En Australie, publier un lien interdit coute 11 000$!

Il s’agit de l’Australie mais la France n’est pas très éloignée de cela avec la loi Loppsi qui est pour bientôt sur le sol français, la censure du net se généralise, la liberté d’expression se réduit comme peau de chagrin, et au coeur de cette polémique australienne, le site wikileaks. Cette information a été donnée dans une précédente « revue de presque » mais vu qu’elle ressort il est toujours utile de le rappeler.

Bref, je le répète de plus en plus, mais « nous sommes mal »…

 

L’organisme australien de régulation des communications a déclaré qu’il imposerait des amendes aux sites qui publieraient des liens figurant sur sa liste noire qui vient d’être sérieusement rallongée et où figure le site de Wikileaks.Wikileaks a été ajouté à la liste noire pour avoir fuité un document contenant la liste des sites bannis au Danemark.

L’initiative prise par l’Australian Communications and Media Authority (ACMA) intervient après qu’il ait menacé l’hébergeur du forum de discussion Whirlpool d’une amende de 11.000 dollars par jour pour avoir publié dans les forums un lien vers un autre site figurant sur la liste noire de l’ACMA – un site anti-avortement.

La liste de l’ACMA n’a pas encore d’impact significatif sur la navigation des Australiens mais les sites figurant sur la liste seront interdits à tous si le gouvernement fédéral décide la mise en place d’un plan de censure obligatoire de l’internet.

Mais même sans l’adoption d’un tel plan, ce qui parait évident dans le cas de Whirlpool est que l’ACMA peut forcer des sites hébergés en Australie de retirer les pages « interdites » et même les liens vers les pages visées.

Des militants de droits civiques ont profité de l’initiative de l’ACMA pour souligner comment des sites sont ajoutés en toute discrétion à la liste noire et que tout cela renforce les craintes que la censure exercée par le plan du gouvernement pourrait facilement s’étendre à des sites tout à fait légaux.

« La première règle de la censure est qu’on n’a pas le droit parler de censure » peut-on lire sur le site de Wikileaks, en réponse à l’interdiction prononcée par l’ACMA.

Le site a publié aussi la liste des sites interdits en Thaïlande et souligne que, dans le cas thaï comme dans le cas danois, la liste noire s’est rapidement allongée, passant des sites pédophiles à des sites politiques.

Déjà, une partie significative des 1370 sites bannis en Australie – soit 506- serait réservée aux « plus de 18 ans », au contenu légal mais interdit aux mineurs. Le gouvernement a dit qu’il envisageait d’étendre la liste noire à 10.000 sites et même plus.

Electronic Frontiers Australia (EFA) a dit la fuite de la liste noire danoise et les tentatives de l’ACMA de bloquer l’accès à la liste montre la facilité avec laquelle la liste noire de l’ACMA – qui est secret – pourrait elle-même se voir « fuitée » et se retrouver publiée sur Internet une fois qu’elle aurait été distribuée aux FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet).

« Nous remarquons que ces incidents montrent non seulement que les censeurs de l’ACMA sont tout à fait disposés à interpréter librement leurs propres directives et de les appliquer à un forum de discussion ou un site documentaire, mais aussi qu’il est inévitable que la liste du gouvernement sera elle-même publiée tôt ou tard, » a dit l’EFA.

« Le gouvernement rendrait service au pays, et à nous aussi par la même occasion, en s’évitant un tel embarras. »

La semaine dernière, Reporter Sans Frontières, dans son rapport sur les ennemis de la liberté sur Internet, a placé l’Australie dans la liste des pays « sous surveillance » qui tenteraient d’imposer des restrictions antidémocratiques qui ouvriraient la voie à des abus de pouvoir et à un contrôle de l’information.

L’enjeu principal qui a été soulevé était la plan du gouvernement pour instaurer un régime de censure.

« Ce rapport démolit les affirmations du Ministre des Communications selon lesquelles l’Australie ne fait que suivre les démocraties similaires, » a déclaré le porte-parole des Verts, le sénateur Scott Ludlam.

« Ce n’est pas la cas. Le gouvernement est engagé dans une expérience profondément impopulaire et troublante visant à peaufiner sa capacité à censurer l’internet. »

« Je suis d’accord avec Reporters Sans Frontières. Si vous examinez ce genre de censure dans le contexte des lois anti-terroristes australiennes, le tableau devient très troublant. »

EFA a dit que « la propagande du gouvernement commence à s’user » et qu’il ne pouvait plus nier que la liste noire de l’ACMA visait un éventail très large de sites dont le contenu est légal et ne prête pas à aucune controverse.

Le ministre des Communications, Stephen Conroy, a répété que la proposition d’imposer des filtres ne visait que les sites à contenu « illégal », principalement des sites pédophiles.

« Au fur et à mesure, la pression sur le gouvernement ne fera que s’accentuer pour étendre la liste, tandis que de l’argent et des efforts seront dépensés dans un énorme trou noir qui ne protégera pas les enfants et ne ralentira pas le flot de contenus illégaux, » a dit l’EFA.

« Si le ministre croit vraiment que les enfants cherchent, ou sont bombardés avec, des contenus pédophiles, alors il y a une grave carence de bon sens et d’études sérieuses au sein du ministère. »

Le dirigeant du Australian Christian Lobby, Jim Wallace, n’a pas tardé à dire qu’il espérait que l’industrie du sexe ferait faillite grâce au plan de censure.

Le sénateur indépendant Nick Xenophon avait au préalable exprimé son désir de voir les sites de paris en ligne inclus dans la liste noire mais a ensuite retiré son soutien au projet en déclarant qu’il était dangereux et pourrait se révéler « contre-productif ».

L’opposition déclare « une législation quelconque serait certainement nécessaire » mais d’autres affirment qu’il serait possible de mettre le plan en oeuvre sans modifier la loi.

Lors d’une conférence sur les télécommunications la semaine dernière, le Sénateur Conroy a demandé aux Australiens de faire confiance aux députés qui adopteront la législation qui convient.

Bien qu’il ait précédemment déclaré que son plan serait effectivement étendu pour bloquer l’accès aux « documents classifiés », dont les sites qui décrivent l’usage des drogues, de sexe, de crime, de cruauté et de violence, il a aussi déclaré que les opposants à son plan se répandaient en « théories du complot ».

Les auditions sur le projet de censure de l’Internet du gouvernement devront bientôt commencer mais les critiques affirment qu’elles ne serviront pas à grand chose dans la mesure où aucun des grands Fournisseurs d’Accès à Internet n’a été invité.

http://www.smh.com.au/articles/2009…

Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Article publié sur legrandsoir.info