Les géants du net investissent en masse dans la réalité virtuelle

Après Google, c’est au tour de Facebook d’investir lourdement dans des technologies d’interface homme-machine. Si la firme de Moutain View a un train d’avance sur le réseau social, notamment après le rachat de la firme de robotique Boston Dynamics, Marc Zukerberg a contre attaqué en rachetant la start-up Oculus, spécialisée dans les interfaces de réalité virtuelle, pour 2 milliards de dollars. Si Google n’a jamais caché son intention de créer une véritable Intelligence Artificielle avec en ligne de mire l’utopie d’un être humain « augmenté » inquiétante, l’investissement du réseau social Facebook se veut plus pragmatique et vise avant tout le développement de nouveaux marchés publicitaires dans le jeu vidéo en ligne. Malgré tout, l’investissement massif de ce secteur par les géants du net ne peut que précipiter la transformation du monde en « réalité augmentée », et quand on sait que, Google « fournira des réponses à vos questions avant même que vous ne les posiez », l’utopie cybernétique pourrait ressembler à un véritable cauchemar…

 

Après WhatsApp pour 19 milliards de dollars, Oculus pour 2 milliards. Facebook continue son expansion dans les nouvelles technologies en annonçant le rachat, mardi 25 mars, de l’entreprise californienne qui développe des interfaces de réalité virtuelle.

Oculus VR est une entreprise récente, mais qui suscite un fort engouement. En août 2012, lors d’une campagne sur le réseau de financement participatif Kickstarter, elle a récolté 2,47 millions de dollars (1,8 million d’euros) — soit presque dix fois plus que les 250 000 dollars (181 028 euros) initialement demandés. Un an plus tard, un fonds d’investissement lui octroyait 75 millions de dollars (54 millions d’euros).

Le créneau de l’entreprise, où travaillent 50 personnes : la réalité virtuelle. Les ingénieurs d’Oculus se sont fait connaître en créant le Rift, un casque qui permet de s’intégrer complètement à un monde virtuel grâce à deux écrans (un pour chaque œil) et des écouteurs isolant le joueur du monde réel.

Même chose à San Francisco, lors de la Game Developers Conference qui s’est tenue du 17 au 21 mars, où a été présenté le dernier modèle développé par Oculus : le Rift DK2, dont les caractéristiques techniques promettent une meilleure expérience sensorielle. Une caméra séparée du casque permet, par exemple, de pouvoir faire apparaître des personnages ou des objets virtuels dans une pièce occupée (réellement) par le joueur.

Certains considèrent que le marché n’est pas encore mûr. En tout, seulement 75 000 Rift d’Oculus ont été pour l’instant vendus à des développeurs, pour qu’ils puissent adapter leurs jeux à cette plateforme, ou créer de nouvelles expériences de simulation, comme la « Machine qui fait devenir quelqu’un d’autre » présentée par The Verge et PC World.

Mais « il faut que les acteurs du marché de la réalité virtuelle écoulent au moins un million d’unités pour que cela devienne viable au niveau du développement » de jeux dédiés, selon léditeur de jeux Ubisoft. D’autres pointent de désagrables expériences de nausées après un premier test des appareils Oculus.

Le secteur est néanmoins prometteur. Une semaine avant l’annonce de Facebook, Sony présentait les dernières avancées de ses recherches en réalité virtuelle avec son projet « Morpheus », destiné à construire des casques aux fonctionnalités similaires pour la PlayStation 4. Signe que les leaders du marché du jeu vidéo entendent eux aussi profiter du créneau, où Facebook aura désormais une carte à jouer.

CE N’EST PAS QUE DU JEU VIDÉO

Dans le message publié sur son profil Facebook, le PDG et fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, se prend à rêver d’une certaine « science-fiction ».

« Imaginez profiter d’un match au premier rang, étudier dans une classe avec des étudiants et des professeurs venus du monde entier, ou consulter un docteur simplement en enfilant vos lunettes à la maison. [Le Rift] est vraiment une nouvelle plateforme de communication. »

Dans son communiqué, Facebook indique clairement vouloir expérimenter et développer de nouvelles « verticales telles que les médias, le divertissement, l’éducation » : autant de secteurs éloignés de l’objectif initial d’Oculus, porté jusqu’ici principalement sur le gaming.

Les applications concrètes des Rift d’Oculus en termes de communication sont encore à découvrir, tant les domaines concernés sont vastes. La Navy américaine a par exemple récemment dévoilé qu’elle testait les Oculus dans un programme nommé Blue Shark. Les soldats communiqueront-ils avec un Oculus connecté à Facebook Messenger ?

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