Razzia dans les magasins biélorusses

Parmi les nombreuses questions que nous pouvons nous poser, il y en a une récurrente, que va-t-il se passer si jamais la situation financière se crashe réellement? Bien sur cela parait inéluctable, mais nous pouvons surtout émettre des hypothèses, nous n’avons jamais réellement connu un te phénomène. Pour nous aider à comprendre les répercussions possibles, nous allons regarder un peu du côté de la Biélorussie qui a connu une déflation subite de 56% le 24 mai dernier.

Le 24 mai dernier, l’économie biélorusse a connu son “mardi noir” avec une dévaluation de la monnaie nationale de 56 %. Au cours de la semaine qui a précédé, les Lituaniens ont observé avec inquiétude le voisin biélorusse s’enfoncer dans la crise : magasins pris d’assaut, distributeurs automatiques vidés, décrit le quotidien de Vilnius Lietuvos Rytas.

Le miracle économique du président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a fait pschitt [allusion à la résistance légendaire du régime biélorusse au capitalisme, le président faisant toujours valoir son système quasi étatique, qui a permis, bon an mal an, de maintenir des retraites et des salaires minimaux à peu près décents]. Chez notre voisin, les habitants ne croient plus en rien, surtout pas en l’avenir du zaïtchik [petit lapin, surnom de la monnaie biélorusse provenant de l’illustration sur les billets de banque]. Ils s’efforcent donc d’échanger leur monnaie, qui se déprécie de jour en jour, contre n’importe quel bien. Mais ces biens, eux aussi, se raréfient à vue d’œil. Aussitôt, des files interminables se sont formées près des distributeurs où les Biélorusses se dépêchaient de retirer des billets.


Face à l’afflux de clients, les convoyeurs de fonds n’arrivaient même pas à alimenter les distributeurs à temps. Personne n’avait prévu que la crise des devises provoquerait une pénurie de roubles. Dans le même temps, les queues s’allongent déjà dans les magasins. Depuis que la valeur du dollar et de l’euro a plus que doublé au marché noir, les gens se sont mis à dépenser leurs roubles sans compter. Le dimanche à midi, dans le grand centre commercial national de Minsk, la capitale, il restait tout juste quatre réfrigérateurs made in Belarus alors que plus du quart de cet immense magasin est réservé à l’usine locale Atlant. Or les derniers appareils exposés étaient déjà vendus. “Mais où sont les autres réfrigérateurs ?” ai-je demandé à une vendeuse. “Il n’y en a plus aucun ! Tous vendus”, m’a rétorqué la femme. Pourquoi les Biélorusses ont-ils soudain un besoin si frénétique de réfrigérateurs ? Il faut chercher la réponse à côté, au magasin d’alimentation. Durant la semaine, tous les produits de longue conservation ont été raflés, le rayon sel est totalement vide : le samedi, les clients achetaient les paquets par cinq. “Je ne sais pas pourquoi les gens ont autant besoin de sel. Le vinaigre, je n’ai même pas le temps de le poser sur les étagères que, déjà, il disparaît. Peut-être comptent-ils faire de nombreuses conserves cet été ? Ou bien ont-ils peur que tout augmente ?” Le vendeur essaie de deviner les raisons de cette razzia. Sur les étagères, plus de dentifrice ni de papier toilette, de pâtes, de sucreries locales. Leur prix n’a pourtant pas augmenté, contrairement à celui de la tablette de chocolat d’importation, qui a doublé. A la caisse, un homme amuse les vendeurs en leur demandant de lui vendre des cigarettes pour 3 millions de roubles, soit plus de 600 paquets. “Vous pensez que les cigarettes ne vont pas augmenter ? La crise, c’est la crise et je ne vais certainement pas m’arrêter de fumer pour ça. Il vaut d’ailleurs mieux que je dépense tous mes roubles en cigarettes”, explique l’homme. Derrière moi, dans la file, une femme a acheté sept paires de collants épais alors que la température avoisine les 30 °C.

