Téléphones portables : Les conséquences d’une surconsommation

Alors qu’il n’existaient pas il y a 15 ans, les téléphones portables sont aujourd’hui partout : nouvelles fonctionnalités, nouveaux usages, ils semblent indispensables. Depuis le début des années 2000, chaque année il se vend en moyenne plus de 20 millions de téléphones. Des téléphones supplémentaires qui viennent souvent en remplacer un acheté à peine 20 mois plus tôt et… qui fonctionnait encore !

La mise sur le marché d’un nouveau modèle par an et les offres commerciales des opérateurs mobiles incitent au renouvellement fréquent des téléphones. Et cela fonctionne : les plus de 60 ans changent de téléphone tous les 33 mois et les 12-17 ans tous les 10 mois.Avec l’arrivée de nouveaux opérateurs en France, on pouvait espérer un changement des modes de consommation et un usage plus « raisonnable » avec des offres variées qui répondent mieux aux besoins réels des consommateurs. C’était sans compter les stratégies des constructeurs qui prennent la relève : après Apple, Samsung et Google invitent maintenant la presse à des soirées de présentation de leurs nouveautés. Et créent désir et envie autour de leurs nouveaux produits.

Objet de toutes les convoitises au moment de leur sortie, rapidement abandonnés pour « mieux », les téléphones finissent dans les tiroirs. Selon l’ADEME, en 2008, 130 millions de téléphones portables attendaient une hypothétique seconde vie.

Alors que les mines s’épuisent, nos tiroirs recèlent de ressources : dans une tonne de téléphones portables, il y a 60 fois plus d’or que dans un gisement (5 g par tonne dans les minerais exploités contre 300 g par tonne pour les téléphones).

Alors que les ressources s’épuisent, notre consommation de métaux n’a jamais été aussi importante, et la surconsommation de produits high-tech en est une des causes. Plus nombreux, la durée d’utilisation de ces appareils est aussi de plus en plus courte : un ordinateur portable est renouvelé au bout de 3 à 4 ans, un téléphone, au bout de 18 mois. Quels sont les impacts environnementaux de ces nouvelles consommations ?

Surconsommation

Les Européens font partie des principaux consommateurs de ressources au monde. Nous sommes souvent loin de nous imaginer que quand nous achetons un produit importé, notre consommation a des impacts dans les pays où ont été extraites ces ressources : minerais, pétrole, bois, etc.

Souvent passés sous silence, les impacts de la high-tech ne sont pourtant pas négligeables. Avant d’arriver dans les boutiques, des exploitations minières aux usines d’assemblage, les composants des téléphones parcourent plusieurs milliers de kilomètres.

Cet éloignement ne doit pas pour autant diluer les responsabilités de chacun. Des constructeurs et des opérateurs de la téléphonie mobile qui profitent des lacunes juridiques pour imposer des modes de production insoutenables ; et des consommateurs qui ont un rôle à jouer en exigeant de leurs décideurs et des marques des pratiques de productions responsables.

Depuis les années 1950, nous consommons un peu plus chaque année. La société de consommation s’est imposée avec une promesse : l’amélioration de notre confort et notre bien être. Mais peu à peu, nos appareils semblent durer moins longtemps.

L’obsolescence programmée, qu’est ce que c’est ? C’est l’ensemble des stratégies mises en place par les industriels pour réduire la durée de vie des biens qu’ils produisent.

Un cas célèbre d’obsolescence est celui des imprimantes dans lesquelles une puce avait été insérée pour compter le nombre de copies : au bout de 18 000 copies, l’imprimante s’arrêtait !

Aujourd’hui, les techniques sont moins grossières ou plus vicieuses :

– des pièces détachées introuvables et qui changent à chaque génération de produits. Véritables casse-tête pour les réparateurs, ces pratiques confortent aussi les consommateurs dans l’idée qu’il est plus simple d’acheter un nouveau produit que de faire réparer le sien ;

– des logiciels qui rendent des smartphones et tablettes obsolètes en quelques années. Les produits se renouvellent plus vite, les systèmes d’exploitation aussi. Certains constructeurs en développent aujourd’hui un par an et ces nouveaux systèmes ne sont compatibles qu’avec les nouvelles générations de produits.

– des batteries qui sont indémontables bien que cette pratique soit interdite au niveau européen. Faute de véritables sanctions, tous les constructeurs exploitent aujourd’hui cette brèche : quasiment toutes les tablettes mises sur le marché ont une batterie qui est soit vissée, collée ou soudée. La défaillance de la batterie est en effet une des raisons techniques pour lesquelles le consommateur va acheter un nouveau produit ;

– des chargeurs qui continuent d’être différents entre les marques, les gammes et les générations alors que 17 constructeurs s’étaient engagés à développer un chargeur universel, une mesure qui devait éviter la production de 100 000 tonnes de déchets. Depuis cette annonce, Apple a lancé son dernier iPhone avec un nouveau chargeur !

