France : 2 606 travailleurs du nucléaire victimes d’une radioactivité supérieure à 5 mSv en 2015

Le silence étant généralement entretenu dès qu’il s’agit du nucléaire, les victimes de ce dernier ne sont jamais entendue, ou très rarement. En France, les scandales sont pourtant colossaux et nombreux, mais il ne faut pas inquiéter les foules et leur montrer une réalité qui ne conviendrait pas aux différents business entretenus dans le domaine…

Illustration/Centrale de BugeyÀ l’heure actuelle, tout peut être remis en question dès qu’il s’agit du nucléaire, la sécurité des centrales, leur fiabilité, le côté « vert » de cette énergie sachant qu’il est impossible de se débarrasser des déchets, ils sont justes « planqués », et combien de victimes au final? Le simple fait de vivre à proximité d’une centrale augmente les risques comme l’expliquait un article de l’Express en 2012: « Selon une étude publiée dans l’International Journal of Cancer, les cas de leucémies seraient deux fois plus fréquents chez les enfants vivants à proximité d’une centrale nucléaire. Les scientifiques refusent cependant d’en tirer des conclusions définitives. C’est de l’avis des chercheurs eux-même une vraie surprise. Une étude de l’ensemble des 2753 cas de leucémies de l’enfant diagnostiqués en France entre 2002 et 2007 montre que la maladie est environ deux fois plus fréquente chez les petits qui vivaient à moins de 5 kilomètres d’une centrale nucléaire lors de leur diagnostic. »

Mais partons d’un exemple précis, celui des travailleurs du nucléaire, des explications complémentaires viendront juste après.

2 606 travailleurs utilisant des matières nucléaires ont reçu une dose radioactive supérieure à 5 mSv en 2015 en France. Le bilan publié hier (6 septembre 2016) par l’IRSN précise que 14 138 ont été victimes d’une dose supérieure à 1 mSv.  2 travailleurs ont même été victimes d’une contamination radioactive supérieure à 20 mSv et un autre a dépassé les 500mSv. La dose collective externe radioactive délétère que les salarié-es ont subie est en augmentation par rapport à 2014. Areva et EDF sont en tête de ce sinistre podium.

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Une contamination externe annuelle supérieure à 20 mSv (limite réglementaire imposée de la « dose efficace » fixée pour les travailleurs du nucléaire) a touché 2 travailleurs. Un travailleur de chez Areva (fabrication du combustible) à subi jusqu’à 1,1 mSv de radiation et un autre travailleur de EDF (réacteur atomique) a subi jusqu’à 3 mSv.  Un cas de dépassement de la « limite de dose équivalente aux extrémités » (500 mSv) a en plus atteint un autre travailleur. Les chiffres font froid dans le dos.

Au total, sur 365 830 travailleurs suivis, ce sont 2 606 travailleurs utilisant des matières nucléaires (usines de conversion et d’enrichissement de l’uranium, fabrication du combustible, centrales nucléaires, retraitement, démantèlement, déchets radioactifs) ainsi que celles liées à la défense nationale et « médical » qui ont reçu une dose radioactive supérieure à 5 mSv en 2015 et 14 138 une dose supérieure à 1 mSv. 1 mSv est la limite annuelle imposée réglementairement à la population par l’industrie nucléaire et ses relais administrativo-politique.

Selon l’IRSN (1), les travailleurs de l’industrie nucléaire et non directement nucléaire, qui représentent 30 % des effectifs suivis, ont été victimes eux  des doses les plus élevées de 1,17 mSv et 1,38 mSv à la moyenne. Et la dose collective de radioactivité morflée (mesurée par dosimétrie externe passive) s’établit à 61,9 h.Sv * pour 2015, contre 56,3 h.Sv en 2014. Une nouvelle augmentation des atteintes à la santé et à la vie.

Les travailleurs de l’industrie nucléaire et non directement nucléaire, représentant 30 % des 365 830 travailleurs suivis, ont été victimes de doses plus élevées de 1,17 mSv et 1,38 mSv.