La descente infernale du zaïtchik a touché de plein fouet les entreprises lituaniennes exportatrices de produits alimentaires vers la Biélorussie. Les hommes d’affaires comptent leurs pertes : les produits s’éternisent dans les rayons et les distributeurs ne peuvent pas régler en dollars. Le groupe Viciunai exporte des sticks de crabe et du poisson pané en Biélorussie depuis quinze ans. Mais, ces derniers jours, les ventes se sont mises à dégringoler : dans les magasins, ces produits coûtent désormais 70 % à 80 % plus cher. “Nos voisins arrivent encore à acheter nos produits, mais l’évolution de la situation est incertaine”, commente Visvaldas Matijosaitis, directeur du groupe.

Malgré la crise, les Biélorusses continuent de boire de la bière, bien que son prix ait augmenté d’un cinquième. “La hausse du prix de la bière correspond à celle de la hausse des prix des denrées alimentaires”, explique Audrius Miksys, directeur de la brasserie Lidskoje Pivo. Auparavant, selon le directeur, les commandes pouvaient être réglées à trente jours. Désormais, il faut payer tout de suite. “Cela a provoqué un véritable chaos, mais, comme la demande est forte, nous nous en sortons”, positive Audrius Miksys.

  • Repère

    Il y a quelque temps, le président Alexandre Loukachenko a annoncé “avec fierté” que la Russie était prête à accorder à Minsk un crédit de 6 milliards de dollars, explique le site biélorusse indépendant Belorousski Partizan. Contrairement au but poursuivi par le Batka [le Petit Père, surnom du président], la réaction de la population, pressentant le pire, a été de se ruer dans les magasins, le cours du rouble russe a grimpé en flèche, des queues se sont formées près des distributeurs et des points de change. “La société a perdu toute confiance en son président”, commente le site. Après le “mardi noir”, il s’est avéré que la Russie n’avait pas l’intention de créditer Minsk. C’est le fond anticrise de la Communauté économique eurasiatique (réunissant des Etats de l’ex-URSS) qui prêtera 3,5 milliards de dollars, à raison de 1,2 milliard par an ; les trois autres milliards, la Biélorussie les recevra de la privatisation de ses entreprises, à hauteur de 2,5 milliards de dollars par an pendant trois ans, condition sine qua non de l’octroi du prêt. “Des conditions de bandits”, a fulminé le président, qui s’est tourné également vers le FMI.

Source: courrierinternational.com via lepeuplecontreattaque qui a rajouté cette vidéo de son côté:

  • frenchprepper06

    En cas de dévaluation massive du dollar ou d’une explosion de la zone euro le choc sera de nature tectonique et d’envergure planétaire. Il faudra plus que quelques semaines ou mois pour que nos démocraties se réorganisent et ce n’est pas en mettant quelques conserves et rouleaux de papier toilette de coté que vous ferez face à la situation. C’est la raison pour laquelle je recommande de se préparer pour une période d’au moins une année. Ne faites pas semblant de vous préparer. Faites le à fond et honnêtement en accord avec ce que vous pensez de la situation actuelle. Laissez les autres rirent ou se moquer de vous.
    Nous vivons ou période ou la plupart d’entre nous ressortons des supermarchés avec des cadies plein à dégueuler mais en cas de pénurie nous n’avons même pas de quoi boire ou manger pour ne serait-ce que quelques jours. Nous avons oublié la notion de « garde-manger » si chère à nos ancètres qui avaient compris que la vie est faite de vaches grasses et de vaches maigres.

  • Comment ne pas être d’accord avec toi, quand c’est du bon sens, ceux qui rient, risquent de ne pas rire longtemps.

