France: 32 fromages sacrifiés au nom du traité de libre-échange avec le Canada

Pour l’instant, le traité transatlantique appelé entre autre TAFTA est en pause, mais rien n’est terminé, nous n’avons pas encore échappé au cataclysme économie que cela engendrerait. Mais le CETA, accord de libre échange entre l’UE et le Canada n’est pas arrêté, bien au contraire, et pour aider à sa concrétisation, nos politiques se montrent prêts à sacrifier 32 fromages français.

fromages_corseComme l’a expliqué José Bové dans une tribune sur Libération, 53 produits laitiers sont protégés au niveau européen par une appellation d’origine, ce qui signifie que le produit a été élaboré selon un cahier des charges strict et qu’il vient d’une aire géographique limitée, c’est une garantie de qualité pour le consommateur, mais également une protection pour le producteur. Sur ces 53 produits se trouvent 32 fromages: Le banon, le bleu de Gex Haut-Jura, le bleu des Causses, le bleu du Vercors-Sassenage, le brie de Melun, le broccio, le chaource, le charolais, le chevrotin, l’emmental français est-central, la fourme de Montbrison, le gruyère, le laguiole, le langres, le mâconnais, le maroilles, le vacherin du Haut-Doubs, l’ossau iraty, le pélardon, le picodon, le pouligny-saint-pierre, la rigotte de Condrieu, le rocamadour, le saint-marcellin, le sainte-maure de Touraine, le salers, le selles-sur-cher, le soumaintrain, la tome des Bauges, la tomme des Pyrénées et le valençay. 

Sacrifier les appellations d’origine supprime la protection du produit, et rien n’empêchera alors le Canada de produire ces fromages sous la même appellation à un coût moindre sans le moindre égard pour le produit d’origine. En clair, si une multinationale souhaite se faire un maximum d’argent quitte à faire disparaître le produit d’origine, rien ne pourra l’en empêcher.

Enfin, José Bové termine avec ces quelques mots qui méritent d’être relayés:

Dans le domaine de la propriété intellectuelle, il y a donc des différences de traitement. Les marques commerciales sont intouchables. Les brevets sont protégés par la puissance publique. Les droits d’auteurs sont encore défendus, parfois mollement. Mais les appellations d’origine protégée, pourtant reconnues par l’Organisation mondiale du commerce, elles, peuvent être bafouées.

Triste avenir pour les pays européens qui risquent de voir à long terme leur gastronomie comme leur patrimoine saccagés…

 

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