Un trésor à sauver coûte que coûte..

Nous n’avons pas encore tout vu??

Le photographe militant Subhankar Banerjee plaide pour une véritable éthique des océans, qui seule permettrait de protéger le riche et fragile écosystème du pôle Nord.

Quand vous allez à la montagne, vous allez à la montagne. Dans le désert, c’est bien le désert. En revanche, quand nous allons à la mer, nous disons plus volontiers “à la plage”. Car notre élément à nous, c’est la terre, pas les eaux de notre planète – ce qui se trouve être formidablement arrangeant pour une compagnie pétrolière souhaitant forer dans des eaux limpides.

Prenez l’entreprise Shell. La société planche sur un projet de forages pétroliers dans un écosystème d’une richesse hors normes : l’océan Arctique. Et si les choses ne sont pas encore tout à fait décidées, cette éventualité mérite que nous nous y arrêtions.

Les Inupiks, peuple autochtone des côtes arctiques, vivent désormais dans la peur de l’arrivée imminente du groupe pétrolier. Rien d’étonnant : Shell s’apprête à se lancer dans ce qui est sans doute la forme de forage la plus dangereuse qui soit. En effet, personne ne sait vraiment comment nettoyer une marée noire qui aurait lieu sous la glace, dans les conditions extrêmes de l’océan Arctique.

Et pourtant le gouvernement Obama a autorisé selon une procédure accélérée le dangereux projet de forage de Shell, sans guère prêter attention aux menaces écologiques qui l’accompagnent et aux dévastations que représenterait une importante marée noire pour ces peuples du Grand Nord.

Dormez, bonnes gens, pas d’inquiétude : Shell jure mordicus qu’elle a envisagé la survenue de ce genre de catastrophe, poussant les précautions jusqu’à faire venir des chiens “chargés de détecter les déversements de pétrole à travers la neige et la glace”.

Le gouvernement Obama est tout aussi rassurant, puisqu’il garantit la présence 24 heures sur 24, sur ces navires de forage, d’un authentique inspecteur fédéral. Ecoutez la compagnie pétrolière ou le gouvernement américain : tout cela n’est rien qu’un merveilleux rêve devenu réalité.

Un déversement a lieu, il fait – 37 °C, les rafales de vent dépassent les 100 kilomètres/heure, vous êtes au milieu des glaces… S’imaginer qu’un teckel surentraîné ou un inspecteur fédéral y pourront quoi que ce soit tient du pur délire. Croyez-moi, j’ai connu ces conditions et, si le pire arrive, ce ne sera pas une simple redite de la marée noire de BP dans le golfe du Mexique. Cette fois, il n’y aura rien à faire.

Une plainte contre Shell

(…)

336 tonnes d’oxydes d’azote

Une marée noire monstre ou une série de déversements moins importants ne sont pas les seules menaces qui pèsent sur cet écosystème parmi les plus fragiles de la planète. Les tests sismiques effectués avant tout forage, ainsi que les forages eux-mêmes, sont déjà la cause d’une importante pollution sonore dans la région. Cela pourrait ainsi faire du tort aux baleines boréales, qui se servent de leur ouïe pour se déplacer sous la glace, dans l’obscurité.

A cela s’ajoutent les émissions toxiques que lâcheront chaque année les navires de Shell dans l’air arctique, dont 336 tonnes d’oxydes d’azote et jusqu’à 28 tonnes de particules fines, de moins de 2,5 micromètres (de minuscules gouttelettes et particules solides de poussière, de saleté, de suie, de fumée, etc.).

Et ce n’est pas tout. Avant même que les forages de Shell ne commencent, et a fortiori avant qu’on n’ait pu évaluer leurs répercussions, le gouvernement Obama envisage déjà d’ouvrir, dans les années à venir, d’autres zones maritimes de l’Arctique à l’exploitation offshore.

L’expérience Shell – et le risque d’une pollution irrémédiable et à grande échelle des eaux de l’Arctique – est pourtant aux océans du monde entier ce qu’est le canari aux mines de charbon [système d’alarme contre les coups de grisou]. Surtout aujourd’hui, alors que les glaces nordiques fondent sous l’effet du réchauffement climatique, ouvrant un boulevard à des entreprises qui, soutenues par les Etats, convoitent ces territoires maritimes et leurs richesses énergétiques.