Lave-linge, Internet ou téléphones portables : ces technologies sont considérées comme indispensables et comme source de bien être. Faut-il pour autant céder à tous les objets que l’on nous propose et vend à grands renforts de publicité ?

Dix ans puis cinq ans puis deux ans ? Le cycle de vie des produits high-tech s’est réduit en quelques années. Exit l’ordinateur qu’on gardait « jusqu’au bout », fini, le téléphone qu’on abandonne la panne avérée ou insoluble. En fin de vie, le produit high-tech a déjà laissé place à une nouvelle génération de produits différente, l’innovation est passée par là !

Une course à l’innovation technologique qui se traduit par la multiplication des générations de produits (iPhone 1, 3G, 3GS, 4, 4GS, 5…) plus que par des révolutions technologiques. A tel point que les géants du secteur se livrent aujourd’hui plus à une guerre des brevets. La déception de certains consommateurs quant aux innovations révolutionnaires de leurs derniers objets pousse aussi  à s’interroger sur la nécessité de certains produits high-tech, notamment aux regards de leurs impacts environnementaux.

L’innovation est souvent présentée comme facteur de progrès et d’amélioration significative : un moyen de redynamiser la production et de relancer la consommation, donc de lutter contre le chômage. Cependant, avec l’épuisement des ressources et l’accumulation de déchets, cette course à l’innovation se traduit davantage par une réduction de la durée de vie de nos produits, toujours « dépassés ».

Cette obsolescence rapide de nos biens est source de gaspillage et de pollutions plus qu’elle n’est facteur de bien être. A l’inverse, les alternatives qui permettent d’allonger la durée de vie de produits sont plus respectueuses des hommes et de leur environnement. La réparation, le don aux associations, l’achat ou la vente d’occasion en sont des exemples. Donner une seconde vie aux produits high-tech est un geste écologique et solidaire.

Revendez ou donnez votre ancien téléphone

Plusieurs acteurs peuvent vous aider à donner une seconde vie aux téléphones portables, quelque soit leur génération. Les plus vieux seront recyclés, les matières issues des téléphones serviront à nouveau et limiteront le prélèvement de nouvelles ressources. Les plus récents vérifiés, vidés de leurs données et si besoin réparés.

Les démarches sont aujourd’hui très simples vous n’avez qu’à envoyer votre téléphone par voie postale ou le déposer dans le point de collecte près de chez vous :

Les Amis de la Terre privilégient les structures qui ont une dimension environnementale, sociale et solidaire, c’est la raison pour laquelle nous vous invitons à privilégier les sites des Ateliers du Bocage et de www.produitspourlavie.org

Pour en savoir plus sur la Position des Amis de la Terre pour des sociétés soutenables, cliquez ici.

Achetez d’occasion

Avoir un téléphone dernier cri ne vous intéresse pas, vous pouvez en acheter un de seconde main  reconditionné par les Ateliers du Bocage: La Bootique

Et retrouvez aussi sur le site La Bootique les pièces détachées ou le chargeur dont vous avez besoin pour allonger la durée de vie de votre téléphone.


Vieux téléphone : dans le tiroir ou chez Emmaüs ? par Eco-systemes

Allonger la durée de vie de sa batterie : principalement deux types de batterie équipent les appareils électriques : les batteries au lithium et les batteries au nickel. Cette indication est disponible sur l’appareil ou en ligne sur les sites des constructeurs. Il faut bien se rappeler :

  • pour les batteries au lithium, d’ éviter de les décharger complètement ;
  •  pour les batteries au nickel, la durée de vie est plus longue elles sont rechargées une fois complètement déchargées.

Ne pas céder aux relances commerciales de son opérateur qui va vous proposer un nouveau téléphone tous les 12 mois.

Ne pas opter pour l’appareil qui a le plus de fonctionnalités mais pour celui qui vous convient le mieux et qui  durera le plus longtemps.

Réparer son appareil : une batterie, un bouton d’accueil, un écran peuvent être changés : renseignez-vous avant :

Incinération

6 % des téléphones portables finissent dans une poubelle classique en compagnie des pots à yaourt, de restes alimentaires et de bien d’autres choses. Mais un téléphone dans une poubelle au delà de ressources définitivement perdues, est une potentielle menace pour la santé et l’environnement.

Un téléphone contient une quarantaine de métaux. Parmi ces métaux, certains sont considérés comme dangereux et font l’objet d’une réglementation (directive RoHS). Les constructeurs travaillent à la limitation voire à l’élimination des substances dangereuses contenues dans les portables. Mais une étude réalisée par l’ONG américaine Ecology Center a récemment révélé que tous les téléphones portables mis sur le marché quelqu’en soit la marque, continuent de contenir des métaux lourds tels que du plomb, du mercure, du cadmium, du béryllium ainsi que des substances chimiques dangereuses, comme les retardateurs de flamme bromés.

