Point de vue d’un « déplorable »

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Nos sociétés se disloquent. Les consensus s’effondrent. Nos arrangements politiques vacillent. Les gouvernants ou prétendants au pouvoir n’ont d’autre recours que de monter les citoyens et les peuples les uns contre les autres.
On monte les gens contre « les déplorables », contre les « racistes », contre les extrémistes, contre les « fascistes », contre les Russes, contre les Chinois, que sais-je encore.
Pour gouverner, pour maintenir un désordre qui leur est profitable, « ils » divisent, ils sèment, soufflent la haine entre les gens et, ensuite, ils en tirent argument pour rejeter une partie des populations, entre un tiers et la moitié, hors du jeu démocratique, ce qui permet de conserver le pouvoir en étant minoritaire. On fabrique les pseudo-majorités en éliminant les « minoritaires ».


Ayant échoué sur presque tout, en particulier sur l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité et la dignité, ils s’en prennent aux libertés et espèrent conserver le pouvoir par défaut. Ils n’ont plus d’autre programme que de montrer du doigt ceux qui refusent d’être largués, laissés pour compte d’un monde de plus en plus inégalitaire et injuste. Ils créent des parias et leur programme politique se résume à ceci: faire en sorte que les parias ne soient pas entendus, qu’ils soient ghettoïsés, non visibles, muselés. Le programme, c’est de produire une société à deux ou trois vitesses et de faire en sorte que l’une de ces composantes, l’une de ces sociétés, celle du milieu, cesse de compter dans le jeu démocratique.
Réfléchissez, et vous verrez que l’interprétation est bonne, elle colle à ce que l’on voit un peu partout, aux USA, en France, en Allemagne, en Italie, en Autriche… Ils produisent de la marginalité, ils rejettent et ensuite s’autorisent de cette marginalité pour lui retirer le droit de s’exprimer et être représentée et influer sur la marche des choses. Y-a-t-il stratégie concertée ? Peut-être oui; peut-être non. Mais cela n’a aucune importance car, ce qui compte, ce ne sont pas les conspirations ; non, ce qui compte, c’est la convergence d’intérêts objectifs, convergence mise en forme par les intellectuels traîtres, harkis du système, des traîtres aux peuples.
Ce qui s’est passé il y a quelques jours lors du débat entre Trump et Clinton est édifiant, et cela rappelle ce qui s’est manifesté lors des débats sur le Brexit : le modérateur, celui qui était censé être neutre et faire accoucher les candidats de leur Vérité, celui-là a été partisan, menteur, truqueur, afin de présenter le candidat du peuple d’en bas comme un moins que rien.
Et c’est la même chose ailleurs, en France bien sûr que vous connaissez, en Allemagne avec le nouveau parti AfD, en Italie avec le Mouvement Cinq Etoiles. Il s’agit de faire taire afin de concentrer le jeu politique uniquement entre les complices et alliés de l’ordre/désordre ancien. Il s’agit d’empêcher de sanctionner une gestion et des choix calamiteux en présentant les critiques et les analyses des victimes de cette mauvaise gestion comme l’axe du mal, comme des créatures du diable.
Ils brouillent les frontières des classes, des groupes sociaux, ils divisent l’électorat dans le seul but de constituer une majorité de circonstance, une union sacrée des scélérats, des profiteurs et des fossoyeurs.
L’union sacrée est complexe, et c’est pour cela qu’elle est mystifiante. Elle est conçue pour brouiller les pistes de l’entendement, pour paralyser, non seulement l’intelligence, mais le jugement et les perceptions: on ne sait plus qui est de droite ou de gauche, on saucissonne, on bat les cartes et on sort de sa manche l’atout qui tue.
L’alliance des scélérats est ainsi conçue que l’on trouve dans le même camp des milliardaires de type Soros, des migrants et émigrés misérables, des fauteurs de guerre, des hauts fonctionnaires qui échappent à toute imposition , des politiciens de gauche, des politiciens de droite, des organisations du haut patronat, des banquiers privés, des fonctionnaires apatrides, des syndicats jaunes etc. C’est la recette de la mystification: chacun abandonne sa détermination de classe, de groupe, son identité, pour servir un objectif commun: lutter contre le peuple.
Mais il y a pire dans la mystification, il y a pire, car le monde moderne a intégré la contestation et il s’en sert pour la neutraliser; ainsi la Propagande met en avant des faux rebelles, une « rebellocratie » dont la fonction est de leurrer, de canaliser, d’embrigader pour diriger vers une impasse, une de plus. Tant et si bien qu’aussi bien la médaille que son faux revers monopolisent la représentation.

Source: Brunobertez.com via Sott.net