(…)

Mobiliser l’opinion

(…)

Mais en fait, si nous entendons protéger nos océans, c’est l’opinion publique qu’il faut avant tout mobiliser. Pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent encore connaître le bonheur de voir des baleines bleues bondir dans les océans, nous avons intérêt à faire vite. Shell est à la dérive dans les eaux de l’Arctique, il est temps de la ramener à terre.

 

Un article de Subhankar Banerjee,publié par courrierinternational.com

 

Pour lire la totalité de l’article, cliquer ICI

 

Auteur : Subhankar Banerjee

Source : www.courrierinternational.com

Article relayé par : Fred pour Sauve-la-Terre

19 commentaires

  • Tesla

    je cite : Dormez, bonnes gens, pas d’inquiétude : Shell jure mordicus qu’elle a envisagé la survenue de ce genre de catastrophe, poussant les précautions jusqu’à faire venir des chiens “chargés de détecter les déversements de pétrole à travers la neige et la glace”.

    le problème c’est pas SHELL ! le problème c’est les gens qui utilise les bagnoles !!! tout est dit …

    donc si demain une catastrophe monstre pire que celle du Golf du Mexique a lieu (et qui est loin d’être fini)ne blâmer pas que BP ou Shell MAIS VOUS AUSSI … pas de « con ssomateur = pas de SHELL POINT BARRE .

    quand je voit le nombre de voiture sur les routes pour les vacance je glousse doucement , ha ha ha vous connaissez le mot empoisonnement ? apparemment NON .

    ALORS PAS DE CRITIQUE MAIS DES ACTES !!! FOUTEZ VOTRE CAISSE A LA BENNE …

    • ratgana

      Oui mais le pétrole ne sert pas qu’à faire rouler les voiture, on baigne dedans à longueur de journée.

    • Mouton

      Le consommateur coupable?

      Le citoyen lambda est un mouton censé être « responsable ». Au quotidien, il prend sa voiture par obligation.

      Qui prend les décisions? le gouvernement (ici Obama).
      Le gouvernement à les moyens: il détient le pouvoir, il est mieux informé que quiconque, il connait la probabilité de risques,

      Risques face aux enjeux économiques? osef, c’est la bergerie qui paye et le dirigeant qui empoche

      Tout désigné le coupable…

      Le transport (voiture, avion…) représente 30% de la conso énergétique (source: http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF11347)

  • fotoulavé fotoulavé

    C’est qui Dieu ?
    Le fric…
    C’est qui qui en veut une plus grosse que son voisin ?
    C’est qui qui veut devenir riche?
    C’est qui qui ne produit même pas une carrote ?
    Pour un, qui se préocupe de la nature il y en a mille qui n’en ont rien à faire !

  • DAM

    @Tesla
    « ALORS PAS DE CRITIQUE MAIS DES ACTES !!! FOUTEZ VOTRE CAISSE A LA BENNE »
    « oui je sais mais la voiture c’est un début ! « …
    Tu fais comment pour faire tes courses?à cheval?

    • Tesla

      avec un petit caba à roulette ou à pied mon gars .
      ..

    • voltigeur voltigeur

      Tu as raison aussi, surtout dans les zones rurales, mais si les gens
      étaient moins égoïstes et plus partageurs? Une seule voiture peut emmener
      quatre ou cinq personnes non?!
      combien de véhicules avec une seule personne au volant?
      Acheter une voiture à plusieurs, l’entretenir et l’assurer, ça ferait faire des économies
      à tous…mais la confiance n’est pas encore en distribution libre, beaucoup pensent « MOI » « JE »
      et « ILS » « VOUS » quand ça les arrangent. Pas prêts d’en sortir avec ce raisonnement..
      Avec la somme de cerveaux qui se sentent concernés, des solutions sont possibles, mais pour cela
      il faut penser NOUS… ♥♥

  • ratgana

    @ DAM :

    C’est tout un système économique que tu remets en cause par cette question. Alors comment fait on ? Avec la VOLONTE de vouloir changer, le matériel se met en place de lui-même.

    • DAM

      @ Ratgna
      il y a dans certaines villes(Quimper,Nantes…) des gens qui s’organisent pour faire des jardins collectifs BIOS,sans avoir besoin forcement de matériel ni d’argent.Chaque personne fais par exemple une spécialité l’un fait des tomates l’autre des patates et le surplus de la production et redistribué sous forme de TROC.De manière à avoir un large choix de légumes sans payer quoi que se soit.Voila une solution intéressante qu’il faudrait développer…J’imagine que Tesla serait la première partante car là c’est SANS pétrole de A à Z!