Mais la moyenne présentée par l’IRSN ne veut rien  dire à l’image des statistiques sur les revenus produits à longueur d’année par les experts : la moyenne entre les émoluments d’un patron et le salaire d’un ouvrier de base ne représentera jamais le vécu réel. Une manipulation parmi d’autres pour masquer l’horreur vécue par les victimes et les laissés pour compte. D’autant que toutes les autres activités concernées par l’usage des rayonnements ionisants (applications médicales et vétérinaires, recherche et enseignement, activités industrielles diverses utilisant des sources de rayonnements ionisants) font partie du lot.

 

effets_radioactivite_sur_corps-humain_800_1_Et comme, selon les textes officiels, la dosimétrie individuelle doit être adaptée au poste de travail en permettant l’évaluation « aussi correcte que raisonnablement possible » des doses reçues par le travailleur… « Aussi correcte que raisonnablement possible » : voilà une conception quelque peu non-scientifique et au doigt mouillé dans un domaine ou la vie et la santé sont en permanence menacées. Mais comme ce sont les atomistes qui conçoivent les règles et règlements qui leur sont appliqués, pourquoi se gêner.

Bilan aussi tronqué car « le nombre d’analyses est en diminution par rapport à 2014 » constate l’IRSN. Pour l’industrie nucléaire les choses seraient bien plus simple si il n’y a avait plus du tout de contrôle.

C’est à partir d’une surveillance de l’exposition externe des travailleurs réalisée par des dosimètres individuels que la dose de radioactivité délétère atteignant le corps entier ou une partie du corps (peau, doigt, visage) est mesurée. Mais les travailleurs sont aussi exposés à un risque de contamination interne évalué par des examens reposant principalement sur des analyses radiotoxicologiques des urines ou anthroporadiométriques. Examens conduit par les services de santé au travail (dosimétrie opérationnelle) ou en différé après lecture en laboratoire (dosimétrie passive). Seul hic : ces labos sont pour leur grande majorité liés à l’industrie nucléaire civile et militaire : AREVA NC La Hague, CEA Cadarache, CEA DAM Ile-de-France, CEA DAM Valduc, CEA Grenoble, CEA Marcoule, CEA Saclay, EDF Saint-Denis, le Service de Protection Radiologique des Armées (SPRA), et l’Escadrille des Sous-marins Nucléaires d’Attaque (ESNA) de Toulon et DCNS Toulon. Auxquels s’ajoute le laboratoire « Algade » pour la surveillance individuelle liée à la radioactivité naturelle. Petit problème infime : « Algade » était encore voici peu un laboratoire de Areva.

Fait accablant : l’activité des travailleurs renseignée dans la base officielle « SISERI » n’est renseignée par les entreprises du nucléaire que pour 36 % d’entre eux. 64% passent à la trappe. Phénomène qui illustre aussi les méfaits de la sous-traitance menée par les « grands » du secteur que sont Areva, EDF, le C.E.A : « 85 % des entreprises qui ne déclarent pas l’activité réelle des travailleurs ont 5 travailleurs ou moins, et 25 % n’ont qu’un seul travailleur« .

Un bilan qui n’est pas des plus exhaustif car les rapports de dépistage du radon sur les lieux de travail (telle les mines et anciennes mines ou bâtiments implantés sur des remblais radioactifs miniers) nécessitent évidemment la mise en œuvre d’une surveillance individuelle, « ce qui n’est pas systématiquement le cas » d’après l’IRSN. La mort est parfois bien silencieuse et les victimes surtout muettes.

Source: Coordination-antinucleaire-sudest.net
Pour une grande majorité de la population, le nucléaire est un domaine très technique avec un jargon trop souvent incompréhensible, difficile de bien se rendre compte de ce que représentent les doses et les unités de mesures, c’est pourtant en connaissant ces informations que l’on comprend mieux le sujet. Éléments d’explications qui j’en suis persuadé, vous aideront à avancer dans le domaine, il n’y a rien de tel que la vulgarisation…

Le Becquerel (Bq)

La radioactivité d’un échantillon se caractérise par le nombre de désintégrations de noyaux radioactifs par seconde qui s’y produisent. L’unité de mesure de la radioactivité est le Becquerel (Bq).

