Un séisme en Provence comme si on y était

Hoooooo, c’est chez moi! Généralement, quand de tels entrainements ont lieu, c’est qu’il y a un risque réel, et si après l’Italie les secousses se ressentaient ici aussi? Seul véritable avantage si cela arrive: remuer le café sans avoir besoin d’une cuiller, à part cela…

Des spécialistes européens de la sécurité civile se sont entraînés, entre Fos et Aix, lors d’un scénario catastrophe mais « pas si fou que cela » : un séisme provoque un tsunami sur Marseille et des dégâts monstres dans l’arrière-pays

Briefing des secouristes italiens avant de se lancer dans l'examen de produits potentiellement radioactifs.

Photo Serge Mercier. Briefing des secouristes italiens avant de se lancer dans l’examen de produits potentiellement radioactifs.

Vous n’avez rien ressenti, jeudi en fin d’après-midi. Pourtant, dans le scénario catastrophe auquel est confrontée, depuis vendredi et jusqu’aujourd’hui, la centaine de sauveteurs des sécurités civiles de cinq pays européens – ainsi que des pompiers du SDIS 13 et de l’école nationale supérieure des officiers des sapeurs pompiers (Ensosp)  Marseille et son arrière pays vitrollais et aixois ont connu le premier jour du reste de leur histoire et ont été propulsés à l’ouverture des journaux télévisés du monde entier. Un puissant séisme, au large, a fait trembler le littoral méditerranéen, et provoqué un tsunami qui a déferlé sur Marseille, tuant 553 personnes, en blessant 4 528 autres. Plus de 400 personnes ont disparu.

« Cette éventualité, pour la région, n’est pas si folle »

Hop hop hop ! Pas de panique ! Tout ceci n’est qu’un exercice volontairement exagéré afin de pousser les acteurs dans leurs retranchements. « Quand la sécurité civile déboule c’est que ça va mal, que l’on doit prendre en charge tous les effets secondaires d’une catastrophe type séisme. Cette éventualité, pour la région, n’est pas si folle, a priori pas à un niveau tel, mais tout de même, ça n’est pas si fou« , confie le capitaine Franceschi, responsable de l’équipe de la sécurité civile de Brignoles, durant cette simulation d’envergure, bon pied bon oeil (ouvert) depuis vendredi, 6 h 30, soit 52 heures sans sommeil au moment de notre rencontre, hier matin !

Il faut dire que tout s’est bousculé à l’annonce d’un tel séisme, de conséquences humaines dramatiques, et que le mécanisme européen de protection civile – qui s’étoffe un peu plus à chaque exercice de ce genre – est monté en puissance… Et là ça n’avait plus rien de fictif !

Interopérabilité et autosuffisance

Vendredi, dans la journée, et après plusieurs heures de route, une centaine de secouristes a établi son camp à l’Ensosp aux Milles. Plusieurs dizaines de spécialistes donc, à bord d’une quarantaine de véhicules notamment un engin purificateur d’eau (Danemark) capable de rendre potables 38 000 litres par jour (pour 19 000 personnes, à raison de deux litres par jour et par personne), un module de pompage haute capacité (Autriche), deux véhicules français et italiens « NRBC » (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique), ainsi qu’une assistance technique finlandaise.

« On teste l’interopérabilité de nos équipes, l’autosuffisance de chacune d’elles (chaque pays est autonome en couchage, sanitaire et alimentation, Ndlr), la compatibilité des matériels mais aussi les contacts avec les autorités », analyse Richard Biagioni, directeur du pôle de compétitivité « Risques », organisateur de l’exercice qui a été commandé par la commission européenne et dont la société Falck (Danemark) a remporté l’appel d’offres.

Source et article complet: La Provence

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