatre conventions de Genève afin de ne pas participer à cette conférence internationale (voir note de SwissInfo).

On se doit de rappeler que le 10 avril 2014 a été enregistré l’instrument d’adhésion aux conventions de Genève de la Palestine en tant qu’Etat (voir note de presse canadienne).  A cette occasion, la “réponse” à l’adhésion de la Palestine à ces traités et à d’autres instruments relatifs aux droits de l’homme fut la suivante: Israël ordonna la construction de 620 nouveaux logements à Jérusalem-Est le 19 mai 2014 (voir note de presse). La victoire diplomatique obtenue par la Palestine aux Nations-Unies le 29 Novembre 2012 en obtenant le statut d’”Etat Observateur Non membre” (Note 1) donna lieu à un exercice similaire: le Premier Ministre israélien ordonna dans les 24 heures après le vote de l’Assemblée Générale la construction de 3000 logements nouveaux en Cisjordanie et notamment à Jérusalem-Est (voir note de presse du 30 novembre 2012).

La tenue de cette conférence genevoise, lit-on dans une autre note de la presse suisse, ne répond pas à une demande de cette année, mais à une autre, qui est bien antérieure à 2014: en effet, la tenue de cette réunion internationale “répond à une recommandation de l’Assemblée générale de l’ONU, sollicitée par la Palestine. L’Assemblée lui demandait, dans une résolution du 5 novembre 2009, de mener des consultations concernant la convocation d’une conférence en tant que dépositaire de la IVe Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre“. On rappellera au lecteur qu’une première conférence sur ce sujet s’est tenue il y a presque 15 ans

,  le 5 décembre 2001: soulignons qu’elle fut l’objet de la même attitude de la part d’Israël et de son fidèle allié étasunien. On lit dans une étude approfondie relative à cette réunion que: “La Conférence a duré environ 2 heures 30 et a réuni 123 délégations, dont 115 États parties ainsi que la Palestine en tant que participant, et sept observateurs (acteurs humanitaires comme le CICR ou institutions telles que la Commission européenne)“.  A la fin de cette note, le texte de la déclaration finale adoptée en décembre 2001 est reproduit.

La tendance assez bien connue de la diplomatie israélienne à hausser le ton dès qu’il s’agit d’examiner la situation dans les territoires palestiniens occupés au regard du Droit ne semble plus émouvoir grandement qui que ce soit. Sur un autre registre, plus récent, les gesticulations de l’appareil diplomatique israélien n’ont eu que peu d’effets. Dans le cas de la reconnaissance récente par la Suède de l’Etat palestinien en date du 30 octobre 2014, Tel-Aviv avait, outre les gesticulations de rigueur, considéré utile de faire référence à la simplicité des manuels d’Ikea, rappelant une autre allusion, toute aussi utile, à la défaite soufferte par le Brésil 7-1 durant la dernière Coupe du Monde, lors du rappel de l’ambassadeur du Brésil en Israël par les autorités de Brasilia en pleine offensive israélienne à Gaza de juillet 2014. Dans le premier cas, la reconnaissance de la Palestine par la Suède a provoqué une véritable onde expansive au sein des cercles parlementaires dans toute l’Europe, et même au-delà: le Parlement a adopté une résolution exigeant au Pouvoir exécutif la reconnaissance de l’Etat palestinien au Royaume Uni (13 octobre), en Espagne (18 novembre), en France (2 décembre pour ce qui est de l’Assemblée Nationale), en Irlande (11 décembre), en France (11 décembre pour le Sénat) et au Portugal (12 décembre), (Note 2) tandis que le Parlement de la Belgique s’apprête à un exercice similaire et que son homologue strasbourgeois serai saisi de la question au plan européen ce 17 décembre.  Dans le second cas, plusieurs autres Etats d’Amérique Latine (Chili, El Salvador, Pérou) ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs à Tel-Aviv après le rappel de l’ambassadeur du Brésil par ses autorités, tandis que ceux qui n’ont plus de relations diplomatiques avec Israël depuis 2009 ont dénoncé avec une vigueur inaccoutumée les exactions commises par l’armée israélienne contre la population palestinienne (Bolivie, Equateur, Nicaragua, Venezuela), Etats auxquels on doit ajouter l’Uruguay, dont le Président a dénoncé ces exactions usant du qualificatif de « génocide ».

On notera au passage que l’ambassadeur israélien en Suède rappelé par ses supérieurs le 30 octobre est de retour dans son bureau depuis le vendredi 28 novembre, selon une note de presse: ce retour s’est fait sans que l’on comprenne bien quel fut le geste hostile ou offensif de la Suède l’obligeant à quitter la capitale suédoise pour y revenir officiellement en « signe de paix » quelques semaines après.

Concernant les Etats qui ne participeront pas à la conférence convoquée par la Suisse, peu d’informations circulent: la liste des 7 Etats (Canada, Etats-Unis, Iles Marshall, Israël, Micronésie, Nauru et Palau) ayant voté contre les 6 résolutions adoptées le mois dernier par l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York sur la Palestine (voir note officielle des Nations Unies) peut donner une idée des délégués qui pourraient accéder à la demande des autorités israéliennes: au Canada et aux Etats-Unis (qui semblent avoir déjà communiqué leur non-participation), l’ambassadeur israélien à Genève a inclus à la liste le Rwanda (voir note de TDG). Pour sa part, Haaretz (voir note), média israélien généralement fort bien informé, indique que l’Australie accèdera sûrement à la demande d’Israël.

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