1 Bq = 1 désintégration par seconde

L’activité de sources s’exprimera le plus souvent en multiples du Becquerel (kBq, MBq, GBq, TBq), tandis que l’activité d’échantillons environnementaux s’exprimera en Bq, mBq ou µBq.

L’activité est souvent rapportée à un volume (activité volumique en Bq/l ou Bq/m3), une masse (activité massique en Bq/kg) ou une surface (activité surfacique en Bq/m2). L’ancienne unité de mesure de la radioactivité est le Curie (Ci) défini comme l’activité de 1 gramme de radium, soit 1 Ci = 37 milliards de Bq.

Cette mesure rend compte du nombre de désintégrations, mais pas de leur énergie, ni de leur effet sur l’homme.

Le Gray (Gy)

L’unité de mesure de la dose absorbée est le Gray (Gy) qui correspond à l’énergie cédée par unité de masse.

Cette unité permet donc de mesurer la quantité de rayonnements absorbés par un organisme ou un objet exposé aux rayonnements. Le Gray a remplacé le rad en 1986 : 1 gray = 100 rads = 1 joule par kilo de matière irradié.

Le Sievert (Sv)

Les effets dus à la radioactivité sur les organismes vivants, ou sur la matière inerte, ne sont pas directement liés au Becquerel pour plusieurs raisons : la désintégration d’un atome de césium ou d’iode ne libère pas la même énergie ; les rayonnements émis sont de natures très différentes ; tous n’atteignent pas obligatoirement l’organisme de la même manière.

De plus, suivant les parties de l’organisme touchées par les rayonnements, les effets sont différents. Pour en tenir compte, la dose absorbée est multipliée par un facteur qui permet d’aboutir à la dose équivalente, exprimée en Sievert (Sv).

Certains tissus et organes sont donc plus sensibles au rayonnement que d’autres. Pour en tenir compte, la dose équivalente a été pondérée par un facteur de risque spécifique pour chaque tissu ou organe de manière à obtenir la dose effective (ou dose efficace). Ce système présente l’avantage de pouvoir placer tous les types d’exposition humaine au rayonnement ionisant sur une même échelle des risques. La valeur de la dose effective étant généralement très petite, elle est le plus souvent exprimée en milliSievert (mSv).
Très schématiquement, il est possible de mieux symboliser la relation entre ces trois unités avec l’image suivante : un enfant lance des balles en direction d’un camarade :

  • Le nombre de balles envoyées peut se comparer au nombre de rayonnements émis par une source radioactive, c’est-à-dire son activité (Becquerel) ;
  • Le nombre de balles reçues par son camarade représente la dose absorbée (Gray) ;
  • Les marques laissées sur son corps, selon que les balles sont plus ou moins lourdes et que les points touchés sont plus ou moins sensibles, sont l’effet produit, et peuvent se comparer à la dose efficace (Sievert).

bq_au_sv-0a012Source+animations sur Mesure-radioactivite.fr

 

2 commentaires

  • j’adore la photo… souvenir!!souvenir!!! en stage apicole un ingénieur de chez « ceux qui empoisonnent les éléments vitaux » nous certifiais que « le poison » s’arrêtait au niveau de la fleur…. je lui ai demandé ci ils avait mis un robinet au niveau de la tige….pas de réponse….bon passons….

    cela m’interpelle .. tout est relié…nous avons 35 000 communes en « France » soit l’équivalent de 142 00 officiers de police judiciaire (maire+ 3 premiers adjoints, sans compter tous les gendarmes, préfets… et tutti quanti…)
    depuis des décennies ils cautionnent de part leur silence les meurtres de millions d’innocents….leurs complices de part leur ignorance ou de part la soif du pouvoir et de l’avoir continue à les encourager en les mettant au pouvoir….
    ouvrez, ouvrons les yeux, enlevons nous le doigt du « séant » et arrêtons de croire aux mensonges qui sont portés par les sources de désinformation..
    réveillons nous …..

    bonne journée pleine de petites chances

  • Balou

    Et c’est pas mieux de l’autre côté de la Manche..

    Déchets nucléaires : du plutonium dans des bouteilles en plastique ? Bienvenue en Angleterre !

    https://francais.rt.com/international/25971-dechets-nucleaires–plutonium-dans

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