Mediator : des autorités de santé perquisitionnées

Des perquisitions ont débuté jeudi dans plusieurs administrations du secteur de la santé, notamment au ministère, dans le cadre du dossier du scandale sanitaire.
Des perquisitions étaient menées jeudi dans plusieurs administrations du secteur de la santé, notamment au ministère, dans le cadre de l’enquête sur le Mediator, près de huit mois après celle diligentée au siège de l’agence du médicament Afssaps, renommée depuis Ansm.
Ni l’avocat des Laboratoires Servier, le fabricant de cet anti-diabétique largement détourné comme coupe-faim, Me Hervé Témime, ni les avocats des parties civiles dans cette instruction menée par des juges parisiens, n’ont souhaité commenter ces investigations qu’ils ont apprises par voie de presse.
Une première perquisition a débuté à 10 heures à la Direction générale de la Santé (responsable des politiques de prévention et de sécurité sanitaire) à Paris, ont indiqué des sources, judiciaire et proche de l’enquête.

Une autre était en cours à la mi-journée à la Haute autorité de la Santé, une entité publique indépendante chargée de faire des recommandations aux pouvoirs publics en matière de santé, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Fin 2010, elle avait rappelé s’être déclarée défavorable au remboursement de ce médicament en mai 2006.


Selon RTL, qui a révélé l’information, la direction de la Sécurité sociale, également sise dans les locaux du ministère, devait recevoir la visite des enquêteurs de la Direction nationale d’investigations financières et fiscales (DNIFF) de la police et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Aucune garde à vue n’est en revanche prévue, a précisé une source proche de l’enquête.
Des centaines de plaintes
«Le spectre de ces investigations est très large, leurs éventuelles saisies peuvent aussi bien servir à étayer les soupçons de prise illégale d’intérêt ou de conflits d’intérêts mais aussi trouver des documents sur les conditions de renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché», a expliqué une source proche du dossier.
Le Mediator, un médicament des laboratoires Servier destiné aux diabétiques en surpoids mais souvent prescrit comme coupe-faim, a été commercialisé de 1976 à 2009. Il est soupçonné d’avoir provoqué avant fin 2009 la mort d’au moins 500 personnes en 30 ans, voire 1320 à 2000 selon d’autres estimations. Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients.
Des informations judiciaires sont conduites à Paris depuis février 2011, l’une pour tromperie et escroquerie dans laquelle le patron des laboratoires et six sociétés du groupe ont été mises en examen, l’autre pour «homicides et blessures involontaires». Un autre volet a été ouvert pour prise illégale d’intérêt. Des centaines de plaintes ont été déposées.
D’autres poursuites pénales pour tromperie aggravée ont été engagées devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Reporté le 21 mai, le premier procès pénal dans cette affaire devrait être fixé lors d’une audience technique mi-décembre.

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