C’est pour cela que les téléphones en fin de vie doivent être dépollués et recyclés. L’élimination des téléphones ou de tout appareil électrique et électronique (rasoir électrique, lecteur MP3 ou console de jeux) sans traitement adapté représente un risque pour la santé des personnes les plus fragiles car jetés avec les ordures ménagères, les téléphones finissent incinérés ou mis en décharge.

Pour en savoir plus:

Greenpeace : http://www.greenpeace.org/luxembourg/fr/campaigns/substances-toxiques/technologie-toxique/

Cahier de recherche CREDOC, Les secondes vies des objets : les pratiques d’acquisition et de délaissement des produits de consommation, Janvier 2012. http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C290.pdf

Friends of the Earth, Overconsumption -Our use of the world’s natural resources, septembre 2009.

http://www.foeeurope.org/publications/2009/Overconsumption_Sep09.pdf

Cahier de recherche CREDOC, Les secondes vies des objets : les pratiques d’acquisition et de délaissement des produits de consommation, Janvier 2012. http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C290.pdf

ADEME, Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques, août 2012. http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=84636&p1=30&ref=12441

Conseil général de l’environnement et du développement durable, Rapport TIC et développement durable, décembre 2008. http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/005815-02_rapport_cle2aabb4.pdf

Serge Latouche, Bon pour la casse, Paris, LLL, 2012.

Fabrice Flipo, François Deltoyr, Michelle Dobré, Marion Michot, Peut-on croire aux TIC vertes ? Technologies numériques et crise environnementale, Presse des mines, septembre 2012.

ARCEP, Observatoire des marchés des communications électroniques en France, octobre 2012. http://arcep.fr/fileadmin/reprise/observatoire/2-2012/obs-march-t2-2012.pdf

Rue 89, Ados et mobile : 3 399 messages texte par mois, vraiment ?, 1- octobre 2010. http://www.rue89.com/2010/10/16/ados-et-mobile-3-399-messages-texte-par-mois-vraiment-171410

Les dessous de la HighTech

 

Source: Fortune de souche

4 commentaires

  • Tesla

    tout à fait d’accord benji !!!

    alors il faut le dire aussi pour l’industrie automobile de merde et vive la fin de peugeot et de renault (j’en rêve) et les autres qui disent q’une voiture est morte au bout de 8 ans !!! ces chiens de merde qui pourrissent notre planète avec des voitures irréparable !!! qui poussent à consommer comme pour les portables un bien de consommation bien plus gros et polluant !!! merde une peugeot 205 de 25 ans tourne comme une horloge et même si elle rejette plus de co2 polluent bien moins qu’une voiture de 8 ans broyer et en parfaite état !!!

    merci aux citoyens de vouloir toujours mieux que sont voisin car il sagit uniquement de ça !!!paraître , réussir faire mieux que celui qui est devant et distancer un peux plus celui qui est derrière , l’homme est une créature pitoyable …

    ma voiture ? une zx injection de 1994 cabosser mais pas un poil de rouille 200 000 km pas une fois au garage même pas la courroie de distribution qui est d’origine , la je doit changer mon échappement qui tombe en morceau et qui est de 2002 !!!
    sur je fait ringard et surtout PAUVRE mais j’emmerde les connards au regard de mépris très fréquent je vous assure !!!

    bon je m’en fou je la sort du garage une fois par mois en moyenne et je fait 500 km par ans donc je polluent bien moins qu’une voiture neuve de 2012 qui fait 25 000 km par ans c’est sur et certain !!!!

    mon téléphone je l’est changer l’année dernière il était de 2004 un Samsung sgh-e700 qui marche toujours super bien contre un Samsung galaxy S2 un peu plus à la page et je compte le garder au moins 6 ans , rien à foutre qui ne soit pas compatible 4G de merde très certainement juste pour aller plus vite que mon voisin comme d’habitude et ne pas être un ringard …

    CITOYEN = TOUS COUPABLE du moins la plupart …

  • Natacha Natacha

    Consommateurs,nous sommes responsables là encore de l’obsolescence programmée. En voulant acheter toujours moins cher, on se trouve face à des fabricants qui produisent pour moins cher et donc pour moins longtemps et donc moindre qualité de composants et donc délocalisation pour moindres coûts de main d’œuvre etc …
    Oh hé ! La fausse croissance est finie , soyons donc consomm’acteurs pour de vrai !

    • Lilith Lilith

      je suis d’accord sur le principe mais maintenant mème le cher n’est plus synonyme de qualité uqe du contraire en ce qui me concerne j’ai toujours mon vieux Nokia 6310 qui fonctionne a merveille j’ai reçus en kdo un smartphone de la mème marque il est déjà partis 2x en réparation….. mème chose pour l’électro mènagé en générale je ne remplace que quand ce n’est plus réparable et franchement je me porte super bien.

  • Sarah.t

    Bonjour,

    Pour faire face à cette surconsommation, il existe aussi Recycler.fr qui rachète les mobiles pour leur donner une seconde vie.
    Recycler.fr fait partie de ces structures spécialisées dans le recyclage de DEEE.