Les «superfruits»: super pouvoirs ou supercherie?

J’ai vu ces fruits séchés dans des pots à un prix aussi exceptionnel, que les propriétés qu’ils sont sensés apporter. Marketing ou véritables bienfaits?……

 

Des fruits de goji Phil Yeomans / Rex Feat/REX/SIPA

 

Le salut viendra-t-il de notre assiette?…

Des fruits aux noms étranges envahissent nos assiettes depuis quelques années: Acerola, goji, ou Açaï, ces «superfruits» seraient de vrais élixirs de jeunesse grâce à leur concentration très élevée en antioxydants naturels. On en trouve aujourd’hui sous de nombreuses formes: en jus ou en smoothies, dans la cosmétique, et même récemment dans les boissons industrielles qui ont senti là un excellent argument de vente. Nous avons interrogé deux spécialistes de la nutrition pour confronter leur point de vue sur le phénomène.

Qu’est ce qu’un «superfruit»?

Les superfruits ont une signature nutritionnelle particulière, ils sont très riches en antioxydants, en fibres et en vitamine C. «Ce sont des fruits riches en polyphénols, de puissants anti-oxydants qui confèrent leur couleur aux fruits» nous indique Guy Roulier, naturopathe à Angers et spécialiste des apports nutritifs des fruits et légumes. Mais selon Michel Jodoin, auteur du livre «Entre fourchette et baguettes: plaisir et sagesse au menu» un «superfruit» est avant tout une invention marketing venue des Etats-Unis qui a pour but de «promouvoir l’utilisation de certains fruits rares comme éléments de base ou ingrédients pour l’industrie des aliments fonctionnels».

Pour y voir plus clair, des Américains ont établi l’indice ORAC, qui classe les aliments selon leur pouvoir antioxydant. Les baies rouges remportent haut la main la compétition, et la médaille d’or revient à la baie d’Açaï, venue tout droit d’Amazonie. Mais notre champion français le cassis, et aussi les fraises, les mûres et autres fruits rouges de nos contrées sont souvent tout aussi «super»! «Le jus de tomate constitue par exemple un excellent  apéritif, riche en lycopène antioxydant» nous assure Guy Roulier.

Les pièges de l’industrie alimentaire et cosmétique

Attention aux boissons au goût «acerola», «grenade» ou «papaye» qui  envahissent les étiquettes des grandes surfaces et qui, comme le rappelle Michel Jodoin, «nous encouragent à croire que certains aliments sont nettement supérieurs aux autres (spéciaux, magiques, exceptionnels) et qu’ils devraient être privilégiés». Voilà l’erreur! Tous les fruits sont bons, et s’ils détiennent le secret de la longévité, la formule magique est bien connue: mangez-en autant que possible, et frais! Si vous souhaitez consommer des fruits riches en antioxydants pour rester jeune, vous pouvez par exemple consulter les «fiches plantes» de Guy Roulier sur naturemania.com, ou le fameux test ORAC, disponible sur de nombreux sites de nutrition.

Enfin, concernant l’application des superfruits à la cosmétique, les deux spécialistes sont assez rétifs. Michel Jodoin  est le plus sévère: «Prétendre obtenir les mêmes bienfaits en utilisant ces superfruits en application externe que par leur consommation régulière est une idée séduisante pour les consommateurs, mais cependant très éloignée de la réalité». Pour Guy Roulier, «si ces substances ne pénètrent pas à travers l’épiderme, elles possèdent une activité anti-inflammatoires et dans ce sens, elles ont une légitimité à être employées en application, notamment en masques.»

Auteur Anabelle Gentez pour 20minutes

3 Commentaires

  1. Je n’ai pas eu besoin de lire l’article, le titre me suffit : oui, certains fruits sont exceptionnellement bénéfiques pour l’Homme. Mais il faut toujours se méfier de l’exploitation commerciale qu’en font les fabriquants de produits transformés : jus de fruits, sirops… là, les prix explosent et ne sont absolument pas justifiés… enfin si, ils le sont : le fric. Surtout qu’en général, ces fruits sont cultivés de manière biologique, voir biodynamique (logo Démeter), bonjour la note à la caisse. J’ai tout de même constaté une nette baisse du prix du Goji au kilo. Mais comme tout ce qui se rapporte à l’agriculture biologique, seul une demande accrue fera baisser les prix, rien d’autre.

  2. Et si on pensait au cout carbone de ces aliments qui viennent du bout du monde ? On a ici largement de quoi en fruits et légumes de toutes sortes… Pour les amateurs de vitamine C je recommande les baies d’églantiers ou gratte-culs… On nettoye les graines, on les hache, on met le tout à macérer dans une eau saine toute une nuit et le matin on filtre et on boit… C’est ce que font les vieux ici à la montagne pour affronter l’hiver et ça marche mieux que le vaccin anti-grippe !

  3. La nature est bien faite ! Nous avons toujours appris en l’observant

    Là où la vie s’est développée, c’est qu’il y avait tous les éléments nécessaires. Et je suis persuadé qu’un jour, on découvrira que manger des aliments non régional est contraire à une bonne santé. 

    Les animaux importent-ils leur nourriture ?

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