Premiers échanges directs des monnaies japonaise et chinoise

Les transactions financières entre la Chine et le Japon vont maintenant se faire directement de devise à devise sans passer par la case dollar, ce qui va affaiblir encore plus celui-ci, une bonne nouvelle en somme suivant où on se place…

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SHANGHAI – La Chine et le Japon ont commencé vendredi à s’échanger directement leurs devises sans passer par l’intermédiaire du dollar, une réforme visant à dynamiser le commerce entre Tokyo et Pékin, qui veut aussi développer le rôle international de sa monnaie.

Le taux de change yuan-yen a d’abord été affiché sur la place de Tokyo, où les premiers échanges directs ont débuté peu après 00H00 GMT.

Lors des premières cotations réalisées par l’intermédiaire de grandes banques japonaises, le yuan chinois cotait 12,335 yens japonais, soit un niveau à peu près identique à celui de la veille. Il restait autour du même niveau vers 02H30 GMT.

Les échanges directs du yen et du yuan ont été ouverts à Shanghai à 09H30 locales (01H30 GMT).

Les deux monnaies pouvaient déjà s’échanger auparavant, mais via le dollar qui servait de pivot dans la détermination du taux de change. Ce système, peu pratique, fait que 60% des transactions bilatérales sont actuellement effectuées en dollar.

A Shanghai, le yuan évoluera vis-à-vis du yen au sein d’une marge de fluctuation de plus et moins 3% par rapport à un cours central, fixé chaque matin par la banque centrale de Chine après s’être renseignée auprès des acteurs du marché. Vendredi matin, ce taux pivot a été fixé à 8,0686 yuan pour 100 yens, soit environ 12,394 yens pour un yuan.

La Banque populaire de Chine (BPC, banque centrale) procède actuellement d’une manière similaire pour fixer quotidiennement le cours du yuan vis-à-vis du dollar, vis-à-vis duquel la marge de fluctuation de la monnaie chinoise n’est toutefois que de plus ou moins 1%.

Le yen n’est que la deuxième grande monnaie, après le dollar, pour laquelle les autorités chinoises ont accepté d’instaurer un système d’échange direct.

Le yuan est aussi négocié contre sept autres monnaies (euro, livre britannique, dollar australien, dollar canadien, dollar de Hong Kong, ringgit malaisien et rouble russe), mais toujours en prenant le dollar américain comme intermédiaire, d’après l’agence Chine Nouvelle.

La décision sino-japonaise de lancer cet échange direct intervient dans le cadre d’une série d’accords bilatéraux conclus fin décembre, destinés à faciliter et renforcer le commerce et les investissements bilatéraux entre la Chine et son voisin le Japon, respectivement deuxième et troisième puissances économiques mondiales.

Côté chinois, l’échange direct yuan/yen semble entrer dans le cadre de la stratégie à long terme de Pékin visant à développer le rôle international de sa monnaie.

L’échange direct du yuan et du yen n’est qu’une simple étape sur le chemin qui conduira le yuan à devenir une monnaie de réserve, a déclaré à l’AFP Zhang Zhiwei, économiste en chef pour la Chine chez Nomura Securities.

Il a ajouté qu’il restait à la devise chinoise un long chemin à parcourir pour devenir une monnaie librement convertible.

Cette réforme est une avancée importante dans l’internationalisation de la devise chinoise, qui répond à la demande croissante pour des paiements et des transactions en yuans dans le monde entier, a pour sa part commenté David Liao, de HSBC China.

Source: Romandie.com

9 commentaires

  • engel

    N’entends-tu point le roulement du canon au fond du bois ?

  • Bob

    Ce qui va accélérer encore plus le plan NOM à mon avis, une bonne chose pour l’est c’est certain mais on va finir par en payer le prix.
    Quand la Chine, la Russie ou même l’Inde seront à notre frontière on regrettera le dollar à mon avis et ce n’est pas pour nous sauver qu’ils viendront.
    D’après les dires d’un général Chinois il y peu de temps, j’aimerais pas les voir ici.

    • engel

      Qu’ils disaient ….

      C’est de la mixité que nait la vrai richesse d’une nation!

      Alors, mixons… histoire d’être léssivé!

  • L’indépendance économique et financière des BRICS va passer forcément par une éviction du dollar de leurs échanges internationaux.

    De plus, les Etats-unis coulant, leur monnaie n’est plus une valeur sûre. Les pays du monde entier cherchent des refuges comme l’or. L’or se trouvant en Chine à présent, il est naturel que le Yuan prenne petit à petit sa place en tant que valeur refuge, au détriment du dollar.

    Cependant, cette nouvelle tendance montre également combien la Chine lorgne sur la domination monétaire du vingt-et-unième siècle, et sur la domination patrimoniale: elle acquière nombre de terres et de lieux partout dans le monde. Le Japon tombant en ruine à petit feu (nucléaire), je pense que la Chine commence à le dépecer doucement. Et tant qu’à faire, autant se passer d’une indexation américaine ! Le Japon a d’ailleurs beaucoup souffert dans sa récente histoire à cause des américains (Cf. le renversement de l’Empire menant à la révolution industrielle japonaise, la seconde guerre mondiale et ses deux nukes, l’endaka rabaissant le pays afin de l’éloigner de son hégémonie technologies et économique durant la seconde moitié du vingtième siècle…). Aujourd’hui, son ennemi de toujours est peut-être la porte de sortie pour ce pays en souffrance suite à Fukushima; je parle de Fukushima, car dans les dizaines d’années à venir, ce ne seront certainement pas les américains qui offriront une terre d’accueil aux japonais.

    Même si, en étant japonais, je préfèrerais m’exiler partout ailleurs qu’en Chine, imaginant aisément le racisme dont je serais alors victime là bas… Chinois et Japonais ne s’aiment guère, et ce sera sans doute ainsi pendant des dizaines d’années… Jusqu’à ce que les japonais soient tous annexés et transformés en chinois.. . .. ..