  • Alors pour passer la crise, il est nécessaire d’acheter des produits de bases: farine, sucre, lait en poudre, huile, vinaigre, gros sel, poivre, pâtes, riz…. ah! oui les bougies et des allumettes, important, on ne sait jamais en cas de coup dur et de couvre feu cela peut servir… Pour ce qui ont les moyens des bonbones de camping gaz, faire les emmaus pour trouver les consignes c’est mieux cela évite de la payer à la caisse. Pour l’argent comme cela ne vaut plus rien plus vous avez de stock en produits de base plus vous pouvez faire des échanges, mais là attention danger aux ventres affamés sans foi ni loi, tout juste s’il ne faut pas s’armer pour se défendre… Sinon le top, c’est d’avoir un peitit lopin de terre, ça aide un peu et puis cela occupe, il faut bien cultiver son jardin. En parlant d’optimisme, il en faut et je vous en souhaite à tous. Les mauvaises nouvelles s’accélèrent et la bulle de l’endettement n’arrête pas de monter en volume d’ici quelle éclate. M’enfin nous ne sommes pas en biélorussie, la France a des atouts, sa position géographique, des groupes qui ramassent du chiffre, de l’épargne à foison, du talent, des droits, du vin, des plages, des montagnes, des millliers de clochers, des jolies filles, tout ce qu’il faut pour être heureux!!! Très très important quand on est en crise, ou en dépression voir fatigué nerveusement, la technique du j’ai, j’ai pas, c’est d’enfer. M^me si on a rien on a toujours quelque choe et le fait de se répéter j’ai ceci, j’ai cela et puis j’ai…j’ai et aussi j’ai.. Il faut essayer mais cela marche à bloc même quand on a l’impression de ne rien avoir, on a toujours la possibilité de dire, j’ai deux pieds, j’ai envie, j’ai de la chance, j’ai une bière, j’ai encore trois clops… tout est possible!

  • Rodica

    Tu as raison Frenchpreper , (40ans *quelques sous*que j’ai réussi a mettre de côté en espérant acheter un jour une maison !)depuis quelques mois avec toutes les infos dont ceux des moutonsenragés;j’essaie de trouver un loppin de terre et je peux vous assurer qu’il y a eu une Augmentation incroyable !quand j’ai essayé d’expliquer qu’il y a de fortes probabilitées que nous ayons des problèmes avec l’argent et que chacun peut lire les articles de Roscoe Barthlet,Marc Faber,Gérald Celeste ect….)Loin d’être des idiots ces personnes;ça rigolent pas mal…..Nous verrons avec le temps n’est-ce pas?Amicalement a tous.

  • Je me permets de donner le lien du RÉSEAU SORTIR DU SUPERMARCHÉ 12 où nous expliquons en long en large et en travers comment et pourquoi consommer ailleurs et autrement !

    Avec les temps qui arrivent mieux vaut savoir s’alimenter sans compter sur la grande distribution, en plus de la question de la santé… Et donc au cours de cette émission nous expliquons tout en détail ^ ^

    Version courte mp3 :

    http://dl.free.fr/bqFZYQEAX

    Version longue en vidéo :

    http://sortirdusupermarche12.free-h.net/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

    Émission de Radio Ici & Maintenant animée par Alex et Christian Jacquiau –

    Intervenants au cours de l’émission :

    * Richard Marietta du Tarn, fondateur de Nature et Progrès
    * Hervé Legal, fondateur du GASE (Groupement d’Achat et Service Épicerie) en Bretagne
    * Annie, Joël et Moon du Réseau Sortir du Supermarché 12
    * Christian Roqueirol,éleveur de brebis et co-fondateur du magasin de producteurs « au marché paysan » à Millau

    Et toujours dans le même but, afin d’apprendre à se soigner le plus possible sans Big Pharma,
    je partage mon mémoire d’aromathérapie (approche simplifiée)
     » Mes Huiles Essentielles, ma Santé au Naturel  » à cette adresse :

    http://sortirdusupermarche12.free-h.net/index.php?option=com_content&task=view&id=495&Itemid=44

    Cela marche de manière incroyable, apprenez vite à utiliser les huiles essentielles et surtout faites du stock car elles seront prochainement interdites : trop efficaces et non brevetables puisque élaborées à partir de plantes simples !

    Bon courage & bonne santé à tous :-)

  • Mémé

    Le bon temps, c’est bientôt fini???
    Connaissez-vous le film « la route » qui a passé sur Canal cette semaine et qui montre un monde où il n’y a plus rien, où pour manger, il n’y a que les restes du bon vieux temps.
    Terrible. Cafard garanti.
    Merci des conseils entout cas. Même si par bonheur, c’est moins terrible que prévu, des réserves, ça sert toujours.