      • ratgana

        Oui, c’est vrai et ce un peu partout dans le monde. Quand je parle de matériel, je ne veux pas dire « du » matériel mais bien les choses matérielles dans leur ensemble comme l’argent par exemple .
        Il faut développer cette solution au matériaux plus plus divers.

  • DAM

    @ Tesla
    ok donc j’imagine que tu vis seul et en ville…A part faire culpabiliser les gens qui n’ont pas le choix à quoi sert ton raisonnement égoïste?

    Une mère de famille qui vit en province et qui à sa petite famille à nourrir comment elle fait?Ou bien une personne âgée?
    « avec un petit caba à roulette ou à pied »lol

    C’est se foutu système qui nous impose cette dépendance au pétrole et a part un effondrement total rien ne changera…

    Il faut avoir une vision globale pour proposer une solution globale et non pas regarder uniquement sa situation personnel…

    • vanvoght

      il y as longtemp qu’ont n’as plus besoin du petrol . mais c’est la volontée politique qui ne veux pas changer les choses .
      ont peu pas culpabiliser ceux qui veulent aller bosser en voiture ( car pas de moyens de deplacement urbin ) seul nos dirigeants sont coupables .

  • Je suis un peu consterné de tous ces raccourcis plus culpabilisateurs que responsabilisateurs… Est-ce que nous sommes responsables des choix technologiques et énergétiques qu’on nous impose ? Tous à vélo à vivre d’eau fraîche dans des tipi. Plus qu’à rejoindre de petites réserves indiennes à le merci de n’importe quel groupe minier.

    Je félicite ceux qui proposent des alternatives locales pour une solution globale, ils maintiennent un espoir d’existence libre et indépendante du système. Mais dire « pas de consommateur, pas de Shell »… Tant qu’il n’y aura pas de politiques nationales indépendantes des lobbies financiers, notre monde, et nous avec, sommes à la merci de la mondialisation des grandes firmes. Il y a une course à l’appropriation des ressources globales. Nous avons encore le luxe de croire rester propriétaires de nos petits lopins de terre, mais cela ne durera pas éternellement. Vous croyez que les négriers d’hier ont respecté la liberté des africains sur leurs terres ? Vous croyez que les espagnols ont respecté la liberté des peuples d’Amérique du Sud ? Tout a été imposé selon des modèles de dépendance économico-religieuse.

    La régression à la terre ou l’autarcie ne sont que des échappatoires provisoires. Oui, des africains ont échappé à l’esclavage, des indiens aussi, mais la mondialisation les rattrape tous. Elle s’étend comme une beau cancer de béton.

    Sommes-nous responsables de la déforestation pour l’huile de palme ? Personne n’en veut, même pas les accros au Nutella. Les nations sont vendues, leurs richesses et nous avec. Le bétail choisit-il sa cage et sa nourriture ? Ok, échappons-nous, nous les moutons enragés, fuyons dans les forêts qui restent. Nous laisserons à nos enfants nos rêves de liberté.

    A toute époque, il y a eu des hommes pour dénoncer l’évolution du monde. On nous a fait miroiter un monde meilleur jusqu’à aujourd’hui. Maintenant, on devrait se sentir coupables d’avoir laissé le pouvoir à des hommes qui n’en ont que le nom. Nos systèmes globalisés ont provoqué une sélection naturelle des pire prédateurs. Les « gentils » n’ont plus leur place, ils se font bouffer. Il n’y a que dans les noyaux familiaux et tribaux qu’ils ont une chance d’être mis en avant et respectés pour ce qu’ils sont. Des milieux où la relation de confiance et la solidarité sont les plus importantes.

    Les entreprises qui voient à long terme et en bons pères de famille disparaissent. La destruction rapporte plus que la construction. Nous sommes asservis par des firmes invasives qui n’ont rien à faire de notre bien-être. Les espagnols voulaient civiliser les Amériques avec la bénédiction de Dieu. Quelle belle cause et beau prétexte pour s’approprier ces nouvelles terres. Les mentalités n’ont pas tant changé, elles se sont policées.

    La question est, sommes-nous assez unis et solidaires pour faire face ? Chacun de nous réunis avec ces idées dans nos foyers respectifs et éparpillés. L’esprit de nation s’est dilué, sans parler de l’esprit de famille. Le système sépare et divise dans un même bouillon insipide. S’unir localement est un début face à ce qui nous attend. Il y a une foi en l’avenir à partager.